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31/12/2015

Chronique musicale: Ghost "Meliora"

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Ghost "Meliora"

(Loma Vista Recordings, 2015)

Groupe énigmatique formé en 2008 et nous venant de Suède, Ghost est une sensation de la scène rock/metal actuelle. A priori, rien de nouveau sous le soleil malgré une musique somme toute de qualité. Meliora, troisième album du groupe, doit trancher le nœud gordien : génie ou tartufferie ?

Ghost c’est quoi ? Prenez le principe d’impersonnalité active et le côté « shock rock » des groupes Kiss, Slipknot et Alice Cooper, l’imagerie satanique d’un Mercyful Fate/King Diammond et un (pop) rock très 70’s aux influences lorgnant vers le « prog » comme Deep Purple et King Crimson et vous aurez une idée assez précise de cette mystérieuse entité. Les membres du groupe incarnent une espèce de clergé inversé (donc satanique) centré autour d’un pape chanteur nommé « Papa Emeritus », troisième du nom, entouré de musiciens qualifiés de « nameless ghoul » (goules sans noms). L’idée est en soi intéressante et assure à Ghost une image, un décorum et un univers qui lui est propre.

La musique n’a honnêtement rien de vraiment originale certes. Néanmoins, la qualité est au rendez-vous. Les excellents arrangements vocaux sont mis en avant et donnent un côté « pop », surtout quand les refrains sont en béton armé comme sur les titres « Cirice » et « He is ». Les ambiances qui se dégagent de ce troisième opus sont parfois très sombres comme sur « MummyDust » ou, à l’inverse, très lumineuses à l’image de la chanson « Deus in absentia ». Nonobstant ce côté très pop, Ghost ne lésine pas sur les guitares saturées à l’image de « Majesty » et de « From the pinnacle to the pit », titre « coup de poing » qui vaudrait l’achat de l’album à lui tout seul. L’un des mérites de Ghost, c’est d'abord de mettre en avant le piano, les claviers et autres synthétiseurs, un peu à l’instar de Muse. Les fans de Deep Purple ou des groupes cultes comme Yes et ELP devraient être aux anges !


Ghost joue clairement au funambule et ce à plusieurs niveaux. D’une part le groupe est clairement en équilibre entre la pop et le (hard) rock, chose qui a tendance à rebuter les plus obtus des fans des deux genres, bien que le groupe soit à l’aise dans la pratique de ces deux styles. L’équilibre de Ghost tient aussi à son succès d’estime et aux critiques. Pour certains, groupe surestimé, mercantile et surtout, accusé de faire du neuf avec du vieux, là où d’autres seraient tenter de crier au génie. Le groupe confère sans doute aux deux : assez malin pour se faire remarquer et jouer sur une image provocatrice tout en ayant su digérer ses influences musicales les plus diverses, dans le but de créer une musique efficacement mélodique, accessible mais racée.

En conséquence l’appréciation de ce Meliora dépendra justement d’où vient et où se situe l’auditeur. Il est indéniable que Ghost regorge de qualités musicales, n’en déplaise à ses détracteurs. C’est l’une des raisons de son succès et le groupe mérite quand même qu’on lui laisse une chance. L’imagerie satanique exhibée par le groupe reste quand même bonne enfant et n’a rien à avoir, par exemple, avec celle des groupes de black metal. On passe un très bon moment avec cet album bien rythmé et pondéré qui est ni trop long, ni trop court. Laissez-vous donc tenter par ce Meliora. Jérôme Bourbon en a fait son album coup de cœur ! Mais rassurez- vous, vous n’en perdrez pas votre âme pour autant !

Donatien/CNC

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