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30/11/2015

Interview de Tomasz Szczepański sur l'Intermarium

Interview de Tomasz Szczepański sur l'Intermarium

Tomasz-Szczepanski-200x300.jpgTomasz Szczepański (Barnim Regalica) est né en 1964 à Szczecin (Pologne). Il est historien (doctorat en Lettres), écrivain, essayiste, et activiste. Défenseur du Zadruga (nationalisme païen polonais) et de la foi slave indigène.

Il a été un activiste anti-communiste depuis 1984, un membre du Parti Socialiste polonais illégal, et un membre de la Confédération de la Pologne Indépendante depuis 1987. De 1987 à  1989 il a dirigé le bulletin clandestin Intermarium

Après l’effondrement du communisme il devint un opposant de l’establishment démocratico-libéral. Il a été un organisateur et a participé à de nombreuses manifestations patriotiques et nationalistes, anticommunistes et anti-establishment. Il a enseigné l’histoire pendant 11 ans et est actuellement employé du Musée de l’Armée Polonaise à Varsovie.

Tomasz Szczepański a défendu l’idée de l’Intermarium et a travaillé pour sa réalisation depuis les années 1980. Il est le fondateur et le dirigeant de l’Association pour la Tradition et la  Culture « Niklot » (active depuis 1998) et du trimestriel métapolitique Trygław.

Quels sont les fondements théoriques et les origines du projet Intermarium ?

Le fondement du projet Intermarium est le but de créer en Europe de l’Est (ou Europe du Centre-Est), comprise comme la région entre la Russie et l’Allemagne, un pôle de puissance capable de contrebalancer la puissance de ces deux voisins. Le but de créer un tel pôle est de sécuriser la région contre les tentatives impériales de la Russie et de l’Allemagne et de créer les conditions pour un libre développement des nations de la région.

Les pays de la région sont souvent divisés en deux sous-régions, les montagnes des Carpates étant la ligne-frontière : l’Intermarium Baltique-Mer Noire (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Biélorussie, Ukraine) proprement dite, et le segment Danube-Balkans. Les deux sous-régions sont collectivement appelées la région ABC d’après les noms Adriatique, Baltique, et Mer Noire (Czarne dans les langues slaves).

En plus des facteurs géographique, économique et culturel, l’élément fondamental créant l’unité dans la région est le fait que celle-ci a été et est toujours un objet d’expansion constante de la part de la Russie et de l’Allemagne, et historiquement aussi de la Suède et de la Turquie. Et les élites politiques – et probablement de grandes parties, ou même la grande majorité – des nations russe et allemande voient l’expansion dans cette région comme légitime, et la preuve est donnée par leurs doctrines géopolitiques : « Mitteleuropa »,  « Lebensraum », la « doctrine Brejnev », et l’« étranger proche ».

Les tentatives pour réaliser le projet Intermarium après 1918 furent liées à deux vagues de démocratisation en Europe Centrale (1918-1921 et 1989-1991), d’où l’association commune de ce concept avec l’idée d’exporter le modèle de l’Etat démocratique à l’Est. Ce n’est pas [assez] précis. Cela s’est passé de cette manière, mais cela ne doit pas forcément se passer de cette manière, puisque le but du projet Intermarium est l’indépendance, et que la démocratie est une question secondaire. Nous pouvons imaginer, par exemple, qu’un candidat démocratique opposé à Alexandre Loukachenko en Biélorussie pourrait être simultanément un agent pro-Moscou, et dans ce cas les partisans de l’Intermarium soutiendraient Loukachenko comme le candidat assurant – dans son propre intérêt – la séparation de la Biélorussie d’avec la Russie.

L’Intermarium devrait aussi être considéré comme une expression politique de la différence culturelle de l’Europe Centrale (de l’Est) vis-à-vis de ses deux voisins. Bien que politiquement ce soit un projet s’opposant à l’impérialisme principalement russe, culturellement c’est plutôt un projet anti-occidentaliste.

Je ne suis pas d’accord avec la thèse selon laquelle cette région serait une transition entre l’Est (l’Eurasie) et l’Ouest, puisque cette perspective considère que le principal trait de la région est simplement l’« atténuation » des traits occidentaux. Donc la singularité de l’Intermarium serait constituée seulement par l’absence de traits propres. Penchons-nous sur ce qui est culturellement unique dans cette région. Premièrement, il existe un puissant élément agrarien dans les cultures nationales de la région. Presque toutes ces nations ont reconstruit leurs élites après une longue période de temps sur la base de la paysannerie, ou dans le cas des Polonais et des Hongrois, et partiellement des Roumains, leurs élites sont formées d’une noblesse liée à la culture rurale. Cependant, dans toutes ces nations la bourgeoisie locale était faible, étant formée principalement d’éléments ethniquement étrangers. Donc, sauf pour les Tchèques, les traits culturels bourgeois sont très faibles dans les nations de cette région.

Deuxièmement, c’est l’Europe slave. Les exemples des pays baltes, de la Hongrie et de la Roumanie ne s’opposent à ce fait qu’en apparence. Leur forte connexion avec les cultures slaves, ainsi que l’absorption d’éléments slaves par les ethnos hongrois et roumain au cours de leur développement, sont bien connues.

Troisièmement, pendant le XXe siècle tous les pays de la région furent soumis au communisme – l’expérience sociale la plus destructrice connue dans l’histoire humaine – et cela a unifié l’expérience sociale de ces nations, permettant une compréhension commune entre elles.

Et finalement, le concept de nation compris dans les catégories ethniques (anthropologiques) domine toute la région, contrairement à l’Europe occidentale, où le simple nationalisme civique est plus commun. Un membre de la nation est une personne qui est reliée à la nation par l’origine, la langue, et la culture commune (souvent aussi par la religion) ; la citoyenneté joue un rôle beaucoup plus mineur.

Intermarium.jpg

Comment l’idée d’Intermarium s’est-elle développée en Pologne et en Europe ?

Bien qu’il y eut des précédents historiques, le projet Intermarium fut introduit pour la première fois comme une partie de l’idéologie de l’Etat polonais par le chef d’Etat Jozef Pilsudski en 1918-1922.

Il est communément identifié au fédéralisme polonais, ce qui n’est pas complètement exact. Le fédéralisme polonais visait à créer un Etat fédéral commun avec tous les pays du Commonwealth polono-lituanien, et l’idée d’Intermarium vise à créer une alliance d’Etats indépendants.

Le traité de paix de Riga entre la Seconde République polonaise et l’URSS en 1921 signifiait la reconnaissance de l’impossibilité politique de ce concept – pas un abandon complet, puisqu’il demeura dans la pensée politique et dans les pratiques semi-non-officielles de certaines institutions de la Seconde République polonaise. L’armée polonaise, durant les préparatifs pour une guerre contre l’URSS, créa les dénommés « officiers par contrat » : c’étaient des militaires venant des nations conquises par l’URSS, qui n’étaient pas des citoyens polonais, mais qui servaient sous termes d’un contrat. Il était prévu qu’en cas de guerre contre l’URSS, les soldats de l’Armée Rouge qui seraient prêts à combattre contre le bolchevisme contacteraient des unités de l’armée polonaise. Le commandement d’unités de l’armée formées de tels soldats (qui pourraient former le noyau de futures armées alliées) serait confié à ces officiers par contrat. Du fait de leur nationalité et de leur non-citoyenneté polonaise, ils seraient considérés comme plus crédibles. Des périodiques d’émigrés venant d’URSS furent aussi soutenus, non seulement pour les nations de l’Intermarium, mais aussi pour les peuples du Caucase, de l’Oural, et même pour les Kalmouks. Bien sûr, les services de renseignement polonais coopéraient avec les organisations indépendantistes parmi ces nations.

Le concept d’Intermarium fut repris par la jeune génération des conservateurs polonais pendant la période de l’entre-deux-guerres. Nous associons souvent l’idée d’Intermarium au camp politique de Pilsudski, et bien que cette association soit vraie, il faut remarquer que le camp politique nationaliste polonais a aussi adopté ce concept, avec l’une des versions élaborées par Adam Doboszyński.

Cependant, il faut souligner que jusqu’en 1939, l’Intermarium fut marginal par rapport au courant politique polonais majoritaire, qui visait plutôt à défendre le statu quo de Versailles. Après le début de la Seconde Guerre mondiale, cependant, divers concepts d’une fédération d’Europe Centrale eurent de nombreux partisans influents parmi les émigrés polonais.

Le projet a été réanimé dans la pensée politique en Pologne avec la fondation de la Confédération de la Pologne Indépendante (Konfederacja Polski Niepodległej – KPN, le premier parti politique d’opposition depuis l’interdiction du Parti du Peuple Polonais en 1947 par les communistes). Le KPN revint au mouvement pro-indépendance de Pilsudski, donc il ne pouvait pas rester indifférent à sa pensée géopolitique. Après 1980, quand l’effondrement de l’URSS et du « camp socialiste » dans son ensemble apparut de plus en plus inévitable, certains des autres milieux d’opposition commencèrent à parler plus ou moins ouvertement du projet Intermarium. Il faut néanmoins souligner que ce programme ne fut adopté que par une minorité de l’opposition.

En juillet 1994, une Ligue des Partis des Pays de l’Intermarium fut proclamée à Kiev. La Ligue était composée de partis pro-indépendance de six pays (Biélorussie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Pologne, et Ukraine). La Confédération de la Pologne Indépendante, le Mouvement de la Troisième République, et le petit Parti Républicain Polonais-Troisième Pouvoir représentaient la Pologne dans la Ligue. Des congrès de la Ligue eurent lieu en 1995 (Jarosław nad Sanem, Pologne), 1996 (Minsk, Biélorussie) et 1997 (Kiev, Ukraine). Il y eut aussi une tentative de créer un bulletin commun, dont deux numéros furent publiés. Cette initiative se termina à la fin des années 1990, en résultat des changements politiques dans les pays impliqués – incluant la marginalisation des principaux défenseurs du projet.

Il faut remarquer que certaines initiatives sociales non-politiques, en abordant les questions de l’Europe Centrale, se sont référées à cette idée. Ces initiatives échouèrent généralement après quelques années, à cause de l’absence d’un soutien de l’Etat et de l’incapacité à trouver d’autres sponsors.

Bien que l’idée d’Intermarium ait été promue par des milieux qui n’ont jamais exercé un véritable pouvoir d’Etat, il faut néanmoins souligner que certaines des politiques officielles de la Troisième République Polonaise (en 1989-2004) peuvent être considérées comme des références plus ou moins directes à cette idée. Je considère l’Initiative Centre-Européenne (Hexagonale) et l’Accord de Libre Echange Centre-Européen comme des exemples de cela. Le Groupe de Višegrad en est aussi un exemple dans une moindre mesure – principalement du fait de son potentiel limité et du but déclaré du groupe, qui est le soutien des pays du groupe sur le chemin de l’adhésion à l’Union Européenne, donc la coopération de facto à liquider la souveraineté de la région. Cependant, la politique polonaise après l’effondrement du communisme visait essentiellement à intégrer les principales structures du monde occidental, c’est-à-dire l’OTAN et l’Union Européenne. Toutes les alternatives à ce but – et l’Intermarium est une telle alternative, particulièrement vis-à-vis de l’Union Européenne – furent fondamentalement rejetées par l’establishment. Si certains éléments du projet furent utilisés, ce fut plutôt comme un moyen de réaliser l’idée d’occidentalisation de l’Europe Centrale et Orientale. Après l’entrée de la Troisième République Polonaise dans l’Union Européenne, des éléments du programme de l’Intermarium apparurent dans la politique du président Lech Kaczyński.

Cependant, la réalisation du projet Intermarium semble toujours être la manière la plus efficace d’assurer l’indépendance de la Pologne.

Quelles possibilités et quels obstacles à la réalisation du projet Intermarium voyez-vous ?

L’entrée de la plupart des pays de la région dans l’Union Européenne a fondamentalement défait la possibilité de réaliser ce projet dans le futur concevable. Bien que nous devons nous souvenir que cela n’interdit pas la création d’un bloc régional à l’intérieur de l’Union ; il existe encore des cadres institutionnels permettant une coopération dans l’esprit de l’Intermarium, créés avant l’entrée dans l’UE, comme le Groupe de Višegrad, qui peut être rempli d’un nouveau contenu dans une nouvelle configuration politique.

La discussion de l’idée d’Intermarium prend son sens, particulièrement si nous supposons l’effondrement du projet de super-Etat européen.

Les principaux adversaires de la réalisation du projet Intermarium sont les impérialistes russes et allemands, ainsi que les partisans du super-Etat européen.

Pourquoi les impérialistes russes ? C’est évident et n’a pas besoin d’un développement détaillé. Cependant, nous devons noter qu’en dépit des succès évidents de Vladimir Poutine dans la maîtrise des troubles intérieurs et dans les relations internationales, la tendance démographique systématique à une population russe décroissante n’a pas changé. En prenant en considération la Chine voisine et la présence déjà existante non seulement de capitaux chinois mais aussi de quelques millions de Chinois en Sibérie (avec une tendance à s’accroître en nombre), la perte d’une partie de la Sibérie en faveur de la Chine, sous une forme ou une autre, semble très probable en l’espace d’une génération. Finalement, l’économie russe, principalement basée sur les ressources naturelles, est dépendantes des prix internationaux de ces matières premières.

De plus, après l’abandon du communisme, la Russie n’a pas trouvé de fondement idéologique alternatif pour la reconstruction de l’empire. En dépit du soutien officiel, le christianisme orthodoxe n’est pas sorti de la crise du postcommunisme. L’eurasisme pourrait être un tel fondement, mais cela signifierait la rupture avec les espoirs d’une partie de l’élite russe en faveur de l’occidentalisation de la Russie.

Que l’Intermarium est obsolète du point de vue de la politique allemande, c’est aussi un point qui ne demande probablement pas beaucoup de développement. Regardons la convergence des intérêts allemands et russes, en-dehors d’une certaine complémentarité économique, d’une part une économie développée et consommatrice d’énergie, de l’autre un fournisseur de ressources énergétiques presque inépuisables). Si nous supposons que le but de la politique allemande est la récupération des pertes – incluant les pertes non-matérielles, comme son rang international – que le pays a subi après sa défaite dans la Seconde Guerre mondiale, il est difficile de concevoir la récupération de territoires par l’Allemagne en Europe Centrale si la région crée une forte structure politique. Et une telle structure ne serait pas non plus en faveur de la Russie, donc la coopération germano-russe contre les pays de l’Intermarium (particulièrement contre la Pologne en tant que leader potentiel de la région) est complètement naturelle.

Nous arrivons donc au dernier groupe d’adversaires du projet Intermarium : les partisans de l’Union Européenne en tant que super-Etat. Contrairement aux précédents, ils ne représentent pas les intérêts d’un Etat ou d’une nation, mais un certain projet idéologique, car l’Union Européenne est aussi un projet idéologique. C’est un complot démocratico-libéral, dirigé contre toutes les identités nationales et religieuses fortes, tentant de créer une identité « européenne » en déracinant les identités nationales. Le projet Intermarium doit provoquer l’antipathie dans ces milieux pour au moins deux raisons.

D’abord, il y a des raisons « culturelles » : les nations habitant la région, du fait de l’expérience commune du communisme, sont plus attachées à leurs identités qui ont si souvent été menacées. Elles ne sont donc pas prêtes à renoncer à ces identités pour un mirage européen, particulièrement lorsqu’elles voient qu’il s’agit souvent d’un instrument cachant des intérêts nationaux des anciens membres de l’UE. Ensuite, les nations de l’Intermarium ont aussi connu l’hégémonie russe. Cela les pousse à coopérer avec les Etats-Unis, qui – même si les Etats-Unis inspirent une certaine méfiance – sont cependant appréciés comme un allié possédant non seulement une force réelle mais aussi la volonté de l’utiliser. Et l’UE en tant que projet géopolitique vise à pousser les Américains hors de l’Europe.

Quelles possibilités voyez-vous de persuader les plus proches voisins de la Pologne de s’impliquer dans la réalisation du Projet Intermarium ?

L’alliance de deux des plus forts pays de la région, la Pologne et l’Ukraine, est l’épine dorsale du concept géopolitique d’Intermarium. Il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte et de calculer les potentiels pour connaître les raisons.

L’Ukraine – ou plutôt une grande partie de l’élite ukrainienne naissant de la tradition anticommuniste – n’a jamais eu besoin d’être fortement persuadée de s’impliquer dans ce projet. Le préjugé contre les Polonais est très faible, puisque l’Ukraine est simplement un grand pays et le restera, même sans la Crimée. Et une nouvelle génération a déjà grandi pour laquelle un Etat ukrainien indépendant est quelque chose d’évident. De plus, la guerre dans le Donbass a renforcé l’identité ukrainienne (même en Ukraine russophone). Pour le dire simplement : la guerre favorise les définitions claires.

La Biélorussie – ici, lorsqu’on parle des élites anticommunistes, la situation est similaire, en dépit de craintes plus grandes vis-à-vis du révisionnisme polonais. Le problème est cependant que ces élites sont rares, ce qui est lié à la faiblesse des traditions étatiques biélorusses. De plus, les élites « pro-occidentales » soutenues par le système des subventions ont tendance à soutenir les postulats culturels des sponsors, ce qui n’apportera pas des succès dans la société biélorusse (il y a une certaine analogie avec les actions soi-disant anti-Poutine des Femen, qui ont fait bien plus de bien que de tort à Poutine). Il semble qu’on puisse placer certains espoirs dans l’évolution des élites « loukachenkiennes », qui sont assez désireuses de gouverner leur propre Etat, pas d’être des fonctionnaires de l’empire moscovite. Cela s’applique bien sûr aussi à Loukachenko lui-même.

La Lituanie est l’élément le plus difficile du puzzle, parce que les élites lituaniennes ont défini la Pologne et les Polonais comme la pire menace, et la « lituanisation » des Polonais de la Région de Vilnius est une exigence de la raison d’Etat lituanienne. Nous ne pouvons pas consentir à cela, et cela n’a rien à voir avec du révisionnisme polonais. En outre, la participation [de la Lituanie] à l’UE et à l’OTAN lui donne un sentiment de sécurité, ce qui lui rend plus facile de se quereller avec la Pologne.

Nous partageons sûrement une crainte du révisionnisme allemand avec les Tchèques. La question est : à quel point les élites tchèques se sont-elles réconciliées avec la domination allemande ? Si elles vont encore plus loin, cela équivaudrait presque à consentir à devenir une sorte de nouveau Protectorat de Bohême-Moravie – avec un territoire similaire. Accéder aux demandes de l’Association [allemande] des Sudètes peut conduire à cela. Je ne puis répondre à cette question. Mais la réaction de nos élites sur la question des demandes allemandes envers la République Tchèque fut sûrement étroite d’esprit, pour ne pas parler de couardise. Après tout, dans cette question nous sommes dans le même bateau.

La question est de savoir si la politique polonaise peut influencer et modérer les relations entre la Hongrie et ses voisins, ce qui est une question-clé pour la paix de la région. Les Hongrois ont le droit de défendre leurs minorités dans d’autres pays, mais il faut dire clairement qu’un coup d’œil sur la carte ethnique montre que la Transylvanie ne peut simplement pas être récupérée par la Hongrie. En tous cas, la Pologne devrait agir d’une manière modératrice autant que nous le pouvons, car les querelles dans notre région seront utilisées par des acteurs externes.

Il serait même possible d’établir des relations positives entre l’Intermarium et la Russie – mais avec une Russie qui serait reconstruite mentalement, pas seulement politiquement et socialement.

Ce serait (en faisant certains raccourcis mentaux) la Russie d’un Boris Savinkov ou d’un Alexeï Shiropaïev. A propos, ce dernier devrait être davantage lu en Pologne. Il fait remarquer que personne ne le fait, peut-être à cause de l’opinion de Shiropaïev sur le rôle des Juifs dans l’histoire de la Russie.

Le problème avec l’impérialisme russe est qu’il ne s’agit pas seulement d’un concept géopolitique, servant des intérêts nationaux et pouvant donc être rejeté si cela ne les sert plus. C’est un effet de la mentalité formée par l’Orthodoxie synthétisée avec la tradition mongole et la bureaucratie allemande : « l’Empire knouto-germanique », comme cela fut jadis brillamment dit par Mikhaïl Bakounine. Si la Russie est la « Troisième Rome » (et c’était la doctrine officielle de l’Orthodoxie moscovite, à laquelle la Russie est en train de revenir), alors elle a même l’obligation d’être un empire. Empêcher cela signifie briser non seulement les fondements physiques (ce qui est actuellement en cours en Russie par sa crise démographique) mais aussi spirituels de l’impérialisme russe.

Et c’est pourquoi j’accueille avec une grande affection la renaissance actuelle de la religion slave, qui n’a pas un aspect de « Weltmacht » [= puissance mondiale]. Certains espoirs résident dans la renaissance de la tradition de Novgorod comme modèle alternatif à Moscou pour le développement russe. Mais tous ces courants anti-impériaux de la pensée russe sont marginaux, du moins pour le moment.

Cependant, tous les espoirs que ce problème puisse être résolu par la réconciliation officiellement proclamée entre l’Eglise Catholique Romaine en Pologne et le Patriarcat de Moscou de l’Eglise Orthodoxe, qui est l’un des piliers de l’impérialisme, sont à mon avis dépourvus de sens.

Ajoutons que la solution de la question de Königsberg [Kaliningrad] doit être un certain élément de la normalisation des relations polono-russes. Cette absurdité géopolitique nous menace par sa simple existence, pas seulement pas comme base d’une possible agression. Cela crée aussi un espace pour la coopération russo-allemande, qui est toujours une menace létale pour la Pologne. Personne ne peut garantir que Moscou ne serait pas prêt à la rendre à l’Allemagne, par exemple simplement en la vendant. Nous devons donc chercher une solution pour cet Oblast [= région administrative], qui ne sera pas liée à son appartenance à la Russie ou à l’Allemagne.

Quelle est votre vision de la possibilité de réaliser le projet Intermarium à la lumière des récents événements : conflit armé en Ukraine, crise de l’immigration en Europe, ou les récentes élections présidentielles et parlementaires en Pologne ?

L’agression russe en Ukraine a prouvé à toutes les parties intéressées la durabilité de l’impérialisme russe, et il importe peu de savoir si les dirigeants à Moscou veulent honnêtement reconstruire l’empire ou s’ils utilisent l’impérialisme seulement comme un instrument de politique intérieure. Car si c’est la seconde explication qui est vraie, cela en dit long sur la société russe elle-même. Sans aucun doute, le parti de la Loi et de la Justice et le président Andrzej Duda actuellement au pouvoir sont les mieux préparés à cette récidive impérialiste de Moscou, concernant laquelle ils ont même averti les autres antérieurement. De ce point de vue, les dernières élections en Pologne sont un changement positif.

Concernant l’Ukraine, la guerre a renforcé l’identité ukrainienne ; un ennemi cimente facilement une communauté et définit l’horizon politique, ce que nous savons déjà par Carl Schmitt.

La guerre a aussi été une cloche d’alarme pour d’autres Etats de la région postsoviétique, ce qui est également utile.

Elle a aussi entravé les actions du lobby pro-Moscou dans les pays occidentaux, particulièrement en Allemagne, en Italie et en France, bien que je n’ai pas d’illusions concernant la position de ces pays ; ils veulent faire des affaires avec la Russie, et ils sont prêts à vendre notre indépendance pour ces affaires, tout comme Roosevelt et Churchill nous ont vendus à Téhéran et à Yalta. En-dehors de cela, ils devaient faire quelque chose ; d’où les sanctions.

La crise de l’immigration affaiblit l’Europe, mais de notre point de vue c’est une bonne chose, puisque la pression contingente qui peut être mise sur nous – particulièrement par l’Allemagne – sera plus faible. S’il vous plaît souvenez-vous que l’Intermarium est supposé nous sécuriser non seulement contre la Russie mais aussi contre l’Allemagne, et la constitution allemande déclare encore que les frontières légales de l’Allemagne sont celles de 1937. De notre point de vue, c’est une bonne chose que nos ennemis historiques aient des problèmes internes.

L’annexion de la Crimée a eu un effet secondaire : elle a compliqué les relations entre la Russie et le monde musulman (la question des Tatars de Crimée), et l’engagement russe en Syrie les a compliquées encore plus.

En Russie : une opposition russe à l’impérialisme a émergé, cette fois de type nationaliste, et non démo-libéral (par exemple : des Russes de la Fédération Russe qui sont combattants volontaires dans le camp ukrainien, et je ne parle pas de mercenaires). Bien que les informations là-dessus ne soient pas claires, pour des raisons diverses, concernant le nombre et l’ampleur, c’est néanmoins un phénomène intéressant.

Je ne veux pas jouer les prophètes ici, mais les succès initiaux de Moscou en Crimée et dans le Donbass (bien que ces derniers soient très limités) pourraient être le début de très graves problèmes.

Note

En travaillant sur cette interview nous avons utilisé les articles suivants :

Szczepański, Międzymorze – zapomniana idea niezależności narodowej i stabilizacji regionalnej,„Obywatel” nr 3 (29) 2006, on-line:http://wolnemedia.net/polityka/miedzymorze-%E2%80%93-zapo...

Idea Międzymorza ma nadal sens z Tomaszem Szczepańskim rozmawia Jakub Siemiątkowski, „Polityka Narodowa” 11, on-line: https://narodowcy.net/polityka-narodowa/idea-miedzymorza-...

Personal website of Tomasz Szczepański: http://barnimregalica.pl/

Website of Niklot: http://www.niklot.org.pl/

Source : Countercurrents

Interview par Jarosław Ostrogniew; English original here

28/11/2015

7 films à voir ou à revoir sur les Nations sans Etat

Depuis la fin de la période de décolonisation amorcée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale jusqu'au milieu des années 1970, les notions d'éternité et d'intangibilité des frontières nationales sont durablement inscrites dans la représentation mentale collective. Or, ces derniers mois, les aspirations à l'indépendance de l'Ecosse et de la Catalogne bouleversent ces certitudes qui n'avaient pas été aussi ébranlées, au sein des Etats piliers de l'Union européenne, depuis de nombreuses décennies. De nombreux Etats européens ne masquent pas leurs craintes que ces exemples ne créent un lourd précédent. En réalité, qu'est-ce qu'une frontière continentale si ce n'est une limite issue d'un traité de guerre ou d'une union par mariage ? Ainsi, les luttes indépendantistes constituent-elles un légitime moteur de l'Histoire. Depuis la dissolution de l'ancien bloc soviétique au début de la décennie 1990, qui a favorisé l'accession ou la ré-accession à l'indépendance de nombre d'anciennes républiques soviétiques, ce ne sont pas moins de six pays qui sont parvenus à l'indépendance ces vingt dernières années : de l'Erythrée en 1993 au Soudan du Sud en 2011, en passant par le micro-Etat du Pacifique des Palaos, le Timor Oriental et le Monténégro. Il nous sera permis d'être plus circonspect concernant le sixième cas. Car si de nombreux Etats européens ne masquent pas leurs craintes de voir leurs frontières remises en cause, ces Etats-dit-Nations, si prompts à se crisper sur leur intégrité territoriale avaient su se montrer plus favorables, en 2008, à soutenir l'indépendance de l'Etat-mafieux islamiste du Kosovo-et-Métochie, au détriment du caractère de berceau originel que représente le Kosovo pour une Nation serbe qui n'avait pas voulu se plier aux injonctions du Nouvel Ordre mondial... Mauvais apprentis sorciers, les arroseurs sont aujourd'hui les arrosés. "Aujourd'hui la Serbie, demain la Seine-Saint-Denis, un drapeau frappé d'un croissant flottera sur Paris".... La chanson prophétique Paris-Belgrade du groupe de rock In Memoriam fait dramatiquement écho aux récents événements survenus dans la très jacobine Nation française.

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LA BATAILLE DE CULLODEN

Titre original : The Battle of Culloden

Film anglais de Peter Watkins (1964)

16 avril 1746, à Culloden, des membres des différents clans rebelles écossais des Highlands, menés par le Prince Charles Edouard Stuart, font face aux troupes anglaises du Roi George II de Grande-Bretagne, que commande le Duc de Cumberland. Il ne faut pas plus d'une heure pour que le destin de la bataille soit scellé. Les Ecossais, mal organisés, sont mis en pièce par l'armée royale mieux équipée. Le combat terminé, la pacification du gouvernement britannique est d'une férocité sans nom. L'objectif avoué est de totalement annihiler le système clanique et, ainsi, de prévenir toute nouvelle rébellion dans les Hautes terres. Ils seront plus de deux mille Ecossais à périr dans la lande marécageuse ce jour-là...
Watkins a curieusement opté pour un montage singulier. Aussi, le film se présente-t-il comme un documentaire d'actualités tourné caméra à l'épaule. Le réalisateur se balade donc sur le champ de bataille et interviewe les combattants çà-et-là sans manquer pas de commenter le déroulé de la bataille en voix off. Choix risqué mais, ô combien, magistralement réussi ! Tourné avec des comédiens amateurs et un maigre budget, on est loin de la grande production peu avare en mélodrame. Et voilà tout le charme de Watkins, le drame brut l'emporte sur le pathos, finalement assez anachronique. Culloden, c'est un peu un Braveheart réussi ! Un chef-d'œuvre !

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BRAVEHEART

Film américain de Mel Gibson (1995)

En cette fin de treizième siècle, l'Ecosse est occupée par les troupes d'Edouard 1er d'Angleterre. Rien ne distingue un certain William Wallace de ses frères de clan lorsque son père et son frère meurent opprimés. Bien au contraire, Wallace souhaite avoir le moins d'ennuis possibles avec la soldatesque anglaise et s'imagine parfaitement en modeste paysan et époux de son amie d'enfance, Murron MacClannough. C'est en secret que les amoureux se marient afin d'épargner à la belle de subir le droit de cuissage édicté par la couronne anglaise. Mais Murron est bientôt violentée par un soldat anglais, provoquant la fureur de Wallace. La jeune femme est étranglée devant ses yeux. Wallace ne pense plus qu'à se venger. La garnison britannique du village est massacrée, première bataille d'une longue série de reconquête des clans écossais à l'assaut des Highlands...
Oui, Braveheart est un beau film ! Oui, les scènes de bataille sont fabuleuses ! Oui, le personnage de Wallace, imaginé et interprété par Gibson, ferait se soulever n'importe quel militant et s'enhardir du courage nécessaire lorsqu'il n'y a plus d'autre solution que le combat. Oui, Wallace est un héros nationaliste qui ne laisse pas indifférent. Oui, Gibson maîtrise toutes les ficelles du Septième art dès son deuxième long métrage. Oui, il est normal que vous ayez irrésistiblement eu une furieuse envie de casser la figure de Darren, brave étudiant londonien en Erasmus, qui vous tient lieu de pourtant si amical voisin. Oui, oui, oui et pourtant... Braveheart ne parvient pas au niveau de la réalisation de Watkins. La faute à un pathos romantique trop exacerbé et une idylle absolument mal venue avec Isabelle de France, bru du Roi Edouard 1er. Il est néanmoins impensable de ne pas le voir et l'apprécier.

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FLB

Documentaire français de Hubert Béasse (2013)

En quatorze années d'existence, de 1966 à 1980, le Front de Libération de la Bretagne a commis pas moins de deux centaines d'attentats. Par tous les moyens, les F.L.B. entreprennent de défaire l'annexion de la Bretagne à la France, héritée du mariage de la Duchesse Anne, alors seulement âgée de douze ans, et du Roi de France Charles VIII. Les nombreux attentats visent l'ensemble des pouvoirs régaliens et symboliques de la France. Le plasticage de l'antenne de retransmission télévisée de Roc'h Trédudon, privant la Bretagne de télévision pendant plus d'un mois, et le dynamitage de la Galerie des glaces du château de Versailles comptent parmi les actions les plus spectaculaires menées par les mouvements indépendantistes en France. Evidemment, la répression ne tarde pas à frapper l'Emsav...
Divisé en deux parties, Les Années De Gaulle et Les Années Giscard, le remarquable documentaire de Béasse donne la parole à nombre d'anciens F.L.B., dont le témoignage est assorti de nombreux documents inédits. Provenant d'horizons politiques, parfois les plus opposés, l'extension du F.L.B. ne pouvait que rimer avec scission. S'ouvrant aux thèses socio-économiques anticapitalistes, l'Armée Révolutionnaire Bretonne entend marier ses initiales au sigle F.L.B. et lutter pour une Bretagne plus progressiste. Béasse, par bonheur, entend tendre le micro à toutes les tendances des F.L.B., et ce, avec une objectivité appréciable dans le traitement des témoignages. Les pendules sont remises à l'heure pour ceux qui ont la mémoire courte ou la dent dure sur la réalité du mouvement breton. Parfaitement intéressantes que ces deux heures documentaires.

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GENERATION FLNC

Documentaire français de Samuel Lajus (2004)

Eté 1975 sur l'Ile de beauté, Edmond a finalement choisi entre la canne à pêche et le fusil. Dès l'année suivante, différents groupuscules unissent leurs forces et créent le Front de Libération Nationale Corse et célèbrera joyeusement sa naissance par une spectaculaire nuit bleue. Le sigle F.L.N.C. se popularise très rapidement au-delà des côtes corses et inquiète fortement les services français. Les nombreuses arrestations et mises en détention n'entament en rien la progression de l'idée nationaliste en Corse. Aussi, est-il inconcevable de ne pas attribuer au Front les avancées des revendications corses. Si la lutte armée contre le trafic de drogue divise la population, tous les Corses, à l'exception de certains propriétaires fonciers peu regardants, approuvent le plasticage des résidences construites sur le littoral, afin que la Corse ne devienne pas la Costa del Sol. Pourtant, les tensions grandissent et les nationalistes s'engluent dans les affaires jusqu'à l'assassinat du préfet Erignac qui consomme un certain divorce entre partisans de la lutte armée et peuple corse.
Il est dit que l'omerta règne en Corse. Pas dans ce passionnant et poignant documentaire en tout cas. De nombreuses images d'archives enrichissent les témoignages d'une trentaine d'ex-militants quinquagénaires du Front, de représentants du nationalisme corse mais également de hautes personnalités, tel le commissaire Robert Broussard, Jean-Louis Debré ou Charles Pasqua. La langue de bois n'est ainsi pas de mise, y compris sur les sujets les plus sensibles, des règlements de compte entre partisans de la même cause aux négociations secrètes entre les clandestins et l'Etat, mais aussi sur la dérive mafieuse de certaines factions. Finalement, ce sont les représentants de l'Etat qui en disent le moins ; tant il est vrai qu'ils n'ont pas les fesses complètement propres sur ces sujets. Deux années de tournage pour achever ce document, extraordinaire de décorticage d'un sentiment identitaire. Indispensable pour qui s'intéresse au sujet.

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L'ORDRE ET LA MORALE

Film français de Mathieu Kassovitz (2011)

1988, loin de l'hexagone, sur l'île kanake d'Ouvéa, quatre gendarmes sont abattus dans l'assaut de leur caserne et vingt-sept autres retenus par des membres du mouvement indépendantiste du Front de Libération National Kanak et Socialiste. La situation se dégradait depuis de nombreux mois. Trois cents militaires sont dépêchés sur l'île calédonienne pour libérer les otages. Philippe Legorjus, patron de l'élite des gendarmes d'intervention, et Alphonse Dianou, leader des preneurs d'otages, partagent bien des valeurs communes, l'honneur surtout. Legorjus sent qu'il peut maîtriser la situation sans effusion de sang mais la France est alors à deux jours du premier tour des élections présidentielles. Dans le combat qui opposera Jacques Chirac et François Mitterrand en pleine cohabitation, la morale ne semble pas être la première préoccupation des deux candidats.
Tiré de l'ouvrage La Morale et l'action de Legorjus, le film ne manqua pas de faire scandale. Film militant pro-indépendantiste selon les partisans de la vérité d'Etat, film inutile pour de nombreux Kanaks estimant la réouverture des cicatrices inutile. C'est certainement Legorjus qui constitue la source la plus fiable pour expliquer ce bain de sang. Manipulation des faits pour de basses considérations électives, réalité d'un néo-colonialisme français, fortes rivalités entre de hauts gradés, la prise d'otages de la grotte ne pouvait connaître d'issue sereine. Les exécutions sommaires de militants indépendantistes fait prisonniers sont là pour le rappeler. Parfois manichéen dans sa caricature des militaires français, le film de Kassovitz demeure néanmoins extrêmement convaincant. A voir absolument !

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15 FEVRIER 1839

Film québécois de Pierre Falardeau (2001)

14 février 1839, sous le régne de la Reine Victoria, deux héros québécois de la lutte pour l'indépendance, Marie-Thomas Chevalier de Lorimier et Charles Hindelang, apprennent que la sentence de mort par pendaison sera appliquée le lendemain. Voilà deux années que ces hommes comptent parmi huit cents détenus emprisonnés à Montréal dans des conditions dégradantes après l'échec de l'insurrection de 1837, dont une centaine a été condamnée à mort par les autorités colonialistes anglaises. Entourés de leurs compagnons d'infortune, vingt-quatre heures les séparent de leur funèbre destin. De vagues sursauts d'espoir affrontent la peur et le doute. Une seule chose est sûre, affronter la mort sera leur dernier combat. Et ils ne regrettent rien...
Malgré une parenté historique et linguistique évidentes, que connaît-on aujourd'hui du Québec en France et de son aspiration à la liberté ? Inspiré de faits réels, Falardeau rompt avec sa filmographie satirique et a à cœur de rendre hommage aux luttes indépendantistes qui ont enflammé le pays québécois au 19ème siècle. Le réalisateur livre un huis-clos sombre de toute beauté. D'un parti pris indépendantiste évident, le film a légitimement été fortement égratigné par la critique anglophone dénonçant un déferlement de haine antibritannique. Quelques approximations historiques ne nuisent pas à un ensemble prodigieux.

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SALVATORE GIULIANO

Film italien de Francesco Rosi (1961)

5 Juillet 1950, le corps criblé de balles du bandit indépendantiste sicilien Salvatore Giuliano est découvert dans la cour d'une maison du village de Castelvetrano. Si l'homme était traqué par la police et l'armée italiennes, il semblerait qu'il ait été retrouvé avant eux. Le constat du décès est dressé par un commissaire tandis que les journalistes sont à l'affût du moindre renseignement. La mort achève une existence intrépide commencée en 1945 lorsque Giuliano s'engage dans la lutte violente, avec l'appui de la Mafia, pour l'indépendance de son île. Le 1er mai 1947, il avait été notamment impliqué dans l'assassinat de militants socialistes. Son corps est bientôt exposé dans sa commune natale de Montelepre, où sa mère et les habitants viennent se recueillir avec une dévotion non simulée. Tous les regards convergent alors vers Gaspare Pisciotta, lieutenant de Giuliano, que tous soupçonnent de l'avoir trahi et assassiné...
Film subversif et engagé à plus d'un titre ! Rosi utilise un curieux procédé scénographique pour évoquer la vie de ce curieux personnage historique sicilien, moitié bandit indépendantiste, moitié Robin des Bois dont le souhait était de voler les riches pour donner aux pauvres et arracher l'île à la domination italienne pour en faire le quarante-neuvième Etat d'Amérique. Ainsi, le récit anarchique de Rosi parvient-il à ne pas être brouillon sans aucun ordre chronologique. Autre point fort, Rosi est l'un des premiers à dénoncer les rapports étroits de la Cosa nostra avec le pouvoir politique sicilien. Enfin, le réalisateur n'a pas hésité à faire appel à des acteurs non-professionnels, renforçant le caractère authentique de l'œuvre. Un grand film politique par l'un des maîtres du cinéma italien.

Virgile / C.N.C.

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26/11/2015

Regard sur l’actu #22/2 : Vendredi 13: le système est coupable!

Je n’ai fait que le dire et le répéter en ces pages, il ne faut pas compter sur le système pour nous protéger. Nous, c’est le peuple dans son ensemble, le vrai peuple. Pas l’oligarchie dominante ni les immigrés et consorts, chouchoutés, protégés et excusés systématiquement. Longtemps persuadés qu’ils pouvaient avoir confiance en leurs piètres dirigeants, les Français commencent enfin à comprendre que leur sécurité est toute relative et que l’Etat ne s’en soucie plus guère depuis des lustres. Il aura fallu pour cela les pires attaques terroristes jamais réalisées en France et 130 morts. C’est par la voix d’Emmanuelle Prévost, sœur de l’une des victimes du Bataclan, que l’on a entendu ces derniers jours la prise de conscience du pays réel. La jeune femme et sa famille ont décidé de boycotter l’hommage national rendu aux victimes et l’ont fait savoir dans les médias ainsi que sur les réseaux sociaux : "Nous refusons cette main tendue par les représentants politiques français." Emmanuelle Prévost fustige l’apathie de l’Etat qui n’a pris aucune mesure depuis janvier pour lutter contre le terrorisme. "Dix mois plus tard, les mêmes hommes sont en mesure de recommencer" dit-elle fort justement en soulignant ô combien les personnes fichées S circulent librement en France et lors de leurs escapades syriennes. Evoquant le cas du fameux Jawad Bendaoud, hébergeur d’Abdelhamid Abaaoud et menteur le plus minable qu’on ait vu, la jeune femme s’étonne que ce multirécidiviste ait pu ainsi courir les rues de Saint-Denis. « Caïd violent et dangereux », Jawad-la-vérité-si-je-mens, a été condamné 13 fois depuis 2010 pour « stupéfiants, détention d'armes aggravée en réunion, faux et usage de faux, conduite en état d'ivresse et sous l'emprise de stupéfiants, violences conjugales, violences aggravées en réunion » Et tout cela sans compter le meurtre qu’il commit en 2008 « pour avoir tué à coups de hachoir un adolescent de 16 ans pour une obscure histoire de portable »… Jawad, qui devrait encore croupir en prison pour cette odieuse boucherie, courrait les rues librement en enfreignant les lois tranquilou. La magistrature gauchiste avait été, comme toujours, d’une infinie compréhension avec lui, la « chance pour la France » qui allait probablement devenir un nouveau Montaigne exotique maniant le hachoir comme l’auteur des Essais maniait la plume… Forte de ces constatations irrécusables, Emmanuelle Prévost conclut en s’adressant à la classe politique. Elle ne mâche pas ses mots : "Votre main tendue, votre hommage, nous n'en voulons pas et vous portons comme en partie responsables de ce qui nous arrive ! C'est plus tôt qu'il fallait agir."

Après une première salve consacrée aux évènements et aux acteurs du Vendredi 13, cette seconde partie de notre Regard sur l’Actu se concentrera à démontrer que la responsabilité des attentats qui ont frappé la France est à mettre au crédit de l’Etat, de ses serviteurs et de ses rouages. En un mot, c’est le système dans son ensemble qui est coupable de la situation dans laquelle se trouve notre pays aujourd’hui, situation qui explique les récents attentats. Cette responsabilité est plurielle : idéologique, juridique et politique.

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Des risques bien connus

L’Etat ne peut certes pas tout prévoir mais aurait pu et aurait dû se préparer à de nouvelles attaques après celles de janvier. La menace était bien connue et ne pas y avoir prêté attention est criminel. L’Etat Islamique avait mis en garde la France depuis des mois. Il n’avait rien caché de ses intentions et s’était permis de dévoiler l’une de ses tactiques : utiliser la crise migratoire pour faire passer en Europe des djihadistes. Bingo ! C’est ce qui s’est passé ! Allez revoir les multiples articles de presse qui, il y a plusieurs mois déjà, tiraient la sonnette d’alarme. Maintenant que le mal est fait, on ose enfin en parler au grand jour. Le journal anglais Sunday Times résume la situation :

« Des dizaines, voire des centaines, de terroristes supposés ont rejoint l'Europe via la Turquie ou la Libye, au gré des vagues de réfugiés affluant sur le Vieux Continent. Ces révélations vont dans le sens de certaines déclarations des autorités françaises qui laissent entendre que deux des personnes impliquées dans les attentats de Paris sont passées par la Grèce, comme tous ceux qui fuient la guerre en Syrie. »

Le Sunday Times met en cause « Les facilités avec lesquelles les sympathisants de l'Etat islamique peuvent entrer et sortir de l'espace Schengen, un espace sans frontière qui compte 26 États membres, dont la France et la Belgique, mais pas le Royaume Uni. » C’est une évidence !

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L’avis des spécialistes

Une autre évidence est que nos services de renseignements n’ont pas fait leur travail correctement. Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste et actuel vice-président du TGI de Lille s’est beaucoup exprimé dans les médias depuis les attentats et pointe nombre d’épineux problèmes : « il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d'entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d'origine européenne, Français ou non ». Lui aussi souligne « la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l'EI de nous frapper. » Ce n’était un secret pour personne…

Trévidic n’hésite pas à faire un constat amer mais très intéressant de la situation (ici et ) :

« Après le conflit en Irak [en 2003], on a vu la propagande djihadiste et la radicalisation monter en flèche. On ne commence à traiter les causes que maintenant car ça explose. Pendant 10 ans, on a rien fait sur ce terrain »

« L'évidence est là : nous ne sommes plus en mesure de prévenir les attentats comme par le passé. On ne peut plus les empêcher. Il y a là quelque chose d'inéluctable. Bien sûr, on arrête des gens, on démantèle des cellules, on a de la chance aussi, comme on a pu le voir avec certaines affaires récentes, mais la chance ou le fait que les terroristes se plantent dans leur mode opérationnel, ou encore que des citoyens fassent preuve de grande bravoure, ça ne peut pas durer éternellement. Quant aux moyens affectés à la lutte antiterroriste, ils sont clairement devenus très insuffisants, et je pèse mes mots. On frise l'indigence à l'heure où la menace n'a jamais été aussi forte. Ces deux dernières années, j'ai constaté par moi-même qu'il n'y avait parfois plus d'enquêteurs pour mener les investigations dont nous avions besoin ! On fait donc le strict minimum, sans pouvoir pousser les enquêtes, sans «SAV», au risque de passer à côté de graves menaces. Les politiques prennent des postures martiales, mais ils n'ont pas de vision à long terme. Nous, les juges, les policiers de la DGSI, les hommes de terrain, nous sommes complètement débordés. »

Alexandre Goussak, ex-directeur du département de lutte anti-terroriste du FSB (services russes du renseignement) de 1985 à 1998, donne un avis proche :

"Je suis persuadé qu’on aurait pu prévenir (les attentats). Et je vois les failles qui les ont rendus possibles. Ces attentats ont eu lieu parce que la France n’a pas fait de la sécurité sa priorité. Les forces de l’ordre auraient dû agir il y a déjà dix ans, lorsque les premières émeutes ont éclaté dans les banlieues parisiennes. Les autorités auraient dû accorder plus d’attention à ces jeunes qui brûlaient des voitures, car c’est à ce moment-là que la vision du monde des Français issus de l’immigration est entrée en contradiction avec celle des autres Français. Bien sûr, il y a aussi des raisons sociales à ces attentats. Mais l’État aurait dû – et pu – identifier cette menace et l’empêcher de se répandre."

"Les services savaient qu’un attentat se préparait, mais ont été incapables de dire quand il allait survenir, ce que je trouve très étonnant. Les services ont différents moyens de contrôler la préparation d’attentats, en premier lieu via des agents recrutés au sein de la communauté où évoluent les éléments dangereux. Je ne parviens pas à comprendre comment ces terroristes ont pu se procurer des armes sans que les services en soient informés. J’en déduis que les Français n’avaient pas de réseau d’agents infiltrés. S’ils avaient eu au moins un agent dans les cercles radicaux, il aurait peut-être été possible d’éviter le pire."

Toutes ces erreurs qui ont rendu possible les attentats

L’adage populaire dit que « quand on veut, on peut ». C’est bien mon avis car, à la mollesse d’avant les attentats, a succédé une frénésie d’action qui, semble-t-il, porte ses fruits. La France est tout de même un pays ayant des services de renseignements avec des capacités réelles. Que ceux-ci aient attendus 130 morts pour se réveiller laisse toutefois songeur… Comme le notait Marie Delarue sur Boulevard Voltaire il y a quelques jours :

"Quatre jours après les attentats, on sait à une exception près qui les a commis, d’où venaient les terroristes, par où ils sont passés et qui les a aidés. Preuve que lorsqu’on veut savoir… En 36 heures, des centaines de perquisitions ont été menées, des armes de guerre et des explosifs découverts dans des planques où, nouveau miracle, on a su en une nuit où aller les chercher et les récupérer ! Comme les terroristes n’en avaient pas la liste dans la poche, on peut donc imaginer que les adresses étaient connues depuis un moment."

On en conclura facilement que l’Etat n’a pas voulu agir avant alors qu’il en avait la possibilité. Il avait sans doute d’autres priorités, comme la protection des écoles juives qui monopolisaient depuis janvier pas moins de 4700 policiers et gendarmes, excusez du peu ! Comme dans la Ferme des animaux d’Orwell, il semble que certains soient plus égaux que d’autres…

Les renseignements étaient connus, une partie des terroristes aussi. Que devons-nous en conclure ? Que l’Etat se contrefiche de votre sécurité tant que lui-même n’est pas en cause. Après 130 morts, il doit redorer son blason et mettre, temporairement, son je m’en foutisme en sommeil.

Le manque d’effectifs est déploré par tous les spécialistes, Marc Trévidic en tête. « Nous n’avons pas assez d’enquêteurs » dit-il. En tout cas, ce n’est pas seulement ce manque d’hommes qui est à mettre en cause pour toutes les erreurs qui se sont produites dans cette affaire, si ? Ce serait bien trop facile. Des récidivistes identifiés vont et viennent dans notre pays, partent et reviennent de Syrie, prennent l’avion partout en Europe sans problème. La réalité est là. On le lit même dans le Figaro : « Qu'ils soient français ou étrangers, les djihadistes prennent l'avion et franchissent les frontières comme on prend le métro! » Toujours dans cet article, un ex-magistrat antiterroriste s’exprime sur la question : «Ils passent souvent avec leurs vrais passeports. Même pas des documents falsifiés!» Nous avons affaire soit à de gros nuls, soit à des traîtres. Ou aux deux en même temps !

Quasiment tous les auteurs (hors les « migrants ») des attentats du Vendredi 13 étaient fichés et repérés : Samy Amimour, frappé par un mandat d'arrêt international mais rentré tranquillement en France pour participer aux attentats ou Omar Ismaïl Mostefaï, fiché « S » (sûreté de l’Etat) dès 2010. Ce dernier avait, de plus, été « selon Ankara, signalé deux fois à Paris pour son appartenance à la mouvance jihadiste. La police turque "a informé la police française en décembre 2014 et janvier 2015" à son propos (il était entré sur le territoire turc en 2013, pour ensuite certainement rallier la Syrie), et "nous n'avons jamais eu de retour de la France", a affirmé un responsable turc. » Même chose du côté des « Belges » de Molenbeek… Un enquêteur affirme que les services belges ne sont pas meilleurs que les nôtres : « alors qu'ils ont la plus grosse proportion de départs en Syrie des pays occidentaux, les Belges ne sont pas au niveau. » Pour noircir encore le tableau, on constate que les échanges de renseignements entre pays laissent énormément à désirer, ce qui explique combien les terroristes peuvent aller d’un Etat à un autre sans soucis…

Des renseignements provenant d’autres pays, la France en a pourtant bien reçus! Et pas des moindres ! Les services algériens avaient prévenu de l’imminence d’une attaque. Plus scandaleux encore, l’ancien directeur de la DCRI, Bernard Squarcini, a ainsi affirmé que les services secrets syriens avaient la liste des combattants djihadistes français opérant en Syrie et qu’ils l’ont proposée à la France. Mais Manuel Valls l’a refusée ! Pourquoi ? Car cette liste provenait des services de Bachar al-Assad et il était impensable de traiter avec un tyran !

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La politique extérieure de la France : une cause majeure

Reprenons ici les propos de bon sens du président syrien Bachar al-Assad :

« Les politiques erronées adoptées par les pays occidentaux, notamment la France dans la région ont contribué à l’expansion du terrorisme. On avait averti sur ce qui allait se passer en Europe il y a trois ans, on avait dit ne prenez pas ce qui se passe en Syrie à la légère. Malheureusement les responsables européens n’ont pas écouté. »

Ecoutons maintenant des avis venus d’Algérie. En premier lieu, le général à la retraite Abdelaziz Medjahed, qui déclare ceci :

« La France a joué avec le feu et elle s’est brûlée. Tout cela est le résultat de la politique française. La France, la Turquie et le Qatar ont encouragé le terrorisme et ils l'ont fabriqué en Syrie et en Libye. Ce qui s'est passé vendredi dernier, c'est l'arroseur arrosé.»

Amar Ghoul, ministre algérien du Tourisme et de l'artisanat est définitif : « La France récolte ce qu'elle a semé en Syrie et en Libye. La France et les autres pays s'attendaient à quoi ? ». On se le demande… En tout cas, l’exécutif français ne compte certainement pas changer son fusil d’épaule envers ses chers alliés qataris et saoudiens, soutiens inconditionnels de l’islamisme radicalo-terroriste dans le monde entier. Manuel Valls feint d’y croire dur comme fer: l’Arabie Saoudite et le Qatar lutteraient contre l’Etat Islamique ! Même son de cloche chez Jack Lang! Il n’y a pas de raison d’en douter ! Le fait qu'ils financent sur notre propre sol des mosquées salafistes, ça ne compte pas! Il existerait même un lien entre le régime de Bachar et l’Etat Islamique nous assure ce super-menteur de Valls qui continue à trahir la France par lâcheté et mercantilisme. Responsables de la situation actuelle, ils le sont : lui, son gouvernement et son ridicule président. Mais n’oublions pas tous ceux qui les ont précédés, les mêmes mais avec une autre étiquette, l’infâme Sarkozy en tête qui détruisit la Libye avec BHL comme ministre de la guerre !

Les raisons idéologiques : source de futurs désastres

Dans notre société moderne minée par le laxisme et le manque de couilles, le terrorisme idéologique qu’on peut nommer droit-de-l-hommisme ou marxisme culturel, a une responsabilité écrasante. Les Français et les Européens, en perdant leur âme véritable, seul réel rempart à la chienlit que nous connaissons, se sont affaiblis, ont tout accepté et en ont redemandé. Ils ont maintenu, soutenu et loué par paresse, faiblesse et ignorance un système qui n’a fait que les nier et les mener dans le mur. Les représentants soi-disant démocratiques qu’ils ont choisis leur ont imposé des millions d’immigrés non-blancs et inassimilables. La voilà la vraie raison : la présence de dizaines de millions de musulmans sur notre sol. Population qui fait de plus en plus la pluie et le beau temps chez nous et que la pseudo-justice gauchiste excuse systématiquement (voir le problème des récidivistes). Un bon nombre de ces non-Européens ne se reconnaît pas ou plus dans la société multiculturelle qu’ils se sont vus imposer (comme nous) par une oligarchie ne rêvant que de les fondre eux aussi dans une humanité égalitariste, marchande et dénuée de toute identité. Parmi ces millions de musulmans, combien sont en cours de radicalisation ? Combien se radicaliseront demain ? Combien convertiront-ils d’Européens de souche ? Nous n’avons pas fini de nous opposer au terrorisme, croyez-moi…  Ils sont partout: 1200 fiches "S" rien qu'en Saint-Saint-Denis! 10.500 radicaux islamistes fichés "S" sur tout le territoire! On les trouve même à côté de chez vous ou travaillant dans les centrales nucléaires. S’en débarrasser signifierait prendre des mesures radicales et inédites (comme la remigration) qui ne risquent pas d’être à l’ordre du jour ces prochaines années…

Heureusement que nous voyons nos peuples européens se réveiller peu à peu et commencer à comprendre la situation mortifère qui est celle de notre continent. Car, pour ce qui est de nos classes politiques, en Europe occidentale tout du moins, le changement, ce n’est pas pour maintenant (sauf, pour la France, le FN  qui a bien sûr eu des positions de très bon sens comme le montre ici ce discours de Marion Maréchal Le Pen à l'assemblée). On parle de frontières, de déchéance de nationalité, de peine de mort parfois... oui mais… cela solutionnera-t-il totalement le problème des millions d’inassimilables qui sont ici chez eux et dont la démographie risque en plus de nous emporter dans un futur très proche?

Prochain volet de ce Regard sur l'actu la semaine prochaine.

Rüdiger / C.N.C.

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23/11/2015

Chronique musicale: Tsjuder "Antiliv"

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Tsjuder, Antiliv

(Season of Mist, 2015)

Il fut une époque, dans les années quatre-vingt-dix, où la Norvège attirait tous les regards. Les groupes de sa scène Black metal envahissaient le monde tels des raids vikings, et toute une génération se mit à rêver de fjords. Vingt-cinq ans plus tard le constat est bien différent. Les pontes qui donnèrent au Black metal Norvégien ses lettres de noblesse ne sont plus ou presque. Certains font quelques concerts de charité pour faire plaisir aux fans, d’autres font dans la bande-son pour jeu de plateau. Taake qui, jusqu’à présent, avait su maintenir la flamme intacte, s’est planté en beauté avec son dernier album. Mais voilà que Tsjuder, sans doute lassé du discours « décliniste » ambiant, arrive au bon moment pour corriger nos jugements hâtifs et botter des culs!

Ce trio de Berserkers venu de la capitale norvégienne n’est pas né de la dernière pluie et nous présente, avec Antiliv, son sixième album. Composé de Nag à la basse et au chant, de Draugluin à la guitare et d’Antichristian derrière les fûts, Tsjuder ne fait pas vraiment dans la finesse ; la musique du groupe pilonne méchamment ! Reconnu coupable d’avoir sorti l’un des albums de Black metal norvégien les plus bourrins qu’il soit en 2004, Desert Northern Hell, véritable suppositoire sonique, le groupe rivalise sans problème avec un Marduk. Mais là où Marduk détruit tout sur son passage tel un panzer, Tsjuder, quant à lui, la joue différemment. Plus hargneux et vicieux que massif, le propos est excessif, comme possédé en quelque sorte. Qu’ils aient un côté parfois « thrash » ou « rock n’roll » les riffs de Draugluin visent directement la jugulaire. Acérés et sans pitié, ces derniers, à l’instar de la voix de gargouille de Nag, font partie du style du groupe. Ajoutez par-dessus la batterie démentielle d’Antichristian et vous comprendrez enfin le sens du mot barbarie. Mais attention : Antiliv n’en est pas pour autant un album monotone. Tsjuder sait varier les plaisirs avec des passages plus plombés mais aussi alterner des rythmes ou tempos différents à l’image du titre éponyme. Aussi, un soin particulier a été apporté aux arrangements vocaux comme sur « Djevelens Mesterverk » par exemple, ce qui est un vrai plus et met l’emphase sur le côté démoniaque de la musique. Le tout est d’une efficacité exemplaire et la messe est dite en à peine quarante-cinq minutes.


Eh bien, que retenir de ce brulot ? Déjà que Tsjuder n’a pas dévié d’un iota de la formule qui a fait son succès. Oui, il n’y a aucune prise de risque sur cet album dont le maître mot est efficacité; cependant est-ce un défaut ? La réponse est non, trois fois non ! Antiliv passe comme papa dans maman ! La sauvagerie de ce sixième opus ne restera peut-être pas dans les annales du groupe (détrôner son grand frère évoqué plus haut est un sacré challenge !) mais ravira à coup sûr les fans. Ce Antiliv a un gout de « reviens-y » et c’est avec joie que l’on réalise qu’il se passe encore des choses en Norvège.

Donatien / C.N.C.

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21/11/2015

Juvin - Le renversement du monde


Très bonne entrevue d'Hervé Juvin sur des axes que nous défendons.

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20/11/2015

Méridien Zéro #255 : "Panorama Actu : Paris sous les bombes !"

Ce soir, les Réinformés de Méridien Zéro nous proposent une (longue) émission d'analyse et de commentaire de l'actualité. Pour l'occasion, l'équipe est quasiment au complet avec Adrien Abauzit, Xavier Eman, Maurice Gendre, Arnaud Naudin, Pierre Stadere, sous la conduite énergique et participative du Lt Sturm.

Attention, l'émission ne sera pas retransmise par RBN qui diffuse ce soir une conférence avec nos amis de TV Libertés sans doute également très intéressante. Mais l'urgence de l'actualité en France nous a conduit à décider la diffusion de notre propre émission que vous retrouverez donc sur Kebeka Liberata et en podcast bien évidemment.

A la technique JLR.

KL : http://kebeka_liberata.fastcast4u.com
MZ : www.meridien-zero.com

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