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18/11/2015

Chronique cinéma: The green inferno d'Eli Roth

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THE GREEN INFERNO

Un film d'Eli Roth (2015)

L’anthropophagie et surtout le cannibalisme ont toujours fasciné les hommes. Interdit indépassable, cette pratique fut «naturellement » exploitée par le cinéma d’horreur. Le film Cannibal Holocaust (1980) de l’italien Ruggero Deodato, véritable électrochoc graphique, traumatisa des générations entières de cinéphiles dont Eli Roth. Nouveau chouchou du cinéma d’horreur, responsable des films Cabin Fever et Hostel et grand fan devant l’éternel de Cannibal Holocaust, le sieur Roth nous livre sa vision du film d’exploitation cannibale avec The Green Inferno.

Justine (Lorenza Izzo), étudiante à l’université de Columbia, a la chance d’être mignonne et d’avoir un papa avocat aux Nations Unies. Un jour, alors qu’elle papote avec sa tête-à-claque de copine, elle remarque Alejandro (Ariel Levy), le chef d’une petite bande d’activistes et tombe aussitôt sous son charme. Dans le but de se rapprocher de ce dernier, Justine va participer à un voyage au Pérou organisé par Alejandro dans le but de dénoncer les pratiques d’une société pétrolière, société qui menace d’anéantir une tribu locale de la forêt amazonienne. Armés de leurs smartphones et diffusant les images en « direct live » les jeunes activistes réussissent leur coup en évitant le drame de justesse. Dans l’avion qui les ramène à la civilisation, le ton est à la fête et à l’euphorie quand, soudain, l’un des moteurs explose. Le crash est violent et plusieurs membres de l’équipage y laissent leur peau. C’est en cherchant un téléphone équipé d’un GPS que les survivants sont attaqués et neutralisés grâce à des flèches tranquillisantes. Ils se réveillent sur des embarcations et réalisent qu’ils ont été faits prisonniers par des autochtones. Une fois arrivé dans leur village, les décorations macabres et les restes humains font comprendre aux survivants qu’ils sont détenus par une tribu cannibale…


The green Inferno était très attendu. Les bandes-annonces et un marketing savamment orchestré avaient su mettre l’eau à la bouche à des légions d’amateurs de sévices corporels et autres torrents d’hémoglobine. Il faut noter qu’Eli Roth avait marqué le genre horrifique grâce à un Hostel qui sut se hisser en fer-de-lance du genre « torture porn » ; par conséquence l’équation Eli Roth + thématique cannibale ne pouvait pas décevoir, pire, elle ne devait pas décevoir. Et c’est bien là le drame de ce film : Eli Roth, bien que sans doute animé des meilleurs intentions, ne se montre pas à la hauteur et échoue misérablement. Ceci à cause d’un rythme inégal, d’une prévisibilité et d’une niaiserie vomitives et insupportables, de situations ridicules et d’un manque de gore et de torture inacceptables pour le genre. La première partie du film, celle qui se passe avant l’arrivée de la fine équipe au Pérou, est juste affligeante de déjà-vu, de clichés pubères et d’ennui. C’est un supplice pour les yeux et les oreilles. On passe enfin la seconde une fois dans la forêt amazonienne mais on roulera au pas jusqu’à la fin telle une voiture sans permis. La seule séquence vraiment gore et sadique du film ne casse pas trois pattes à un canard ; on est juste peiné pour le pauvre gars qui s’est fait « friendzoné » par Justine pendant tout le début du film et qui finit dans un four ! (On vous rassure il ne fonctionne pas au gaz). Le thème des mutilations sexuelles faites aux femmes, présent en filigrane durant tout le film, laisserait envisager une séquence insoutenable mais peine perdue aussi. Les promesses se dégonflent les unes après les autres. On atteint le summum du risible avec quelques séquences qui tombent comme un cheveu sur la soupe ou/et qui sont intrinsèquement débiles. Comment ne pas éclater de rire lorsque l’un des captifs, une belle blonde aux yeux bleus, est victime d’une bruyante chiasse explosive semant la terreur parmi ses petits camarades ? Le spectateur ne sait pas s’il doit rire ou pleurer devant ce condensé de connerie humaine saupoudré de bidoche…

The Green Inferno est un échec. Malgré quelques critiques sous-jacentes qui ne sont pas dénués de sens (la relation à la technologie, la naïveté de l’homme occidental vis-à-vis de cultures fantasmées, etc) et le code couleur intéressant (le vert de la forêt, l’héroïne peinte en blanc et les indigènes peints en rouge), l’ambiance est trop lisse, trop américaine. La tribu anthropophage a beau être flippante à sa façon, l’atmosphère du film n’est ni anxiogène, ni macabre et le tout manque cruellement de gore. Le fan « die-hard » des meilleurs films du genre ou le fan des œuvres d’Eli Roth doit éviter cette chabbat-daube (étron) à tout prix !

Donatien/CNC

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Commentaires

Pour l'avoir en diagonal, c'est vraiment faible. Les scènes gore sont finalement peu nombreuses et ça m'a eu l'air passablement ennuyant.

Le seul élément m'ayant fait lever un sourcil c'est quand l'héroïne défend, malgré cet enfer qu'elle vient de vivre, la tribu.

Écrit par : Baptiste | 19/11/2015

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