Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2015

7 films à voir ou à revoir sur la Parodie

La parodie est très certainement l'art le plus difficile de la comédie. En plus de provoquer l'hilarité, le cinéma parodique a pour objectif d'utiliser un cadre précis pour mieux s'en moquer. Ainsi, l'humour parodique ne se pratique-t-il pas comme une finalité en soi mais se met au service de la dénonciation des travers de faits, de personnages, de périodes historiques ou de comportements sociaux. C'est dire si les possibilités de furieuses moqueries sont vastes. Genre à part au sein de la production cinématographique, le cinéma parodique fait se côtoyer le pire et le meilleur. Parmi le meilleur, la parodie autorise une réflexion acerbe et profonde sur le sujet traité. Aldous Huxley n'écrivait-il pas que "Parodies et caricatures sont les plus pénétrantes des critiques" ? Les vikings, l'évolution des sociétés humaines, Hitler, l'antisémitisme, le cinéma, le sexe, la lutte des classes..., voilà bien des sujets qui en prennent pour leur grade au travers de ces sept films.

 

photo erik le viking.jpg

ERIK LE VIKING

Titre original : Erik the Viking

Film anglais de Terry Jones (1989)

Erik est un jeune chef viking. Il assassine bientôt la jeune femme dont il était amoureux. Touché par la grâce de sa belle, Erik prend tardivement conscience de la violence perpétuelle des tribus vikings, dont les raids sont basés sur la rapine, le viol et la violence. Après avoir consulté Freya, il décide de convertir ses hommes à plus de civilité et les mène en quête d'un cor suspendu sur l'île d'Hy-Brasil. Selon la prophétie de Freya, le puissant souffle du cor réveillera les dieux. Alors seulement prendra fin le temps du Ragnarök. Mais on n'efface pas aussi simplement les mauvais penchants des intrépides guerriers vikings....

Ancien des Monty Python tout juste séparés avec lesquels il prend ses libertés cinématographiques, Jones poursuit en solo son exploration de l'absurde. En solo donc et avec brio ! Les initiés ne manqueront pas d'apprécier les nombreux clins d'œil aux Sagas islandaises et à l'univers mental des Scandinaves. Les premières dizaines de minutes sont absolument truculentes, au détriment des dernières, il est vrai, plus poussives. Bon, ça ne vaut pas Monty Python, sacré Graal ou La Vie de Brian mais l'ensemble reste de très bonne facture. Et d'ailleurs, la comparaison est sans fondement, Erik le Viking n'est pas un Monty Python !

 

photo la folle histoire.jpg

LA FOLLE HISTOIRE DU MONDE

Titre original : Mel Brooks' History of the world, Part one

Film américain de Mel Brooks (1981)

A l'aube de notre ère historique, une des tablettes glisse des mains de Moïse descendant le Sinaï. Cette maladresse déterminera l'évolution de la civilisation judéo-chrétienne en réduisant le nombre de Commandements de quinze à dix. A Rome, le gai luron Néron et l'impératrice Nympho entreprennent d'organiser une orgie à laquelle ils convient le philosophe Comicus. Quelques siècles plus tard, l'Inquisition espagnole que dirige Torquemada autorise la torture des musulmans et des juifs par des moines. Par bonheur, tout se termine en chansons. Quant à la Révolution française, le contraste est saisissant entre le Tiers-Etat parisien réduit à manger de la viande de rats tandis que Louis XVI batifole dans les fastes de son palais. Le roi échange bientôt sa place avec un valet...

Mel Brooks revisite par l'absurde l'histoire de l'humanité divisée en quatre épisodes. Coutumier du cinéma parodique, Brooks ne fait aucunement l'économie de son éventail d'anachronismes, de jeux de mots et autres gags scabreux pour ne pas dire scatologiques. Evidemment, il est inutile de chercher toute finesse et toute logique. Le film reste néanmoins politiquement correct et ne se risque pas à provoquer le spectateur. D'aucuns trouveront cette réalisation consternante. D'autres s'en délecteront. Assez drôle !

 

photo mon führer.jpg

MON FUHRER

Titre original : Mein Führer, die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf Hitler

Film allemand de Dani Levy (2007)

Fin 1944, le Führer va de mal en pis. Cette foutue guerre, il va la perdre ! Adolf Hitler sombre progressivement dans une profonde dépression. Son Ministre de la propagande Joseph Goebbels tente de lui redonner toute sa vaillante fougue et souhaite l'organisation d'une nouvelle grand messe berlinoise lors de laquelle il haranguera le peuple allemand. Un coach sera nécessaire à remettre Hitler en forme. Goebbels se souvient du juif Adolf Grünbaum, ancien professeur de théâtre du jeune Hitler. Bientôt sorti du camp de Sachsenhausen, Grünbaum entreprend de faire remonter la pente au Führer par le truchement d'exercices de respiration et de thérapies psychologiques. La victoire finale du Troisième Reich est à ce prix...

Pierre Desproges disait : "On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui". Passé inaperçu en France, le film fit scandale Outre-Rhin. Il est vrai que Levy campe assez mal son héros, impuissant, dépressif et complexé certes mais également touchant de bougonnerie, fragile, empathique... La réalisation se veut sans conteste une charge contre le régime national-socialiste mais les maladresses du cinéaste suffirent à déclencher la polémique qui perçut le film comme une bonne comédie... mais sur l'homme le plus honni de l'Histoire. Cela n'était pourtant pas la première fois depuis Charlie Chaplin et Ernst Lubitsch mais Hitler est un homme qui déchaînera toujours toutes les colères. Et le film en lui-même dans tout ça ? Quelques gags ne parviennent pas à relever l'ensemble qui s'avère pataud.

 

photo oss 117 rio.jpg

OSS 117 - RIO NE REPOND PLUS

Film français de Michel Hazanavicius (2009)

De tous les agents secrets français, Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS 117, est sans conteste le plus doué de la profession. En cette année 1967, c'est à Gstaad, en Suisse, que l'agent se repose plus ou moins paisiblement. De légers démêlés avec des gangsters chinois troublent sa douce quiétude. C'est alors qu'OSS 117 se voit confier une mission des plus périlleuses. Un microfilm contenant une liste d'anciens collaborateurs français, voilà un document hautement compromettant pour la République gaullienne. Epaulé de la jolie Dolorès, lieutenant-colonel du Mossad, Hubert débarque à Rio, sur les traces du maître-chanteur et ancien dignitaire  nazi von Zimmel. Mais l'agent secret est loin de s'imaginer que les chinois refusent d'en rester là et élaborent un plan pour l'éliminer définitivement...

Hilarant du début à la fin ! Inspiré des romans de Jean Bruce, ce deuxième opus des aventures d'OSS 117 est toujours aussi réussi. Une mise en scène enlevée et rythmée, des décors sublimes conjugués à des couleurs chatoyantes et un savoureux mélange des genres cinématographiques qui enlève l'exclusivité de l'exercice à Quentin Tarantino ! Et le héros évidemment, monstre d'immobilisme dans une société en pleine mutation. Franchouillard, réactionnaire et machiste, OSS ajoute la corde sensible de l'antisémitisme à son arc. Toujours aussi maladroit et pétri d'images d'Epinal sur les Juifs, OSS ferait passer Joseph Goebbels pour un perdreau de l'année ! Trop politiquement incorrect OSS 117 six années plus tard ? Jean Dujardin et le réalisateur s'accordent à dire que les tensions ethniques qui secouent l'Europe empêchent toute troisième réalisation.

 

photo the party.jpg

LA PARTY

Titre original : The Party

Film américain de Blake Edwards (1968)

Hrundi V. Bakshi est un cascadeur indien. Il est aux portes de la gloire lorsqu'il est engagé à Hollywood pour interpréter un soldat indigène dans un remake d'un célèbre film américain, Gunga Din. Mais le nouveau venu fait rater quantité de prises et se révèle d'une maladresse folle, au point de détruire complètement la forteresse, décor le plus coûteux du film. Hors de lui, Divot, le producteur du film, demande au patron du studio, Fred Clutterbuck, à ce que le nom de Bakshi soit inscrit sur une liste noire d'acteurs de seconde zone à ne plus faire travailler. Mais en réalité, c'est sur la liste d'invités de la fête annuelle du studio que Clutterbuck inscrit par erreur le comédien débutant. Au cours de la fête, Bakshi, tout heureux de se retrouver parmi les plus célèbres divinités hollywoodiennes, se révèle aussi gaffeur sur un plateau qu'en soirée...

Géniale satyre des mondanités hollywoodiennes par le réalisateur de la Panthère rose. Peter Sellers est tout simplement extraordinaire en acteur débutant raté. Un film psychédélique, dans la droite ligne des Laurel et Hardy ou du cinéma de Jacques Tati, illustré par des gags en cascade s'amoncelant à un rythme intrépide. Et la réalisation est, en outre, remarquable. Peu sensibles à l'autodérision, les milieux du cinéma avaient accueilli le film à sa sortie de la façon la plus froide. Il est d'ailleurs retombé dans un oubli quasi-total aujourd'hui. A consommer sans modération puisqu'il n'est pas interdit de se détendre parfois.

 

photo the rocky horror.jpg

THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW

Film américain de Jim Sharman (1975)

S'ils sont bien fiancés, Janet et Brad se révèlent coincés sur de nombreuses questions. L'orage gronde cette nuit-là lorsque l'un des pneus de leur véhicule crève et que le couple est obligé de se réfugier dans un mystérieux château. A l'intérieur de la grandiose demeure, les occupants se livrent à d'étranges expériences. Sous la férule de Frank N. Furter, scientifique transsexuel en chef de sa lointaine contrée transylvanienne, l'assistance s'apprête à donner naissance à Rocky. Rocky dont la vocation est de s'apparenter à l'homme idéal avec ses cheveux blonds, son teint halé et... son slip en or. Les orgies se succèdent tandis que les fiancés se retrouvent isolés dans le château, irrésistiblement attirés par la débauche...

Issu d'un spectacle londonien, le film de Sharman n'est ni un film de science-fiction, ni un film d'épouvante, encore moins une mauvaise série B. Difficile de critiquer ce film qui est véritablement un chef-d'œuvre de parodie qui pastiche un peu tout cela en même temps qu'il multiplie les clins d'œil à de nombreux autres films, de Nosferatu au Magicien d'Oz en passant par Stanley Kubrick. Le cocktail qui en résulte est absolument loufoque, excentriquement déjanté, génialement grotesque. La bande son est juste fantastique. Les qualificatifs d'excellence manquent pour louer l'une des comédies musicales les plus cultes de l'histoire du cinéma. Et comme tous les meilleurs films cultes, il fit un flop lors de sa sortie.

 

photo touche pas à la femme.jpg

TOUCHE PAS A LA FEMME BLANCHE

Titre original : Non toccare la donna bianca

Film franco-italien de Marco Ferreri (1974)

25 juin 1876, bataille de Little Big Horn. Les Indiens, menés par Sitting Bull, se montrent de plus en plus menaçants pour les troupes américaines. A la tête de ses hommes, le général Custer veut regrouper les indigènes résistant aux persécutions en vue de les exterminer, avant que leurs velléités ne deviennent ingérables. Peu avant la bagarre, Marie-Hélène de Boismonfrais, belle jeune femme entièrement vêtue de blanc, est séduite par l'intrépide général. La pure jeune femme est interdite à Mitch, l'éclaireur indien de Custer. C'est Buffalo Bill, éternel rival de Custer, qui entend bien jouer les trublions au sein de cette société progressiste conquérante au sein de laquelle hommes d'affaires et hommes politiques, certains de la victoire de Custer, négocient de juteuses affaires...

Tout en anachronisme que cette réalisation de Ferreri qui se veut une parodie de western en même temps qu'une féroce satire sociale. En lieu et place des vastes étendues prairiales du Montana, c'est en réalité dans le quartier parisien environnant les pavillons Baltard, en plein cœur des Halles, que le général Custer poursuit le génocide des autochtones du Nouveau continent. Remarquable satire parodique et politique, l'œuvre se veut tout autant une dénonciation du génocide indien que de la réorganisation sociale de l'urbanisme du centre-ville parisien qui relègue les classes populaires dans la périphérie. Le capitalisme naissant n'est pas exempt non plus de vives critiques. Ce décalage historique et géographique ne manquera pas de déplaire à certains grincheux. C'est pourtant tout l'intérêt du film.

Virgile / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source

 

Les commentaires sont fermés.