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24/10/2015

Chronique d'album : Misþyrming - Söngvar elds og óreiðu

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Misþyrming - Söngvar elds og óreiðu

(Terratur Possessions, 2015)

A y regarder de plus près, le black metal incarne pleinement la diversité. Diversité de style tout d’abord, le black metal pouvant être qualifié de « pagan », « trve », « orthodoxe », « progressif », etc. Diversité des scènes ensuite, car elles sont nombreuses en effet et chacune d’entre elles possèdent sa propre identité. Oui, le black metal c’est l’international du particularisme, qu’on se le dise ! Et il y a une scène, plutôt discrète il est vrai, qui se réveille tel un vieux volcan. L’Islande, ce petit bout de terre aux allures de Thulé, prise en étau entre les côtes du Groenland et les côtes Norvégiennes, nous offre avec Söngvar elds og óreiðu du groupe Misþyrming un pur album de black metal.

Jeune pousse sorti du sol en 2013 et comptant en son sein deux membres des excellents Carpe Noctem, Misþyrming a décidé de ne point s’embarrasser avec démos, ep et autres split pour nous sortir un album complet en guise de commencement. Le combo de Reykjavík fait preuve d’une maturité rare pour un premier opus. Son black metal est de facto musicalement et stylistiquement orthodoxe. Pas de passages folk ou en voix claires, encore moins de fantaisies « pagan » ou d’usage d’instruments traditionnels ; de la scène orthodoxe le groupe a su en extraire le meilleur et délaissé l’intellectualisme superfétatoire que l’on peut reprocher à certaines formations. Impossible de ne pas penser à des groupes comme Deathspell Omega, Corpus Christii ou Ondskapt à l’écoute de ce Söngvar elds og óreiðu, que ça soit dans ces riffs dissonants, torturés ou les ambiances possédées. Plus surprenant, le titre « Söngur uppljómunar » où l’influence du Kommando Peste Noire est évidente. L’une des qualités de la musique de Misþyrming est qu’elle est diversifiée et mesurée. La fureur des blasts et de la voix se heurte à la lourdeur des tempos et à une certaine neurasthénie, une solitude atavique. A l’image de la pochette de l’album, le combo Islandais représente Múspellsheimr, le royaume de Surtr, antithèse de Niflheimr, deux mondes pourtant symboliquement réunis sur sa terre natale. Sa musique n’est qu’un chaos de flammes, à la fois ode et personnification polyphonique de la fureur déchaînée de Fenrir.

Belle surprise que ce Söngvar elds og óreiðu ! Ce maelström de feu venu du nord est voué, pour sûr, à devenir l’un des joyaux de la scène black metal islandaise. Misþyrming frappe très fort avec un premier album dense, profond et concis. La production, qui met dos à dos propreté clinique stérile et inécoutabilité grésillante, est parfaite en tous points, mettant en valeur la musique du groupe. Et cette dernière, de par sa qualité et sa personnalité, mérite de s’y attarder ; mieux de plonger la tête la première dans ce Ginnungagap sonique.

« Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel, et il l'ouvrirait davantage encore s'il y avait la place. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »

— Gylfaginning, chapitre 51


 

Donatien/C.N.C.

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