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08/10/2015

Chronique musicale: Iron Maiden "The book of souls"

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Iron Maiden, The book of souls

(Parlophone, 2015)

Quarante années de carrière, une quinzaine d’albums et des millions de fans à travers le globe. Iron Maiden est une légende des musiques électriques, une véritable institution et, dans beaucoup de cas, une initiation. La vierge de fer est enfin de retour pour un seizième album intitulé The Book of Souls, cinq ans après un The Final Frontier très décevant.

Ça commence mal. The Book of Souls est un double album avoisinant les quatre-vingt-dix minutes pour « seulement » onze morceaux ; signe que les britanniques ont à priori décidé de poursuivre leur élan « épico-progressif ». Progressifs les morceaux le sont, pour certains, notamment avec trois d’entre eux de plus de dix minutes dont un de dix-huit minutes (soit la durée d’un album de grindcore Tchèque) ! Vous avez dit Dream Theater ? Ne poussons pas mémé dans les orties, Iron Maiden n’a pas pour habitude de faire dans l’onanisme technique ad nauseam. C’est avec « If Eternity Should Fail » et son intro sur fond de synthé ultra kitsch, véritable miasme des 80’s, que l’album s’ouvre. Stupeur et tremblement, le ridicule apparent de cette intro laisse présager du pire. Le ridicule synthé s’efface brièvement et l’ami Bruce Dickinson fait alors son entrée. D’abord seul, le reste du groupe rentre alors en scène. C’est parti, le voyage commence pour de vrai.

The Book of Souls n’est pas un mauvais album. Il est même plutôt bon, mais le temps où Maiden nous pondait des Classiques est bien révolu. Une fois que l’on a intégré ce facteur on peut honnêtement appréhender ce nouvel opus. Tout d’abord, la production connait un bon qualitatif comparé à son prédécesseur. Le son est puissant, limpide ; les guitares ont retrouvé leur tranchant et la batterie de Sir McBrain est parfaitement mise en valeur. The Book of Souls est un effort collectif, Steve Harris a laissé de l’espace à ses petits camarades ; Bruce Dickinson a par exemple composé trois morceaux. Du coup l’album est plus varié qu’à l’accoutumé. Musicalement, le combo britannique est resté fidèle à lui-même : cavalcades endiablées, mélodies et solos flamboyants constituent l’épine dorsale de leur musique. Cependant le style s’est complexifié, il s’est raffiné grâce à des arrangements plus sophistiqués ou des structures plus alambiquées. Là où les titres « Speed of light » et « Death or Glory », avec cet arrière-gout pas dégueulasse du meilleur de No Prayer For The Dying, vont droit au but, les autres morceaux demandent plus de concentration ainsi que du temps pour laisser le charme opérer. Bruce est bien en forme, sa prestation est au top. Néanmoins l’idée sur certains morceaux, « The Book of Souls » par exemple, de suivre la mélodie de guitare se révèle médiocre. On sent qu’il pousse le bouchon un peu trop loin le Bruce, on a presque mal pour lui… Quant au morceau de dix-huit minutes, il se révèle fort long à démarrer. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir pondre un morceau aussi long sans endormir son auditoire et Iron Maiden se casse les dents sur un exercice qu’il ne maitrise pas. Dommage.


Presque plus de « tubes », une musique plus complexe demandant plus d’efforts... Les uns aimeront cette formule, les autres passeront leur chemin. Cet Iron Maiden nouveau est heureusement supérieur à son prédécesseur, plus ambitieux aussi. Malgré des fautes de gout, des longueurs et quelques passages où la voix est pénible, The Book of Souls s’en sort plutôt bien. La direction « prog » prise par Maiden est à la fois son pire ami et son meilleur ennemi. Ces influences ont toujours fait partie de l’identité du groupe mais à dose modérée.  Des morceaux plus longs que le format « radio » passent bien avec le panache du groupe, en particulier les passages instrumentaux. Des morceaux à rallonge type Yes ou ELP et c’est le drame. Iron Maiden est toujours talentueux contrairement à d’autres alors on pardonne.

Donatien/CNC

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