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15/09/2015

Chronique musicale: Cruciamentum "Charnel Passages"

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Cruciamentum "Charnel Passages"

(Profound Lore Records, 2015)

La musique n’échappe pas à la loi de l’éternel retour et le metal encore moins. C’est ainsi que des phénomènes dits de  « revival » bourgeonnent çà et là, au grès des années, pour le plaisir de certains et pour l’exaspération des autres. Le death metal dit « old school » semblerait renaître de ses cendres (ou plutôt ressortir de son caveau) sous l’effigie de groupes comme Necros Christos, Teitanblood, Grave Miasma et, justement, Cruciamentum.

Ces quatre britanniques entament leur aventure en direction du Styx en 2007 et nous ont gratifiés de quelques sortis remarquées, principalement sous forme de démos. Leur death metal putride et crépusculaire suscita alors un engouement certain dans les sphères reculées de l’underground. Les fans attendaient un premier album pour confirmer ou pas le statut de Cruciamentum comme possible relève de la scène old school. Cette attente de quatre ans s’achève enfin à l’approche de l’automne 2015 avec la sortie de leur premier effort sur longue distance nommé Charnel Passages. La musique de Cruciamentum est le fruit d’un savant mélange entre sauvagerie et ambiance. Le but n’est pas d’assommer bêtement l’auditeur mais plutôt de le faire voyager en direction de R'lyeh, si possible en le faisant taper du pied. Tout l’attirail du death metal est ici parfaitement manié dans ce sens, à grand renfort de voix caverneuses, de blastbeats furieux, de riffs de guitare tentaculaires et de solos digne du grand Trey Azagthoth (six-cordistes et légendaire tête pensante de Morbid Angel). L’emphase sur les ambiances est bien un élément notable de ce Charnel Passages ; le groupe ne tombe pas dans la facilité en se contentant, bêtement et uniquement, d’utiliser des claviers lugubres. Quand ceux-ci sont employés, comme sur le titre « Rites to the Abduction of Essence » par exemple, c’est toujours avec justesse et bon goût. Les ambiances sont couramment imputées aux guitares grâce à des leads qui se superposent à la lourdeur des riffs à l’instar de « Collapse », morceau qui clôt l’album. Cet équilibre entre violence et ambiance, on le retrouve aussi dans la structure des morceaux qui alternent entre accélérations bestiales et lourdeur pachydermique ce qui permet tout de même de ne pas tomber dans la monotonie. Enfin, et il est bon de le noter, la production limpide rend justice à la musique du combo, tout ça sans sonner de manière clinique.

Vous l’aurez sans doute compris, Cruciamentum n’apporte rien de révolutionnaire avec ce premier album. Il n’a jamais été question de bouleverser le style mais d’apporter une belle pierre à l’édifice et, en excellents tailleurs de pierre, les britanniques gagnent ce pari haut la main. Charnel Passages comptera parmi les sorties death metal de l’année mais ne figurera peut-être pas sur le podium final. Cependant, pour peu qu’on ait bien lu et accepté le cahier des charges, Charnel Passages tient décemment ses promesses et ravira les fans du genre.

Donatien/CNC

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