Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/09/2015

Approche spatiale de la mutation des systèmes productifs français - Partie 1 : Mutations des systèmes productifs ruraux : le mythe du retour à la terre.

Approche spatiale de la mutation des systèmes productifs français

Titre bien long pour traiter un sujet qui serait sans doute plus clair pour n’importe quel lecteur si à la place de « systèmes productifs » nous avions employé l’expression « secteurs économiques. » Celle-ci fut en effet traditionnellement employée pour présenter les différentes formes de filières qui composent l’économie, à savoir les secteurs primaire (agriculture, pêche et mines), secondaire (industrie) et tertiaire (services et commerce). On doit cette expression à l’économiste britannique Colin Clarke (1905-1989).

Aujourd’hui, force est d’admettre que cette tripartition de l’économie n’a plus vraiment de sens. Comme nous l’avons déjà évoqué dans les différents articles concernant les espaces des sociétés, la mondialisation, l’accélération des transports, de l’accès aux informations, des déplacements de marchandises, ainsi que les nouveaux modes de conception, de financement, de production, de consommation, d’habiter, et les nouveaux rapports aux biens, aux ressources, ont contribué à modifier l’économie du monde.

Ainsi, il semble plus pertinent d’employer un terme plus cohérent, prenant en compte à la fois l’aspect systémique de l’économie (« système »), c’est à dire les possibles interactions entre les capacités entrant en ligne de compte dans ce processus ; et l’ensemble des acteurs, des espaces et des moyens participant au processus de créations des biens et des services (« productifs »).

L’approche spatiale, ici, est préférée à d’autres formes d’approche. Elle n’est évidemment pas exhaustive ni holistique, mais est plutôt à saisir comme une façon de comprendre concrètement cette mutation des systèmes productifs sur les territoires.

D’ailleurs, l’emploi du terme « mutation » s’éloigne volontairement de la révolution ou du basculement sur un temps court, en ce qu’elle est changement sur un temps long, les hausses ou les baisses de production de richesse ne se constatant qu’à + ou – 0,2% / an, dans le cas français. A ce rythme là, les modifications de l’économie et surtout des territoires concernés par les systèmes productifs ne se réalisent pas en un claquement de doigts.

En outre, il sera donc difficile, au regard des remarques précédentes, de réfléchir sur ces mutations par « secteur ». Inversement, il sera plus pertinent de les analyser par échelles et par « espaces », comme par exemple, la mutation des systèmes productifs urbains, ruraux, littoraux ou frontaliers par exemple.

Partie 1 : Mutations des systèmes productifs ruraux : le mythe du retour à la terre.

 tracteurs.jpeg

Les systèmes productifs ruraux renvoient indéniablement à la question des mutations récentes de l’agriculture française. Mais pas seulement. Dans les espaces ruraux, les systèmes productifs peuvent concerner d’autres catégories de productions économiques, au devant desquelles les productions agro-industrielles et le fameux « tourisme vert », terme générique qui désigne ce tourisme diffus qui n’est ni balnéaire, ni urbain au sens métropolitain du terme, ni fortement spécialisé (comme les stations de sport d’hiver par exemple), mais plutôt discontinu, éclaté sur l’ensemble du territoire français au gré du potentiel paysager, culturel, gastronomique, historique, etc., qu’offrent les territoires. On peut citer également un ensemble de production économique rattachable aux commerces mais aussi aux nouvelles technologies. Enfin n’oublions pas le caractère résidentiel des espaces ruraux périurbains dont le potentiel économique est souvent négligé.

 A/ Aménagements des territoires et mutations récentes des espaces ruraux : état des lieux

Toute réflexion sur les mutations des systèmes productifs conduit à penser « aménagements des territoires », c’est à dire l’idée « d’action volontaire et réfléchie d’une collectivité sur son territoire » (R. Brunet), et ce à toutes les échelles, du local au global en passant par les différentes collectivités territoriales. Les acteurs concernés par ces mutations sont bien évidemment les acteurs publics et politiques, de l’UE via le FEDER et la PAC, à l’Etat via la DATAR (depuis 1963 avec cette brève parenthèse de la DIACT de 2005 à 2009-2010), en passant par les Conseils régionaux, généraux et municipaux. Les acteurs sont également l’ensemble des agriculteurs, des actionnaires, des investisseurs, des industriels liés à la production agro-industrielle, aux consommateurs, aux lobbies, aux associations, aux citoyens qui changent de rôle en fonction de leurs usages, et le sol agricole lui même, matière première de tous ces aménagements.

En somme, ces mutations de l’agriculture sont récentes parce que soumises aux bouleversements économiques et sociétales des années 1970 et 1980 « imposées » aux populations françaises et vectrices de nouvelles formes d’aménagement. Encore faut-il souligner, si cela ne l’avait pas déjà été fait sur les pages du CNC ou sur les ondes de MZ, que ces espaces ruraux ne sont au final que des marges des espaces urbains, ou devrais-je dire, des mailles du réseau urbain. En effet, force est de constater que ces « campagnes » françaises sont parfois plus urbaines, au sens anthropologique du terme, que rurale au sens premier du mot. Au fond, les mutations des systèmes productifs ruraux sont synonymes d’hybridation entre urbain et rural et d’inflexion entre densité de population, rapport à la nature et modèle de développement (économique d’abord, puis « soutenable »).

Sans rentrer dans le détail des bouleversements des années 1970 et 1980, nous pouvons les synthétiser et les énumérer afin de saisir l’immensité des enjeux qui ont conduit à ces mutations : fin du remembrement, surproduction, remise en cause du productivisme, mondialisation et libéralisation du commerce agricole mondial, épizooties (grippe aviaire) et zoonoses (passage de l’encéphalopathie spongiforme bovine à la maladie de Creutzfeldt-Jakob), augmentation des problèmes de pollution, réforme importance de la PAC. Autant d’éléments qui montrent le caractère encore très actuel et immédiat des mutations.

 B/ Réflexions scalaires sur les systèmes productifs ruraux

 A l’échelle de l’UE et de l’Etat, les « nouvelles » (quoique plus tellement maintenant) exigences publiques et politiques  en matière d’agriculture sont de produire, ruraliser et libéraliser.

Il s’agit en principe d’ouvrir, moderniser et stimuler économiquement l’agriculture en prenant comme appui les politiques d’aménagement des territoires agricoles de l’UE, à savoir à travers l’ancienne FEOGA (fonds européen d’orientation et de garantie agricole jusqu’en 2007), puis par les FEAGA (Fonds européen agricole de garantie) et FEADER (fonds européen agricole pour le développement rural). A travers cette mise en compétitivité, cette libéralisation, cette décentralisation aussi depuis 1982 et les lois Deferre, de nouvelles logiques appliquées à l’espace agricole apparaissent. De nouveaux enjeux aussi (surtout en vue d’une agriculture européenne « durable » et un développement rural « équilibré »). Mais, évidemment, tout cela est accompagné par de nombreux malheurs, comme le montre les récents chiffres sur les dépôts de bilan annoncés de 10% des exploitations agricoles françaises. Sur ces faits récents d’ailleurs, d’un point de vue de la production économique du monde agricole français, les problèmes semblent venir d’une surproduction mondiale de lait entraînant une baisse des prix et donc de rémunération des producteurs français de lait (à cela s’ajoute l’embargo russe sur l’agroalimentaire occidental décrété avec le conflit en Ukraine et donc une baisse de l’exportation), la production de bœuf en France insuffisante pour permettre au pays d’être autosuffisant, d’autant plus que les consommateurs préfèrent les viandes rouges étrangères plus matures aux viandes jeunes à la chair plus claire produite en France (« en 2014, le revenu des éleveurs bovins a diminué de 14,7% pour atteindre 15900 euros par an, le plus faible de tous les agriculteurs »), et enfin la concurrence allemande en matière de production de porcs (http://www.huffingtonpost.fr/2015/07/17/agriculture-boeuf...). Comme s’il fallait encore préciser qu’aux fluctuations financières et conjoncturelles s’ajoutent des données liées à l’habitus de groupe (plutôt que de « classe » (cf. Bourdieu)) et aux modes de vie… bref aux données anthropologiques plus difficiles à modifier que la grande finance en ce qu’elles s’enracinent dans un temps structurel.

Le constat est de toute façon sans appel, l’agriculture française ne représente plus que 3,5% du PIB (2008), soit un peu moins de 70 milliards d’euros contre 8% en 1980.

A l’échelle européenne, en lien avec les acteurs européen et étatique, les espaces ruraux français semblent loin d’être uniquement focalisés sur des productions agricoles. Et à une échelle plus grande, il est possible de distinguer toutes ces nuances.

 A cette échelle « bâtarde », ‘entre national et régional’, on constate que les mutations des systèmes productifs ruraux peuvent être perçues à travers une problématique somme toute transparente : que reste-t-il de la traditionnelle spécialisation régionale de l’agriculture française au regard des mutations qui touchent l’ensemble des espaces ruraux ? Entre permanence des grands bassins productifs hérités du productivisme, nouvelles aires jadis rejetées et aujourd’hui favorisées car en lien avec une recherche de qualité alimentaire mais aussi paysagère, les espaces ruraux contiennent une mosaïque de systèmes productifs soumise à une intense hybridation des héritages et des nouvelles tendances économiques. Pour faire plus simple, ces espaces balancent et s’interconnectent entre une agriculture libérale, productiviste et anxiogène et une agriculture raisonnée, raisonnable, extensive et de haute qualité ; des espaces cultivés dont les objectifs sont d’abord de faire venir des touristes « verts » en recherche de nature, avant d’être intégré au système de production agricole local ou régional ; et des espaces ruraux en marge de toute production réellement dynamique.

Dans ce contexte de commerce agricole mondialisé, la France a conservé des territoires ouvertement dédiés à la production agricole intensive, le plus souvent de céréales (17% de la SAU, surface agricole utile, soit près de 95000 km2), que l’on retrouve autour du Bassin Parisien, le Nord Pas de Calais, le long de la Garonne dans les départements du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne (le fameux « Bassin Aquitain » de nos anciens cours de géographie), et ponctuellement en Alsace, et dans le Centre Ouest (Berry, Bas Poitou). Cette production est soumise à la spéculation des prix et de la finance des bourses de Londres ou de Chicago, est contrainte, depuis 2007, à s’aligner aux directives d’une UE qui entend être « verte », et doit prendre en compte la concurrence des pays émergents. L’intégration aux marchés passe aussi par l’implantation et le développement de groupes agroalimentaires tels que Doux en Bretagne, Bonduelle dans le Nord, Limagrain à Limagne en Auvergne, et Danone, LVMH et Bongrain dans l’aire urbaine de Paris. Elle passe aussi par les logiques néo libérales de production agricole, à savoir l’intégration, jugée inévitable, des OGM pour augmenter les rendements (Limagrain par exemple qui est le « Monsanto » français), et l’ouverture de la production de céréales pour les biocarburants, les agrocarburants, l’éthanol, etc.

A ces exploitations productivistes, on peut ajouter des vignobles parfaitement intégrés aux marchés européen et mondial, le long de la Loire, du Rhône, de la Garonne et de la mer méditerranée, et les alcools labellisés comme le Cognac et l’Armagnac. Enfin, on ne peut pas passer sous silence la Bretagne et son élevage hors-sol porcin et aviaire ultra productiviste et polluant, contrôlé par les IAA comme Doux.

Si, sur le papier, ces espaces ruraux agricoles semblent être dynamiques ce n’est qu’en apparence. Car, comme nous l’avons suggéré plus haut, ce dynamisme économique est non seulement très fragile car soumis à une conjoncture voire même à une agitation de surface internationale (pensons au récent cas de la Russie déjà signalé, ou au foie gras et aux fromages français refusés sur le sol américain), mais aussi très violent à l’égard des agriculteurs, surtout les petits, qui se retrouvent souvent étranglés par l’ensemble des exigences de production en lien avec le commerce agricole mondial, le manque d’aides d’une UE surtout tournée vers les nouveaux pays européens, et la crise économique mondiale.

Dans le même temps, les autres grands espaces ruraux régionaux dont l’activité économique principale n’est pas tournée intégralement vers l’agriculture, sont en pleine recomposition territoriale. Sur fond d’héritage de polyculture, d’élevage extensif, ou parfois d’agriculture périurbaine légumière et fruitière (notamment dans le Val de Loire et sur le pourtour méditerranéen), les logiques territoriales sont soumises à une hybridation. Ces territoires ruraux concilient les traditions agricoles, tantôt touristifiée tantôt en difficile compétition avec les pays européens et du Maghreb (pensons à la production fruitière du Comtat Venaissin en compétition avec les productions espagnoles et maghrébines), avec les nouveaux secteurs économiques compétitifs, à savoir le tourisme vert surtout, et les petites et moyennes entreprises, se rêvant clusters mais dont le rayonnement demeure au mieux national, sinon régional. On notera que le paysage agraire qui se déploie dans ces territoires du tourisme vert va de pair avec la volonté de préserver un patrimoine, un héritage, qui se traduit par une agriculture extensive de qualité et la labellisation des productions agricoles. Ce sont les « terroirs », les « pays », et autres mentions d’étiquetage dans l’alimentation ou ailleurs.

Au delà de ces aspects agricoles, il est possible de s’intéresser à la paradoxale question des gestions des forêts en France, et plus précisément sur la « filière du bois » qui la concerne. Les deux principales régions concernées par une économie forestière sont d’abord l’Aquitaine et sa forêt des Landes (avec près de 44,9% de couverture forestière), puis la Franche Comté dont 43,7% du territoire régional est occupé par des forêts. Les autres régions de France ont un taux de boisement inférieur à 40% : entre 30 et 40% pour la Lorraine, l’Alsace, la Bourgogne, le Limousin, la région Rhône-Alpes, le Languedoc Roussillon, PACA et la Corse. Entre 20 et 30% pour IDF, la Champagne-Ardenne, la région Centre, l’Auvergne et Midi-Pyrénées. On notera que le NPDC et les Pays de la Loire ont un taux de boisement inférieur à 11.

(http://draaf.franche-comte.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Bo...)

En outre, cette filière du bois reste insatisfaisante et sous exploitée au regard du potentiel que semble fournir le territoire. Le stock forestier national serait d’environ 50 à 55 millions de m3 en 2006, stock qui risque d’augmenter en raison de la pollution atmosphérique, des excès en CO2 ainsi que du réchauffement climatique qui accélèrent la pousse des arbres.

Il convient également de mentionner l’importance que revêt à des degrés variés les Parcs Naturels Régionaux, aux nombres de 51 sur l’ensemble du territoire français, soit près de 15 % de la superficie totale du territoire français. A l’inverse des Parcs Naturels Nationaux qui sont soumis à des restrictions plus grandes en matière d’exploitation, de gestion et de protection, les PNR sont à la fois des territoires qu’il faut « ménager », mais également des territoires ouverts à un « management » dont les premiers bénéficiaires sont d’abord les urbains au sens « lussalien » (Michel Lussault) du terme, puis ensuite les habitants du PNR.

A ces îlots de fausse ruralité en lien avec la ville, on peut enfin mentionner le développement des aéroports régionaux ouverts aux compagnies aériennes low costs faisant des territoires ruraux concernés des territoires à vocation touristique et/ou résidentielle, des périphéries intégrées à « l’archipel européen des retraités aisés ».

Finalement, c’est à l’échelle locale, à l’échelle de la ville surtout, que les mutations des systèmes de production ruraux sont les plus faciles à saisir.

Comme évoqué plus haut, le fer de lance de ces mutations demeurent l’urbain et avec lui son nouvel habitat basé sur la ville urbaine. Quels liens avec les espaces ruraux et leurs systèmes de production ? Et bien, tout justement. La périurbanisation et l’étalement urbain ont fait émerger des « nouvelles ruralités », le « tiers espace » cher à l’Abbé Sieyès et à son « tiers état », mais repris dans les sciences humaines par Jean Viard ou Martin Vanier à la fin du XXe siècle, « cet espace mi-urbain, mi-rural, c’est à dire en somme ni vraiment urbain ni vraiment rural, qui s’est considérablement développé durant les trente ou quarante dernières années sous les vocables de périurbain, suburbain, rurbain, exurbain, contre-urbain, etc., et qui, contrairement aux espaces de croissance et d’étalement urbain des étapes précédentes, semble devoir conserver durablement des caractéristiques d’organisation spatiale qui ne le feront ni basculer du côté de la ville en bonne et due forme, ni se fondre dans la campagne éternelle et toujours renouvelée » (Vanier Martin, « Qu’est ce que le tiers espace ? Territorialités complexes et construction politique » dans Revue de géographie alpine, 2000, p. 105).

Quelles formes prennent ces espaces ruraux périmétropolitains ? Principalement, une forme de mitage, d’habitat atomisé, symptomatique de l’individualisme de l’urbain qui veut vivre en ville à la campagne. C’est un espace faussement isolé puisqu’y règne en monarque absolu la voiture. C’est un espace générateur d’un grand nombre de nouvelles dynamiques productives commerciales d’abord, et du tertiaire de façon générale. Ce sont des territoires schizophréniques par excellence pour reprendre les mots d’Armant Frémont (Conclusion générale de Jean Yves et Vanier Jean, Aménager la France, Armand Colin, p. 344), en ce qu’ils croisent des attentes individualistes, telles que nous venons de les décrire, et des ambitions solidaires, associatives, comme le suggèrent les nombreuses AMAP et autres laboratoires de production et de consommation agricole locale, où le citoyen est mis à l’honneur dans le processus général de mise en valeur de la terre, de sa transformation et de sa consommation.

Quoiqu’il en soit, ces espaces ruraux périurbains ou périmétropolitains sont les espaces ruraux les plus accessibles, en opposition à ces espaces en déshérence du fait des « effets tunnels » des Lignes à Grande Vitesse (LGV), des logiques d’intégration à l’Europe mégalopolitaine (en somme les territoires tournés vers Paris, les frontières de l’est ou les grandes métropoles) et à la mondialisation (idem + hinterland des Zones Industrialo-portuaires (ZIP)), espaces que l’on peut localiser par cette bande des « faibles densités » (ne parlons plus de la « diagonale du vide » s’il vous plait) s’échelonnant avec plus ou moins de régularité entre le pays de l’Adour et le Morvan, et dont le système de production survit uniquement grâce à la métropolisation et à la polarisation des villes régionales. Cette accessibilité matérielle en moyens de transport va de pair avec l’accessibilité en matière d’informations, via internet. Ce dernier étant de plus en plus un facteur d’implantation des entreprises et des populations.

Enfin, de plus en plus d’entreprises de Recherche et de Développement entendent se développer grâce aux aides de l’Etat dans les technopôles des périphéries urbaines, à l’instar de Sofia-Antipolis au nord ouest de Nice, d’Inovallée à l’est de Grenoble ou surtout du plateau de Saclay au sud ouest de Paris, véritable lieu de « phosphorescence », au sens Californien du terme, des meilleurs esprits diplômés non raflés par les autres pôles d’excellence européen ou américain.

Evidemment, cette nouvelle production parfaitement intégrée à l’économie actuelle a un coût financier qu’il faudrait étudier avec précision. De même, elle pose également la question de la vulnérabilité face aux dépenses énergétiques qu’elle induit, comme le suggère l’entreprise Google au sujet de son utilisation d’énergie http://www.google.com/green/bigpicture/ ). Même si la demande en énergie en France reste en deçà du géant américain, force est d’admettre que les espaces ruraux périmétropolitains ont tout pour devenir des lieux de concentration d’activités industrielles et énergétiques dont les effets sur l’environnement seront clairement à prendre en compte.

En conclusion à cette première partie, on peut suggérer encore une fois l’importance d’une lecture géographique aux problèmes conjoncturel et sociétal qui émaillent les systèmes productifs français et en particulier ici les systèmes productifs ruraux, qui sont bien loin de n’être que des systèmes productifs agricoles. Au regard des mutations en cours, et du contexte géopolitique qui secoue l’Europe depuis quelques années, il va de soi que l’ancrage des systèmes productifs ruraux sont scalaires tant l’impact urbain et européen sont déterminants dans les aménagements déjà observés.

Aristide / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Les commentaires sont fermés.