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09/08/2015

De l'inexistence "d'Ukrainiens séparatistes pro-russe"dans l'est de l'Ukraine.

 
De l'inexistence "d'Ukrainiens séparatistes pro-russe"dans l'est de l'Ukraine.
 
Un an et demie après le début du conflit entre l'Ukraine et la Russie, on ne peut que constater l'efficacité de l'entreprise de désinformation du Kremlin. Même si la version la plus grossière qui voudrait que la CIA ait orchestré un coup d'état nazi à Kiev en finançant le Secteur Droit afin d'organiser le génocide des Russophones du Donbass, ne convainc plus que quelques complotistes ; certains éléments de la narrative du Kremlin ont infecté la vision que les Occidentaux ont de la situation. Il semble désormais clair pour tout le monde qu'en dépit de l'intervention des "hommes polis" il existait quand même un désir chez les habitants de la Crimée d'être rattachés à Moscou. De même, bien que l'on ne croie plus aux fables de Moscou qui prétendent qu'aucun soldat russe n'est présent au Donbass, l'avis général en Occident est qu'il existe bel et bien dans l'est de l'Ukraine un mouvement de combattants autochtones séparatistes que Moscou s'est décidé à soutenir à la fin du printemps 2014 alors qu'elles se faisaient étriller par les "troupes loyalistes" fidèles à Kiev.

Pourtant, des déclarations et des témoignages faits par des personnalités de premier plan et certains des principaux acteurs du conflit russo-ukrainien, et que l'on peut difficilement accuser d'être à la solde des USA ou de l'EU, viennent infirmer ces derniers mensonges de la désinformation russe.

 *Le Secteur Droit n'était pas financé par Soros et la CIA, qui n'ont pas davantage fomenté la Révolution de Maïdan.

Lors d'une conférence donnée le 17 octobre 2014 devant les journalistes russes, le président du Belarus Alexandre Lukashenko, que l'on peut difficilement soupçonner d'être un fantoche des Occidentaux, faisait plusieurs révélations en contradiction totale avec la "narrative" du Kremlin : 
"Viktor Yanoukovitch et ses amis ont financé eux-mêmes le Secteur Droit, afin de contrer Yulia Timochenko semblerait-il. [...] C'est lui (Yanoukovitch) qui les a créé pour conserver le pouvoir, et ils l'ont plus tard éliminé. C'est ce qui s'est passé en Ukraine, c'est ce qu'ont vu mes yeux. J'avais averti Viktor Fedorovitch (Yanoukovitch) de ce qui pourrait se produire s'il faisait ça."


Pour Lukachenko s'est bien le système corrompu mis en place par Yanoukovitch et sa clique qui est à l'origine des événements de Maïdan :

"Un tel système d'extorsion, de pots-de-vin, de corruption était tout simplement intolérable."

 Intégralité de la conférence de presse d'Alexandre Loukachenko

Source

* Le rattachement de la Crimée à la Russie n'était pas voulu par ses habitants et il ne s'est pas déroulé conformément au droit.

C'est au cours d'un débat entre Igor "Strelkov" Girkin et le journaliste Nikolai Starikov sur la webtv Neuromir.tv, que l'ancien "ministre de la défense" de la "République Populaire de Donetsk" a dévoilé, contre toute attente, les coulisses de la "sécession" entre la Crimée et l'Ukraine :

 Starikov : « En Crimée toutes les conditions étaient réunies pour le rattachement à la Russie … »

 Strelkov : « Vous me faites rire ! Vous croyez que les Criméens en voulaient ? Mais les forces de sécurité, à part les Berkouts, étaient restées fidèles à Kiev ! J’étais sur les lieux depuis le 21 février, j’étais parmi les insurgés, il a fallu qu’on attrape les députés un à un, qu’on les force à entrer dans le parlement, qu’on les oblige à voter la déclaration d’indépendance."

 Starikov : « Et pourquoi ça ne s’est pas passé ainsi dans le Donbass ? »

Réponse méprisante de Strelkov : « A Simféropol, l’armée russe était là, le scénario ne pouvait pas échouer. Alors oui, si l’armée russe était arrivée avec ses tanks à Donetsk au printemps, bien sûr que le Donbass serait à nous, sans compter Nikolaïev, Kharkov et Odessa. »


Le passage en question commence à 45'40''
 
* Il n'existe pas dans l'Est de l'Ukraine de mouvement séparatiste pro-russe composé de combattants autochtones.

C'est Igor Girkin, encore lui, qui de son propre aveu est l'initiateur de la guerre au Donbass. Dans unе interview donnée au journal Zavtra, il explique que c'est lui et ses hommes qui ont "appuyé sur la détente de la guerre" :

"Si notre unité n'avait pas traversé la frontière, tout se serait terminé comme à Kharkiv ou à Odessa. Il y aurait eu des douzaines de tués et de brûlés et tout aurait été fini. C'est notre unité qui a donné son impulsion à cette guerre, qui dure encore aujourd'hui"

Strelkov prétend qu'au début de l'été 90% des troupes "séparatistes" étaient composées de locaux. Pourtant au mois de juin 2014, les chefs de guerre russes se plaignaient du manque de volonté des habitants du Donbass de se battre à leurs côtés. Ainsi le picaresque Cosaque Babaï, de son vrai nom Alexandre Mojaev, exhortait les Russophones à combattre en ces termes :

«Eh, les "soldats" de salon, réveillez-vous, vous devriez défendre vos propres maisons et vos familles ! Quittez vos divans et battez-vous enfin ! »

 [...]

La suite sur : cestpassecretcestdisret (elle traite entre autre des réseaux à l’œuvre dans le Donbass depuis une dizaine d'année).

Par ailleurs, il semblerait que Poutine ait reconnu en 2012 que le conflit avec la Géorgie avait été planifié par la Russie. Lire sur le site du Figaro ICI.

Note du C.N.C.: Les opinions exprimées dans cette note n'engage que leur auteur. Toutefois, il nous paraît important d'apporter des éléments dans une perspective de ré-information.

Commentaires

Je conseille à tous de lire ce blog dès son debut car il remet bien des pendules à l'heure.

Souvenez par exemple de l'affaire Visa/MasterCard, on allait voir ce qu'on allait voir!

Écrit par : tarkan | 11/08/2015

Historiquement, la Crimée n'est pas Ukrainienne et la population est à majorité Russe.
En 1991, lors du referendum sur l'indépendance de l'Ukraine, en Crimée seulement 1 habitant sur 2 souhaitait se détacher de Moscou. Dans le reste de l'Ukraine on était à plus de 90% en moyenne. Elle était même la seul région d'Ukraine à avoir le statut de République autonome.
Donc à mon avis, la Crimée est plus un boulet qu'autre chose pour les Ukrainiens qui veulent se détacher de la Russie.

Écrit par : Erwann | 15/08/2015

Erwann, la Crimée n'est pas russe, dixit un historien russe :

http://verslarevolution.hautetfort.com/archive/2014/10/06/la-crimee-est-elle-russe-5462901.html

Écrit par : Slava Ukraini | 16/08/2015

Au-delà de ça, le problème c'est de réactiver cette logique chauviniste du "c'est à moi". A ce compte là l'Alsace est allemande, la Savoie et Nice sont italiens, etc... etc... L'intangibilité actuelle des frontières devrait être un principe non négociable. Après on peut toujours discuter de la mise en place de processus progressifs d'indépendance pour des territoires en bonne intelligence. Je pense à l'Ecosse, à la Catalogne ou à la Flandre par exemple.

Écrit par : JB | 17/08/2015

La Crimée n'est pas plus russe que tatar. Légalement, elle est ukrainienne. La Russie s'est engagé en signant le mémorandum de Budapest à reconnaître les frontières de l'Ukraine (y compris la Crimée), en échange de quoi l'Ukraine s'est engagée à démanteler son arsenal nucléaire. L'Ukraine a respecté le traité, la Russie a trahi son engagement.
La France et le RU n'ont que très mollement réagit au regard de ce traité qu'ils ont signé eux aussi ; pour une fois, les moins à blâmer sont les E-U !

Écrit par : Thomas R | 18/08/2015

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