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15/08/2015

Chronique musicale : Régiment - On les aura !

Régiment "On les aura !"

(Antiq Records, 2015)

 régiment.jpg« La guerre est mère de toutes choses, reine de toutes choses, et elle fait apparaître les uns comme dieux, les autres comme hommes, et elle fait les uns libres et les autres esclaves. » (1) L’initiation olympienne qu’est la guerre a toujours fasciné les hommes. Il n’est donc pas surprenant que cette expérience métaphysique, si bien narrée par Ernst Jünger, soit un thème prisé par bon nombre de groupes de metal, de Marduk à Bolt Thrower en passant par Endstille. Régiment, jeune combo français, nous entraine avec son premier album dans cette boucherie que fut la Grande Guerre.

Régiment, sans être un groupe politisé, n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe très « Charlie ». Dans un monde de castrés, la guerre n’est pas vraiment en odeur de sainteté. Et quand cette joyeuse bande décide de se positionner du côté français, à grand renfort de bleu, blanc, rouge, et surtout en arborant sur sa pochette un portrait du Maréchal Pétain, la « metal sphère », rendez-vous d’eunuques faussement rebelles, s’en émeut grandement. L’effacement de notre mémoire est efficace. Faut-il rappeler que, avant d’être considéré comme un traître, le Maréchal fut avant tout le héros de Verdun ? Difficile d’esquiver la vérité quand on veut traiter de la Première Guerre mondiale en adoptant le point de vue français…

La musique de Régiment est à l’image du premier chapitre du grand suicide Européen : Violente et épique. Cet amalgame de death metal, de black metal et de heavy metal, navigant entre assauts rythmiques et mélodies, vise juste et ne manque pas sa cible. « Sauvagerie Prussienne » est un bel exemple de fureur, tout comme « La mort du nègre » est ses cavalcades endiablées allant jusqu’à rappeler le Iron Maiden de la grande époque ! Assurément l’un des morceaux les plus forts de ce premier opus ! Il faut dire que nous n’avons pas à faire à des amateurs. Les membres de Régiment font ou faisaient partie de formations expérimentées tel que Borgia, Grylle, Anus Mundi et Aorlhac. Les guitares sont acérées mais savent également faire preuve de subtilités à grand fort de leads typées heavy metal ; la batterie pilonne les lignes ennemies, soutenue par une basse en général discrète qui sort son nez de la tranchée lors des quelques accalmies qui ponctuent le disque. La voix death metal de l’ancien hurleur et tête pensante de Borgia, le dénommé Géraud de Verenhe, déclament avec brio ses textes. Le bonhomme est un passionné d’histoire et il se donne à 100%. Sa prestation, à l’instar de ses camarades, est impeccable.

Avec On les aura ! Régiment frappe fort et est bien décidé à prouver que dorénavant, il faudra compter avec eux. Même si l’album est bien trop court (même pas trente minutes) il recèle de qualités et d’un potentiel que le groupe devra cependant confirmer sur sa prochaine production. Ni trop brutal, ni trop mélodique, la musique de Régiment, de part ce juste milieu, constitue une bonne porte d’entrée à ceux qui souhaiteraient s’initier au metal extrême et ravira amateurs de déflagrations soniques.


Donatien/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source

 (1) Citation d’Héraclite

Commentaires

En lisant "Black/Death avec des touches Heavy", j'ai de suite pensé aux amerloques d'ARGHOSLENT, et après écoute, ca y ressemble fortement ! Ca va être dur de faire aussi bien mais merci pour la découverte, je vais écouter l'album.

Écrit par : Julien du Saulnois | 16/08/2015

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