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29/07/2015

Chronique de concert : Dream Theater – Arles, théâtre antique – 20/07/2015

Chronique de concert : Dream Theater

 

dream.jpgDream Theater en Arles ? Wtf ? Et oui, les Américains, meneurs incontestés de la scène métal progressive viennent fêter leurs 30 années de carrière au théâtre antique d'Arles. C'est tout près de chez moi, parfait, je n'attends pas plus longtemps avant d'acheter ma place. Bon, ça commence mal, 50 euros le billet, on le sent passer, mais après tout, c'est quand même pas le groupe de la MJC du coin, et le cadre vaut le détour; et puis ça fait bien longtemps que je n'ai pas été voir un concert.

D'ailleurs ce n'est pas la première fois que je vois DT, et je garde un excellent souvenir de leur tournée pour l'album Systematic chaos où je m'étais déplacé à Toulouse pour un concert inoubliable. Dream Theater, que l'on soit fan ou pas (et je n'en suis pas vraiment un), si on aime la musique, il faut pouvoir les voir au moins une fois pour apprécier un vrai gros groupe avec un vrai son et une vraie présence sur scène. Ça change vraiment des formations de seconde zone, qui peuvent être talentueuses parfois mais qui n'ont pas la possibilité d'offrir une qualité telle en terme de spectacle, de maîtrise et d'acoustique.

J'arrive un peu en avance, je trouve facilement une place pour me garer, tout semble parfait. Le parc du théâtre antique est déjà rempli par des centaines et des centaines de personnes, ça déborde jusque dans la rue, on se croirait à un spectacle de Dieudonné. D'ailleurs en parlant du public, il faut noter qu'il est ici très hétéroclite, moitié metaleux-geek, moitié « personne normale ». L'ambiance est familiale et saine, ce qui est un vrai bol d'air frais pour quelqu'un qui, comme moi, a fui le folklore métal depuis longtemps. Pas de types bourrés, pas de gothiques en latex, ou très peu, dilués dans la foule.

Voilà, c'est l'ouverture des portes, je m'incruste dans la queue l'air de rien pour rentrer assez vite. Il faut maintenant vous parler un peu du lieu. Le théâtre antique d'Arles et l'un des premiers théâtres romains bâtis sur notre sol, sous le règne d'Auguste, au premier siècle avant JC. Il est plus petit que les arènes qui sont situées pas très loin mais peut tout de même accueillir 10 à 12000 personnes. Sur la centaine de colonnes situées jadis derrière la scène, deux, qu'on appelle « les deux veuves » tiennent encore debout. C'est un lieu magnifique, mais il est très difficile de se représenter son apparence originelle. Avec la scène, les éclairages, et les musiciens, cela ressemble un peu à un décor de cinéma. Plusieurs fois au cours du concert je suis obligé de me forcer à réaliser que ces colonnes sont là depuis plus de 2000 ans.

Le premier groupe (Myrath) lance rapidement son set. Je ne les connais pas du tout. Leur musique est moderne, c'est pas mal foutu, mais pas vraiment mon style. Alors j'écoute sans écouter, et pendant ce temps le théâtre se remplit.

La seconde partie en revanche ne m'est pas inconnue puisqu'il s'agit des britanniques d'Anathema. Mais là encore, je me sens un peu largué car les derniers albums que j'ai écouté étaient Alternative 4 et Judgement, et c'était il y a bien longtemps. Je n'ai reconnu aucune chanson durant leur prestation. On vieillit, on change, et les groupes aussi. Leur musique est plus orientée rock, et les compos sont plus efficaces sur scène que les anciennes. Même si ce n'est pas vraiment mon style de musique, il faut admettre que c'est bien foutu et que le chanteur est vraiment très très doué. Il a vraiment une sacrée voix, expressive et très juste. Petit bémol tout de même pour la chanteuse qui les accompagne et qui a été fausse à plusieurs reprises, mais un ami qui les connaît bien pour avoir tourné avec eux me précise qu'elle chante d'habitude mieux que ça.

La nuit est tombée, les musiciens font leur apparition sur l'introduction de leur dernier album que je ne connais pas non plus, et puis surprise, ils embrayent sur un morceau de leur premier album. On comprend alors ce que James Labrie va nous confirmer par la suite, qu'ils joueront un morceau de chacun de leurs albums pour retracer leur longue carrière. La voix est encore un peu faible, mais je sais qu'il faut attendre quelques minutes pour que les techniques vocales et électroniques se règlent un peu. De toute façon, disons le, même si ce n'est que mon avis, la voix dans Dream Theater c'est un peu leur talon d'Achille.Très logiquement, le second morceau sera tiré du mythique Images and words, et il s'agira de « Metropolis part 1 », excellent morceau. L'ennui c'est qu'il est difficile de s'astreindre à n'écouter qu'un seul morceau par album. Le choix est forcément compliqué, certains titres trop longs sont exclus et c'est bien dommage. C'est donc à chaque titre que l'on voit aussi s'effondrer la possibilité d'écouter un morceau que l'on affectionne. Pas de « Pull me under » donc, ni de « Fatal tragedy », en revanche nous avons pu entendre l'excellente « Panic attack ». Je regrette le choix du morceau « Constant motion » qui est selon moins l'un des moins bons du très bon Systematic chaos; mais tout cela n'est qu'une question de goût. J'accepte aussi avec le sourire qu'ils n'aient pas choisi « A rite of passage », leur très ringard morceau qui traite de la très ringarde franc-maçonnerie.

En tout cas je ne me suis pas ennuyé, les morceaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas, sauf les passages purement progressifs, qui sont loin d'être mon dada et qui peuvent contenir des longueurs. Ce qui donne de la force à l'ensemble, c'est les changements de rythmes et les structure complexes des compositions. Le groupe alterne les passages mélodiques avec des breaks plus techniques, le tout avec une maîtrise toujours éblouissante. Petrucci est quand même très bon, mais surtout quand il joue lentement ! Quant à Mangini, il était selon moi le batteur rêvé pour remplacer Mike Portnoy, la section rythmique étant la vraie clé de voûte de Dream Theater.

Au final, j'ai passé un assez bon moment, mais j'ai trouvé ça bien trop court et le choix des morceaux ne m'a pas toujours convaincu. Je me dis que cela a certainement convenu à d'autres fans et il y a des albums que je connais assez peu (Six degrees et Train of thought). Le son résonnait un peu trop dans la fosse, mais je pense qu'il devait être meilleur sur les gradins. J'avais gardé un bien meilleur souvenir du son lors de leur concert vers Toulouse en 2007 où l'on pouvait apprécier la qualité extraordinaire des effets de guitare.

En espérant les revoir pour une prestation sans première partie, donc plus longue, et pour apprécier les meilleurs titres datant qu'il y a 10 ou 20 ans, il reste encore les DVDs.

Frank / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.


Commentaires

J'y étais aussi, mais fan de DT pour la partie Prog pour ma part :)
Au moins le groupe ravi différents type de spectateurs, c'est un avantage! Quelques photos de la soirée sur mon blog, je n'ai pas autant l'écriture facile sur les concerts ;)
http://www.divingeek.com/concert-de-dream-theater-au-theatre-antique-darles-20072015/

Écrit par : Luc Prik | 29/07/2015

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