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23/07/2015

Chronique d'album : Drudkh "A Furrow Cut Short"

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Drudkh "A Furrow Cut Short"

(Season of Mist, 2015)

 

A l’heure où l’unité nationale de l’Ukraine est en grand danger et son identité remise en question, sa scène black metal est plus que jamais une réponse claire et vindicative à ceux qui lui dénient le droit à être, et à demeurer, une nation à part entière. L’histoire, pour le moins tourmentée, de ce pays, a sans doute un rôle à jouer dans le fait que pas mal de groupes exaltent un patriotisme, voire un nationalisme assumé. Au côté des pointures que sont Nokturnal Mortum ou Hate Forest, Drudkh (« bois » en sanskrit) représente le haut du panier d’une scène à l’identité forte.

Formé en 2002 et comptant en son sein des membres de Hate Forest et Astrofaes, Drudkh s’est forgé un style et une personnalité. A Furrow Cut Short, son dixième album à ce jour, est une ode à sa patrie charnelle. Le groupe reprend d’ailleurs des écrits de poètes et écrivains nationaux tel Lesych, Franko et Tchevchenko, comme pour mieux affirmer, face à l’ours Russe et à l’aigle Américain, que l’Ukraine est bien plus qu’un enjeu géopolitique ou une nation artificielle…

C’est donc un album « coup de poing » que nous livre Drudkh. En effet le côté atmosphérique est moins prégnant que d’habitude ; ici les instruments folkloriques ont disparu, les synthétiseurs se font plus discrets qu’à l’accoutumée. Néanmoins on reconnaît aisément la patte du combo Ukrainien et ce, grâce à ces riffs de guitares reconnaissables entre mille. 100% black metal dans leur exécution mais toujours mélodiques, ils évoquent tour à tour grandeur épique, élans guerriers ou nostalgie. La voix est agressive et remplie de fureur, peut-être plus que par le passé. Le groupe sait varier son propos en alternant blastbeats, rythmes endiablés et partis plus mid-tempo, laissant les morceaux respirer. Ces accalmies sont bienvenues, car l’album est plutôt compact et dure près d’une heure. C’est un voyage en terre slave qui demande également, du fait de son intensité, un minimum de concentration pour apprécier la subtilité des arrangements, un domaine dans lequel Drudkh est passé maître.

Bien que A Furrow Cut Short ne soit sans doute pas aussi excellent que les pierres angulaires de sa discographie que sont Forgotten Legends et Automn Aurora, il demeure un très bon album. On pourrait reprocher à Drudkh un manque de prise de risque ou bien l’effacement du côté ambiant de sa musique. Cependant la qualité est bien là, le groupe n’ayant pas pour habitude de faire dans la médiocrité. Ce dixième opus, probablement marqué par les événements de l’Histoire, passés et présents, conjugue avec maestria hargne, beauté et affirmation de soi.


Disponible chez Season of Mist

Donatien /C.N.C.

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