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06/07/2015

Chronique d'album: Shining "IX – Everyone, Everything, Everywhere, ends"

Shining, IX – Everyone, Everything, Everywhere, ends

(Season of Mist, 2015)

coverEEEE.jpgCertains disent que le black metal n’est plus. Saturation de groupes inutiles, poseurs et maisons de disques auraient contribué à sa perte. Ce style bien particulier fait, à la base, par des parias pour des parias, a perdu de sa dangerosité en tombant dans un conformisme mortifère. Le feu, autrefois embrasé au nord de l’Europe au début des années 90’s, s’est éteint de lui-même ; les braises encore chaudes demeurant dans le cœur de quelques puristes…

Puis vint Shining. Le groupe de Niklas Kvarforth, d’abord cantonné à un projet studio, s’attaque au live. A l’instar de leurs compatriotes de Watain, leurs concerts se veulent extrêmes et dangereux. Bagarres, automutilation, distribution de lames de rasoir au public, Shining se taille une réputation au fil de ses frasques et de ses albums. La musique, justement, est loin d’être son point faible. Au départ très inspiré par Burzum, Shining évolue avec le temps et s’affirme. S’émancipant des poncifs et autres codes du genre, il délivre, avec son cinquième album, V - Halmstad (Niklas angående Niklas), un diamant noir chimiquement pur, où blues, folk, et black metal ne font qu’un. Les opus suivants, loin d’être mauvais, n’arrivent pas toujours à convaincre, le groupe ayant tendance à se reposer sur ses lauriers.

IX – Everyone, Everything, Everywhere, ends est placé sous le signe de l’introspection. Guitares acoustiques et ambiances intimistes sont au programme. C’est après une intro au relent heavy metal, que Shining nous assène une bonne mandale avec le titre « Vilja & dröm ». Un morceau bien rythmé, typique du groupe et taillé à la perfection pour le live. Mais la pression tombe d’un coup avec « Framtidsutsikter » dont la noirceur rappelle les heures de gloire du groupe sur l’album V – Halmstad. Le titre suivant renoue brièvement avec la violence, avant que Shining raccroche les gants de boxe définitivement. Traversés par quelques passages virulents, ces derniers enferment l’auditeur dans une torpeur certaine… Malgré la qualité de la prestation des musiciens (Rainer Tuomikanto, le nouveau batteur, assure comme un chef) et une production limpide rien n’y fait : l’album, même après plusieurs écoutes, ne décolle jamais.

Le constat est plutôt amer à l’écoute de cet album. La direction prise par le groupe sur cet opus n’est pas une mauvaise idée, mais la présence de morceaux plats et le manque de rythme rend le tout soporifique. Trop de valium et pas assez de testostérone, voilà qui résume bien ce IX – Everyone, Everything, Everywhere, ends.

Disponible chez Season of Mist

Donatien/CNC

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