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17/06/2015

Chronique musicale: Paradise Lost "The Plague Within"

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Paradise Lost, The Plague Within

(Century Media, 2015)

La sortie d’un album de Paradise Lost est à la fois source de bonheur et d’angoisse. Du bonheur d’abord, car le groupe est à l’origine de plusieurs chefs d’œuvre et n’a jamais sombré dans le mauvais goût. De l’angoisse parce qu’il n’est pas toujours facile de se renouveler au bout d’une carrière de presque trente ans…

C’est à la fin des années 80’s que le groupe d’Halifax voit le jour. D’abord officialisant dans le Death metal tendance Doom, Paradise Lost s’est ensuite distingué par un metal « gothique » racé dont l’album Draconian Times reste la référence absolue en la matière. Le tournant pris par le groupe peu après sera la cause d’un véritable psychodrame pour les fans. En effet, Paradise Lost délaisse, au fil des albums suivants, le metal pour un style presque new wave rappelant Depeche Mode et The Sisters of Mercy. Cependant les britanniques reviendront à leur style de prédilection quelques années plus tard avec une poignée d’album à la fois salués par la critique et les fans.

En parallèle, Gregor Mackintosh, guitariste lead et compositeur principal du groupe, décide de revenir à ses amours de jeunesse. Aidé par quelques copains, il créé Vallenfyre, projet à mi-chemin entre le Deathmetal, le Crust et le Doom. Nick Holmes, quant à lui, surprend son petit monde en devenant le nouveau chanteur du « all star band » Bloodbath. The Plague Within marque un retour en force des influences les plus radicales du combo. Les « growls » sont effectivement de mise sur presque tous les morceaux mais ce n’est pas une surprise : les chansons « No hope in sight » et « Beneathbrokenearth », dévoilées quelques temps avant la sortie officielle, laissaient présager de leur présence.  Néanmoins, ils ne représentent pas à eux seuls la caution «extrême » du disque. Paradise Lost se lâche complètement sur le très black metal « Flesh from bones », leur morceau le plus rapide jusqu’à présent, ou encore sur « Cry out », titre presque « death n’ roll ».  « Beneath broken earth » bat des records de lourdeur, tempo pachydermique et mélancolie se conjuguent parfaitement pour ce titre exceptionnel qui deviendra sans doute un futur classique. Le reste de l’album est beaucoup plus conventionnel, quand bien même le propos est plus virulent que d’habitude. Outre la présence de cordes, de chœurs et même d’une chanteuse sur « An eternity of lies », les Anglais restent fidèles à eux-mêmes, jouissant comme à l’accoutumée d’une production puissante et claire. Nick Holmes tient le haut de l’affiche de par sa prestation vocale, passant d’un registre à un autre en un clin d’œil. Sa voix « death » ne sera peut-être pas du goût de tout le monde. Ne vous attendez pas à des « growls » abyssaux à la Mikael Akerfledt (Opeth, ex Bloodbath), le style de Holmes étant plus « râpeux » voir aigrelet. Pour autant ses « vocalises » s’accordent bien mieux à la musique et au style de Paradise Lost qu’à celui de Bloodbath.


Album en demi-teinte de par son manque d’homogénéité et par des morceaux à l’impact inégal, The Plague Within, pourtant loin d’être mauvais, déçoit autant sur la forme que sur le fond. L’idée de revenir à une musique plus orientée extrême n’est pas mauvaise en soit. Mais à l’écoute de ce quatorzième album on se demande quand même si ce choix artistique, quasi cosmétique, n’est pas là pour camoufler un léger manque d’inspiration. Surtout que certains titres font limite office de bouche trou, ou alors ne tiennent tout simplement pas la route face à d’autres beaucoup plus forts. D’où la frustration suscitée par cette cuvée 2015 qui contient malgré tout son lot de pépites ! Mais quelques pépites ne suffiront pas à convaincre le fan le plus exigent du combo britannique.

Donatien/CNC

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