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10/06/2015

Commentaires non-conformes sur le débat entre M. Onfray et E. Zemmour : quand le buzz nuit à la confrontation

Commentaires non-conformes sur le débat entre M. Onfray et E. Zemmour : quand le buzz nuit à la confrontation

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Vendredi 5 juin à Nice, Le Point a cru marquer le coup en organisant un débat basé sur la possibilité ou non de débattre en France, autour de deux intervenants marquants et polémiques : Michel Onfray et Eric Zemmour. Le débat était animé par Franz-Olivier Giesbert.

Si l'affiche semblait alléchante, le bilan du débat est plus que mitigé. D'une part parce que l'échange entre Onfray et Zemmour fut assez court (une heure environ) mais d'autre part parce qu'il fut pollué par le cabotinage inutile de Giesbert, qui s'est cru autorisé à nous faire un numéro de clown un tantinet grotesque, et surtout par le comportement du public. Ce public, constitué principalement de seniors, s'est plus comporté comme une foule de supporters que comme une assemblée de spectateurs écoutant et laissant parler les intervenants ; sifflant, huant ou applaudissant comme au spectacle. A tel point que Giesbert et surtout Onfray ont été obligés de faire la leçon à ce public... Onfray rappelant même qu'avant de donner son avis sur tout et n'importe quoi, il était nécessaire de lire à la source. On voit là les limites du débat et de la pensée en public où les gens viennent pour la foire à l'égo et au service de leur narcissisme. A l'image de l'involution pathétique des commentaires sur Internet. Ensuite, on aurait pu se passer du trop long passage au début portant sur la Une du « Point » consacré aux Arabes.

S'agissant de l'islam et des arabes, on peut même penser que cette partie du débat qui a donné le plus de spectacle inutile mais surtout qu'elle était convenue car c'est le thème qui crée le plus de crispations. Si Giesbert a défendu la Une en expliquant que le dossier est plus nuancé, ce qui est fréquent dans la presse grand public, Zemmour quant à lui est resté fidèle à sa ligne notamment quant à la lecture littéraliste de l'islam sur laquelle repose l'Etat islamique. Onfray pour sa part a tenu à faire – fidèle en cela à son rôle de philosophe – preuve de mesure et de nuance (comportement qui peut également s'expliquer en ces temps de lynchage dont il est lui-même victime). Ce moment du débat, un peu trop long à mon goût, démontre surtout qu'il est difficile de débattre de sujets qui tiennent désormais de la crispation et de l'invective, voire de la monomanie, et non de l'analyse poussée et réfléchie... Au final un débat assez politiquement correct, bien loin des prétentions « non-conformes » qui ont fait la fierté de FOG dans cette première partie.

C'est en fait avec l'Europe et Mai 68 que l'on a pu assister enfin à des échanges nettement plus intéressants entre Onfray et Zemmour, les sujets étant moins glissants. Sans oublier ce grand moment où Onfray s'est permis d'expliquer à Giesbert que non Proudhon n'était pas un libéral (avec de belles charges contre les « commerciaux » qui dirigent les maisons d'édition). Le philosophe a également rappelé que d'après lui l'Etat ne peut être totalement un adversaire quand il permet une société plus libertaire (autour du texte de Proudhon « Théorie de la propriété »)... et à nous engager à nous positionner selon la tradition philosophique française, plutôt que sur la tradition allemande moins nuancée.

Échanges intéressants entre le girondin Onfray et le bonapartiste Zemmour, qui se rejoignent pour dénoncer l'Union européenne qui est l'ennemie de notre Europe. Sur le passage du débat portant sur ce sujet nous donnons raison à Zemmour quand il affirme d'une part que le projet européen est au départ le vieux rêve démocrate-chrétien de la restauration impériale européenne (autour d'un Bonaparte et ou d'un Charles Quint) à laquelle s'opposait l'Europe des Nations de De Gaulle mais surtout, d'autre part que ces modèles sont morts et que désormais on a une non-Europe qui se fait l'agent du libéralisme. De quoi conforter nos projets alter-européens.

Divergences quant à Mai 68, où Onfray défend certaines évolutions issues de ce « mouvement », alors que Zemmour, fidèle à la ligne restauratrice qu'il développe dans « Le suicide français » y voit la base de tous nos maux. Au sujet de Mai 68, il aurait été heureux que le débat durât plus longtemps pour y voir ou non la fameuse influence des campus américains dont parle Zemmour en particulier la French Theory. Si l'on doit faire la synthèse de ce passage, à mon sens le plus intéressant du débat, je dirais que je partage en grande partie des analyses d'Onfray (j'y reviendrai plus tard dans une chronique consacrée à Mai 68 et surtout à l'après Mai 68) mais avec quelques heureuses corrections apportées par Zemmour. En gros, la partie étudiante et bolchevique de Mai 68 est bel et bien une accélération de la modernité en France (ce qui explique pourquoi beaucoup d'acteurs de Mai 68 sont devenus les représentants du système libéral actuel et de la superclasse mondiale) mais il existe pendant Mai 68 et après des éléments de critique du système techniciste et productiviste, une volonté de revenir aux communautés, de mettre en place l'autogestion, etc. ; préfiguration des thèmes que nous défendons à l'heure actuelle. Thèmes qui sont même pour nous prioritaires.

Au final un débat sans véritables solutions. S'il faut en retirer in fine un élément essentiel c'est la conclusion toute stoïcienne de Michel Onfray qui est une incitation à ne pas baisser les bras mais à agir pour une vie plus digne déjà pour soi : « Cette civilisation est morte; il reste à peu près ce qu’Épicure faisait à l'époque où il ouvre son jardin, c'est-à-dire de dire le bateau coule mais il reste la possibilité d'être dans un salut personnel, c'est-à-dire d'être droit, d'être debout et de dire le nihilisme ne passera pas par moi. »

Arnaud / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.


EXCLUSIF. Onfray-Zemmour : le débat inédit ! par LePoint

Commentaires

Giesbert dans un numéro de clown ? ... il en a déjà la coiffure ! amusant de voir des personnages vieillissants adopter des coiffures de savants fous , de falabracs à la BHL .

Écrit par : EQUALIZER | 10/06/2015

Commentaires non conformes ? Ce texte aurait pu être écrit par un journaliste du Monde...

Onfray est inepte sur les questions identitaires et raisonne comme un gauchiste

Écrit par : Antonin | 10/06/2015

Nos contributeurs bénévoles et militants s'excusent de ne pas produire un contenu suffisamment non-conforme pour vous et sauront remédier à cela à l'avenir.

Écrit par : JB | 10/06/2015

Oui. Onfray prétend être un nietzschéen de gauche (sic). S'il faut lire son remarquable (et plutôt inattendu) "Recours aux forêts", cette affirmation complètement stupide suffit à en faire un... "moderne". Un philosophe jetable en somme. Quant à Zemmour... inutile d'évoquer son pedigree.

Bref, nous (les nationalistes paneuropéens) n'avons pas besoin de ces "personnalités" dans l'air du temps pour mener notre combat.

Écrit par : Aryosophe | 11/06/2015

Débat qui aurait pu valoir le coup sans l'insupportable FOG.

Cela dit, je rejoins totalement Aryosophe et son dernier paragraphe...

Écrit par : travailleur pauvre | 11/06/2015

Zemmour n'est pas parfait et n'est surement pas aussi brillant que le pensent ses admirateurs, mais il a eu l'énorme mérite d'introduire dans le débat public des sujets comme la féminisation de la société, le protectionnisme éco et surtout la submersion migratoire et la nécessité d'une remigration

Écrit par : Antonin | 15/06/2015

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