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06/06/2015

7 films à voir ou à revoir sur la Sexualité

Quelle est la place de la sexualité dans notre société contemporaine ? S'est-elle débridée ? Questions plus compliquées qu'il n'y paraît entre une frange fanatiquement persuadée de la nécessité du retour à l'ordre moral et les thuriféraires d'une démocratisation de toutes les sexualités. Bien évidemment, les milieux artistiques appartiennent quasi-exclusivement à la seconde catégorie. Et le cinéma n'est bien sûr pas en reste, tant le sexe à l'écran apparaît bankable. Aussi, le cinéma ne s'est-il pas privé de dénuder une multitude d'actrices en explorant le large éventail des sexualités permises, allant toujours crescendo dans la démonstration explicite à l'aide de scènes pornographiques au sein de films non classés X. Ne soyons ni prudes ni naïvement prohibitifs, cela n'en fait pas obligatoirement de mauvais films. Et il n'y a guère que les farouches partisans du "C'était mieux avant" pour penser que certaines pratiques ou déviances, c'est selon, ne sont que la conséquence de nos sociétés contemporaines décadentes. On se posera en revanche légitimement la question de la classification de certains de ces films qui autorise la vision à un public mineur.

 

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ANTARES

Film autrichien de Götz Spielmann (2004)

Un bloc d'immeubles blafard d'une lugubre cité autrichienne dans lequel les existences se croisent sans jamais lier connaissance. Parmi ces ombres, trois femmes. Un travail d'infirmière, un mari et un enfant, Eva mène une existence aussi paisible que finalement morne. Elle croise la route de Tomasz, une ancienne connaissance, avec lequel elle partage plusieurs nuits torrides. A son départ, Tomasz emporte comme trophée quelques clichés compromettants. Sonja est d'une jalousie maladive à l'encontre de son mari yougoslave Marco. Jalousie légitime car Marco s'avère effectivement volage avec une certaine Nicole. Naïvement, Sonja pense qu'une grossesse pourrait tout arranger au sein de son couple vacillant. Quant à Nicole, elle vient justement de divorcer d'Alex. La rupture n'est pas sans heurts et à l'ignorance, succèdent bientôt le harcèlement et la violence...

"L'enfer, c'est les autres", écrivait Sartre... Antarès, étoile double du Scorpion, contraste avec la routinière et médiocre existence de ces destins pour lesquels l'alter-sexualité constitue une échappatoire. Une échappatoire guère hédoniste qui fait plonger un peu plus chacun dans l'avilissement et la dépression. Un film-puzzle épuré qui prend forme petit à petit malgré ses répétitions. Si la réalisation peut apparaître minimaliste, l'ensemble prend finalement corps, puissamment servi par des actrices convaincantes dans leur fragilité. Un film cru dans lequel les scènes de sexe n'ont rien de sensuelles.

 

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CHRONIQUES SEXUELLES D'UNE FAMILLE D'AUJOURD'HUI

Film français de Pascal Arnold et Jean-Marc Barr (2012)

En se filmant avec son téléphone mobile tandis qu'il se masturbe en classe de biologie, Romain fait voler en éclats la tranquille existence de toute la famille dont il est le fils cadet. Romain risque l'exclusion et oblige sa mère à se couvrir de honte lorsqu'elle est bientôt convoquée par le directeur de l'établissement. Pour toute explication, Romain exprime un simple défi que se lancent garçons et filles. C'est juste pour rire et son seul tort est de s'être fait surprendre. Les parents réalisent brutalement ne rien connaître de la vie sexuelle de leurs enfants. Du statut de sujet tabou, le sexe devient le centre d'intérêt majeur du foyer, de Romain au grand-père, en passant par le reste de la fratrie et les parents...

Curieux film que l'on peut assimiler à... une comédie familiale pornographique. Aussi, les scènes de sexe non simulées enjoignent-elles au cinéphile peu friand de provocation de se tenir éloigné de cette œuvre. Et pourtant, a-t-on mieux évoqué au cinéma le champ des possibles sexuels à travers les générations ? Entre l'onanisme pratiqué par le cadet, le triolisme de l'aîné et les ébats de la sœur avec son petit ami priapique, on aspire à ne jamais être confronté à l'adolescence de sa tendre et forcément innocente progéniture. Si en plus papy confesse s'abandonner dans les doux bras d'une prostituée, il n'y a plus, pour Madame, qu'à révéler ses récurrentes infidélités à son mari d'ailleurs attiré par d'autres hommes. Bref, mieux vaut ne pas être trop fleur bleue pour regarder ce film qui mérite néanmoins très largement le coup d'œil. En revanche, on se demande comment le film n'a pu être interdit qu'aux moins de 16 ans. A moins qu'il s'agisse pour l'industrie cinématographique de légitimer voire encourager ces pratiques.

 

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MARIEKE

Titre original : Marieke, Marieke

Film belge de Sophie Schoukens (2010)

Marieke a la beauté de ses vingt ans et vit seule avec sa mère, qui semble avoir renoncé à tout bonheur depuis le décès de son mari. Le jour, Marieke travaille dans une chocolaterie. La nuit, elle s'abandonne dans les bras d'hommes âgés, auprès desquels elle se sent libre et suffisamment forte pour affronter son passé meurtri par la disparition du père et devenir ce qu'elle est. Un éditeur résidant à l'étranger souhaite être acquéreur du dernier manuscrit du père de la jeune femme. Cette intrusion brise sa fragile existence. Sa mère fait tout pour maintenir éloignée Marieke de Jacoby dont la jeune adulte ne tarde pas à tomber amoureuse. Jacoby est détenteur d'un lourd secret au sujet du père qui pourrait bouleverser encore plus l'équilibre de la jeune femme...

Troublant portrait d'une jeune femme de 20 ans en rupture relationnelle avec sa mère et qui ne vit sa sexualité que dans la recherche de la figure paternelle. Au point de photographier chaque fragment du corps de ses amants ridés en vue de reconstituer l'homme idéal. Rien de glauque pourtant dans cette œuvre éloignée de toute déviance scabreuse et gérontophile. Au contraire, la réalisation est tendre et pleine de pudeur. Hande Kodja est extraordinaire de fragilité, autant qu'est désespérée la chanson de Jacques Brel, à laquelle le clin d'œil offert par le titre du film est évident. Schoukens livre ici un fort réussi premier long-métrage. Quelques longueurs cependant.

 

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SEXE FOU

Titre original : Sessomatto

Film italien de Dino Risi (1973)

Une maitresse de maison multiplie les situations équivoques pour exciter la libido de son majordome. Deux époux de pauvre condition ne cessent de se disputer en se soupçonnant mutuellement d'adultère avant de se réconcilier bruyamment chaque soir. Un jeune cadre, marié à une femme splendide, s'efforce de séduire une septuagénaire. Un jeune couple en voyage de noces est incapable de consommer l'union car monsieur ne peut pratiquer que dans les transports publics. Un donneur de sperme est particulièrement prolifique. Une veuve venge son mari en épuisant sexuellement l'assassin de son époux jusqu'à ce que mort s'ensuive. Un paysan benêt s'entiche d'une femme qui s'avère être son frère transsexuel. L'épouse d'un riche industriel séduit l'invité de ce dernier sans qu'il ne se rende compte de rien...

Huit sketchs dans la verve du cinéma de Risi autocentrés sur le burlesque, l'érotisme et les sexualités débridées. Si les sketchs sont bien évidemment inégaux, l'ensemble se révèle satisfaisant. Et c'est toute l'atmosphère polissonne d'un certain cinéma italien des années 70 qui transpire dans l'ensemble des sketchs que traverse l'acteur Giancarlo Giannini. Risi est inégalable lorsqu'il s'agit de se moquer des mœurs et perversités de ses contemporains sans distinction de classes sociales. Sexe fou est finalement plus drôle que torride et mérite d'être regardé.

 

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SHAME

Film anglais de Steve McQueen (2011)

Brandon est un séduisant trentenaire vivant à New York. Travaillant beaucoup, voire trop, Brandon gagne bien sa vie et peut s'offrir un luxueux appartement en plein Manhattan. Mais Brandon, à qui tout devrait réussir, est absolument hermétique à toute forme de vie de couple. L'addiction au sexe le consume. Il cumule les relations sans lendemain, pratique la masturbation avec frénésie et se gave de films pornographiques. Lorsque sa sœur Sissy, excentrique chanteuse de jazz un peu paumée, débarque sans crier gare et s'installe bientôt dans son appartement, Brandon parvient de moins en moins à contrôler ses vices. Surpris par sa sœur en train de se masturber, la honte l'envahit et Brandon prend conscience de sa pathologie addictive. Une addiction dont on ne se débarrasse guère si facilement...

De toutes les addictions, celles liées à la frénésie sexuelle furent longtemps parmi les moins prises au sérieux. Une certaine pathologie bourgeoise en réalité. Peut-être parce que cette addiction est plus facile à assouvir lorsque que l'on est riche et bien portant plutôt que fauché et mal foutu comme le dirait le camarade Max Pécas. McQueen parvient avec un scénario brillant, puissamment servi par Michael Fassbinder, à mettre le doigt sur la braguette de ce type de pathologies. Autant décadent que mélancolique, on ne se souvient pas d'un film sur la sexualité qui mette autant mal à l'aise et retient prisonnier le spectateur en tant que voyeur. Il y a, en outre, du Kubrick dans la lumière et la scénographie.

 

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SHORTBUS

Film américain de John Cameron Mitchell (2006)

New York de nos jours. Le Shortbus est un club underground libertin dans lequel une foule bigarrée et interlope se livre à toutes les formes de sexualité. Bien que sexologue de profession, Sofia n'a jamais connu l'orgasme. Aussi est-elle devenue une experte ès-simulation auprès de son mari Rob. Sofia croise Severin, une maîtresse dominatrice qui n'éprouve du plaisir que dans les relations extrêmes. Severin entreprend d'aider Sofia à approcher le nirvana sexuel. Elle ouvre bientôt les portes du Shortbus et fait la connaissance d'étranges êtres autant à la recherche de leur plaisir que de l'assouvissement de leurs perversions sexuelles...

Ils sont jeunes, beaux et new yorkais mais ne ressemblent pas du tout aux sages héros de la série Friends. Et le moins que l'on puisse dire est que le réalisateur n'y va pas par quatre chemins pour camper la différence entre la série puritaine et ce film indépendant. Aussi, assure-t-il que l'ensemble des scènes de sexe ne sont pas simulées dans une volonté de démystification des sexualités. Pourtant, loin d'être un film uniquement provocateur, Shortbus s'avère finalement subtilement réalisé, voire émouvant avec des personnages paradoxalement attachants dans leurs frustrations et leur mal-être. A savoir ! De nombreuses scènes sont réservées à un public très averti, notamment les scènes de sexe à plusieurs ; et c'est un euphémisme... Là encore, seulement interdit aux moins de 16 ans...

 

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UNE POULE, UN TRAIN ET QUELQUES MONSTRES

Titre original : Vede nudo

Film italien de Dino Risi (1969)

Un blessé sur la route qui est recueilli par une star qu'elle dépose à l'hôpital. La jeune femme est si affriolante que le corps médical en oublie de prodiguer les soins au blessé. Un paysan qui est jugé pour zoophilie envers une poule qui le draguait, jure-t-il. Un jeune homme timide refoule son homosexualité en entretenant une relation épistolaire avec un homosexuel qu'il pense être une femme. Un culturiste myope qui épie sa voisine qu'il imagine se changer à sa fenêtre chaque jour. Un brave plombier qui est pris pour un satyre par une jeune vierge s'offrant à lui. Un conducteur de locomotives qui trompe son épouse avec le train Paris-Rome. Un directeur d'une agence publicitaire spécialisée dans les campagnes sexy dont l'œil voit nues toutes les femmes qu'il croise...

Encore un film à sketchs de Risi. Toujours le même burlesque et la même irrévérence tout au long de ces sept épisodes pour divertir le spectateur des déviances sexuelles petites-bourgeoises de la génération soixante-huitarde italienne. C'est au tour cette fois-ci de Nino Manfredi d'interpréter chacun des sept rôles avec talent. Les quatrième et septième sketchs sont de véritables petits bijoux de drôlerie sensuelle et bien qu'ils n'évitent pas un ensemble inégal, le tout se laisse agréablement regarder et ne tombe jamais dans le graveleux. Définitivement, Risi s'impose comme le maître de ce type de cinéma.

Virgile / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source

Commentaires

CHRONIQUES SEXUELLES D'UNE FAMILLE D'AUJOURD'HUI

Pour vous faire une opinion ,le film entier
https://www.youtube.com/watch?v=n62rssXLO2g

Écrit par : alain21 | 08/06/2015

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