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07/05/2015

Ayons une position de bon sens sur l’affaire Le Pen !

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Les médias se délectent avidement des affaires de la famille Le Pen, assistant avec régal au déchirement entre trois générations. Même si je me sens très peu touché par tout cela, je considère qu’il faut distinguer le côté familial du côté politique pour mieux appréhender voire se positionner sur cette question qui déchaîne déjà les passions dans la mouvance, de Robert Ménard à Jérôme Bourbon, les uns et les autres vouant soit Jean-Marie soit Marine aux gémonies, parfois de manière très extrême. De positions de bon sens, il est rarement question car, selon moi, cette brouille est plus complexe qu’il n’y paraît. Jean-Marie Le Pen est le fondateur d’un parti qui est strictement indissociable de sa personne, de son nom. Personne ne peut le nier sans être malhonnête. Le vieux gaulois est un personnage entier, « de l’ancienne génération » comme il le dit lui-même. C’est le pater familias qui n’a jamais vraiment accepté de ne plus être aux commandes du FN. Mon grand-père était de cette trempe d’hommes solides qui vivent et considèrent les épreuves de la vie selon des valeurs immuables, celles de l’honneur et du respect dû par les plus jeunes notamment. Jean-Marie Le Pen l’a clairement évoqué en ces termes : « N'est-ce pas aux plus jeunes de tendre la main aux plus âgés? ». D’un point de vue familial et personnel, on ne peut le blâmer. Il est quand même normal de se sentir au plus mal quand on se sent trahi par ses descendants qui se sont, de plus, accoquinés avec des personnes qu’on exècre (des conseillers de sa fille à son concubin !). Mettez-vous dans cette situation et osez dire le contraire. Homme de combat, le vieux lion entend mener une guerre sans merci à ceux qui ont nié son rôle d’ancêtre qui voit dans la figure paternelle le fondement de la famille et du parti qu’il a créé. « Il y a des gens que le combat finit par fatiguer. Je ne suis pas de cette race. Je ne suis ni lâche, ni résigné. » déclare-t-il encore. Jean-Marie Le Pen est un personnage d’un autre temps, encore mû par des valeurs qui paraissent de plus en plus désuètes dans notre époque. Il résiste coûte que coûte, ose dire ce qu’il pense, utilise sa grande culture ou ses traits d’esprit pour bretter avec quiconque pensera prendre le dessus sur lui. Il fait sentir à tous que les opinions ne se valent pas et que la sienne est au-dessus. Il apparaît comme le dernier homme politique de cette trempe et c’est pour cela qu’il nous est, en général, si sympathique.

Oui, mais… Politiquement, ses dernières sorties (qui ne me choquent absolument pas soit-dit en passant) ont été désastreuses pour lui-même et son parti. Il devrait le savoir, sa carrière n’a été émaillée que de scandales créés par les médias autour de ses « dérapages » (mot doucereux masquant simplement la perte de liberté d’expression qui sévit depuis si longtemps dans notre pays). Ne veut-il pas comprendre que les règles du jeu politique ont changé et sont de plus en plus perverses ? Jean-Marie Le Pen le sait certainement très bien mais s’est enfermé par fierté, par caractère et par rancœur dans le rôle du pépé qui rabâche à table toujours les mêmes histoires. Pépé a pourtant raison mais il faudrait franchement qu’il la ferme avec son Algérie française à chaque repas de famille ! On a compris. Quand on décide de mener une action politique dont le but est d’accéder au pouvoir, on met, autant que faire se peut, son originalité au placard et on la ferme quand c’est nécessaire car le Système n’attend qu’un faux-pas pour faire s’écrouler l’œuvre de toute une vie. Cela est encore plus vrai à propos de thèmes qui n’intéressent pas les Français soit par ignorance, soit par réflexe primaire quant aux sacro-saintes « heures-les-plus-sombres ». Prenons l’exemple de la guerre de Troie. Attaquer frontalement la ville n’amena rien durant dix ans. La force brute n’était pas la réponse adéquate, la ruse si. Et c’est grâce au cheval de Troie qu’on entra dans la ville… Aujourd’hui plus que jamais, il convient d’être rusé et de contenir sa force brute pour le bon moment. La France et l’Europe en ont bien besoin.

Pépé, on l’aime bien, il a un peu raison mais a une manière de le dire fort pénible. Faudrait lui expliquer –si possible- que l’époque a changé, qu’on ne peut plus faire à sa sauce même si ce qu’il nous a transmis est encore vivace mais surtout qu’il faudrait parfois savoir la fermer ! Encore faut-il ne pas l’avoir mis trop en rogne car il est méchamment rancunier et se considère dans son bon droit. Son père aurait fait de même, son grand-père aussi d’ailleurs. C’est aussi ça que lui reproche le Système, cette constance qui est la sienne en cette époque de reniement. La famille a changé, la politique également, la complexe affaire Le Pen ne le montre que trop bien et mérite d’être scrutée avec attention et non pas via de simples passions.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

Commentaires

Pathétique. JMLP n'est plus que l'ombre de l'animal politique qu'il fut. C'est lui, et lui seul, qui porta sa médiocre héritière à la présidence du mouvement qui fut également celui de François Duprat, de Pierre Pauty, de Pierre Vial ou encore d'Alexandre Gabriac. De "mouvement", il n'est plus question. C'est d'une boutique dont il s'agit. Une boutique électoraliste ("républicaine assimilaSIONISTE") inoffensive... et ridicule. La risée de toute l'Europe politique ! Que dire de plus ? Sinon que Les Le Pen sont une plaie pour le nationalisme français. Et cela ne date pas d'aujourd'hui. Souvenez-vous du reagano-papisme du vieil homme...

Écrit par : Aryosophe | 10/05/2015

Bien d'accord. C'est JMLP qui a coupé les têtes, refusé l'enracinement local, placé sa fille, ... si le FN en est là aujourd'hui c'est quand même de son fait.

Écrit par : JB | 10/05/2015

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