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28/04/2015

La France du localisme.

 La France du localisme.

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Avec le retour du printemps, de nombreuses communes et de nombreuses coopératives agricoles organisent des « fêtes du printemps » ou des « journées portes ouvertes » qui permettent à nos compatriotes de rencontrer les producteurs locaux. Ces derniers temps des militants du MAS Nord ont flâné dans ces événements dans leur secteur. En effet nombreux sont les militants qui se coupent progressivement des circuits classiques liés à l'agro-industrie et la grande distribution pour acheter directement aux producteurs ou au sein de coopératives pratiquant l’agriculture raisonnée ou l’agriculture bio.

Le week-end dernier, trois de nos militants se sont rendus aux « journées portes ouvertes » du Panier Vert, coopérative agricole localisée à Frelinghien, à quelques kilomètres au nord de Lille. Issue d'un projet monté en 1986 par une dizaine de producteurs, la coopérative regroupe aujourd'hui 27 agriculteurs. Ces derniers assurent eux-mêmes la vente des produits qui sont transformés directement sur place. Le site internet nous apprend également que « La coopérative appartient aux producteurs et elle est gérée par eux par le biais d’un bureau et d’un conseil d’administration. Elle ne fait pas de bénéfice. Après déduction des charges, le résultat est réparti entre les adhérents. C’est une forme de commerce équitable. » Ce projet, à l'image d'autres qui existent ou émergent sur notre territoire, correspond aussi à une demande de plus en plus importante de la part des Français qui souhaitent manger sainement et localement. Une révolution silencieuse, par la consommation (ou la non-consommation), a lieu sous nos yeux et porte progressivement ses fruits. Ces projets sont intéressants car ils joignent la lettre à l'esprit de la lettre. En effet à quoi bon acheter du bio ou du local dans la grande distribution ? Il ne s'agit pas simplement d’améliorer à titre individuel ce que nous mangeons, mais d'initier collectivement une révolution anthropologique, économique et évidemment écologique.

Qu'avons-nous vu ce week-end ? Des producteurs amoureux de leur métier, qui en parlent avec passion, qui apprennent aux enfants et aux adolescents - mais aussi aux adultes... - comment on produit des jus de fruits, du fromage, comment on fabrique du miel, ce que font les abeilles... Les enfants ont pu s'émerveiller devant les animaux de la ferme (veaux, lapins, poules, …), dessiner ou encore jouer à des jeux traditionnels. Le tout dans une ambiance réellement décontractée, où le public était accueilli par les producteurs. En somme, ce que nous avons vu, c'est la France. La population présente autant que les producteurs sont des Français lambda, tout cela fonctionne avec harmonie, loin des partis, des idéologies et des ghettos militants... Loin aussi de la société globalisée, du bougisme stérile et du nomadisme obligatoire.

Souvenons-nous des propos d'Arnaud de Robert, porte-parole du M.A.S. il y a quelques mois :

« Au travers d’une multitude d’initiatives locales, prises souvent sous la violente contrainte de la crise économique et financière, nos compatriotes français et européens réorganisent des formes de solidarités actives. Les projets germent partout, sous des aspects inattendus, et démontrent une vitalité que nous avons longtemps sous-estimée … et que nous sous-estimons encore.

Nous qui sommes militants, engagés et je dirais même enragés, nous avons en effet souvent tendance à prendre la défense du peuple tout en en dénonçant l’apathie, la lobotomisation, le caractère moutonnier et consumériste. Nous allons parfois très loin dans ce raisonnement, rejetant nos propres insuccès sur la bêtise et la passivité supposées de nos concitoyens. Et d’entendre les « Mais qu’est-ce que tu veux y faire, ils ne comprennent rien », « ils sont aveugles » … Que c’est pratique ! Que c’est facile !

Or, nous commettons là une lourde erreur d’appréciation. La vérité est que les peuples européens, malgré la puissance destructrice du rouleau compresseur de la société de consommation ont su préserver une forme d’intelligence instinctive. Une intelligence de survie et donc un potentiel de régénération.

Depuis quelques années, nos compatriotes, et particulièrement ceux parmi les plus pauvres, se rendent lentement compte du désintérêt total de l’oligarchie. Oubliés, délaissés car économiquement inintéressants, ils s’organisent par nécessité et découvrent par là-même qu’ils n’ont plus non plus besoin de l’oligarchie politico-financière pour s’organiser.

Face à des structures étatiques en complicité d’impuissance avec les banques et dirigées selon la formule célèbre de Karl Marx par des « fondés de pouvoir du Capital », les peuples qui souffrent trouvent en eux les ressources d’un commencement de riposte.

[...]

Mais une fois de plus, l’histoire nous surprend et, des bonnets rouges aux coopératives ouvrières, des paysans qui s’organisent pour vendre eux-mêmes leur récoltes aux initiatives décroissantes, localistes, écologiques et anti-consommation toute une frange de notre peuple réagit et construit parfois inconsciemment les outils de contre-pouvoir.

[...]

La vérité est je crois que nous passons bien trop de temps à dénoncer et à nous lamenter et pas assez à analyser et construire. Et quand nous le faisons, bien peu suivent. »

Loin des ghettos militants stériles et des discours incantatoires qui le sont tout autant, il faut reprendre pied dans le réel, dans nos campagnes, chez nos commerçants, dans nos villes et nos villages. Il faut soutenir les petites entreprises, être bénévoles associatifs, être attentifs et à l'écoute, nous devons plus que jamais être des sentinelles. Il est possible d'agir, pas dans la France muséographiée, dans la France idéologisée ou dans la France fantasmée mais au sein de la France telle quelle est. Bien loin des idées préconçues, il y a un peuple qui vit et qui agit. Nous qui disposons de tous les outils dialectiques et théoriques nous pouvons dès à présent faire le plus important, mais aussi le plus difficile, agir sur le terrain pour atteindre des objectifs: autonomie, localisme, souveraineté populaire et identité vécue. La révolution ne peut pas être seulement métapolitique ou culturelle mais passe aussi par des initiatives économiques.

Jean/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

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