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19/02/2015

Notre Sainte Bagnole !

Passant un temps fou dans nos voitures chaque semaine, y laissant des heures et des heures qui seraient tellement mieux employées à faire autre chose et qui sont, malheureusement, irrémédiablement perdues, nous avons au moins le loisir d’observer en détails le comportement de nos semblables quant à la voiture en général et à la conduite en particulier…

La voiture : marqueur social du vide

On ne vous apprendra rien en commençant ce propos par une observation toute bête : l’attitude des gens vis-à-vis de leur voiture en dit beaucoup sur eux et sur le monde dans lequel nous vivons. La sainte bagnole est souvent perçue comme un objet de prestige, la possession par excellence, qui sert en premier lieu à montrer qui l’on est, à se distinguer et bien souvent à étaler aux yeux de tous ce qu’on considère comme une réussite sociale (en somme être un esclave qui gagne suffisamment pour avoir une belle automobile et qui sait qu’il sera jugé sur le véhicule qu’il possède). La voiture permet, dans ce monde d’images et de marques, de créer un ersatz de personnalité. « Regarde-toi, minable, avec ta vieille Peugeot…». Consciemment ou non, c’est ce que pensent beaucoup de personnes, à voir leur manière de réagir vis-à-vis de leur voiture ou de la vôtre…  La possession de tel ou tel véhicule explique nombre de comportements sociaux : fierté, jalousie, positionnement dans la société, sentiment d’appartenance à certaines catégories sociales  (« ceux qui ont réussi » plus particulièrement) etc. Elle permet même aux intéressés de justifier, lorsqu’on analyse leur mode de pensée, bien des manières d’être. « Je suis mieux que toi.  J’ai réussi, j’ai un 4x4, moi ! ». D’autres ont une Rolex…

Nous vivons dans une époque qu’on ne peut comprendre sans considérer la logique libérale qui la mène. Il convient de bien réaliser qu’ici encore, les valeurs qui comptent vis-à-vis de la voiture sont aussi bien l’utilité et le besoin que l’envie de consommer et la nécessité de se montrer (et au passage d’écraser ceux qui ont moins). Autant paraître friqué ou « cool » avec un véhicule qu’être réellement quelqu’un de bien… L’homme moderne choisit toujours le chemin le plus court pour son « ascension ». Il suffit de voir ces masses de personnes disposant pourtant de peu de moyens qui s’endettent pour acheter des voitures luxueuses, pensant peut-être qu’aux yeux des autres, ils paraitront « mieux ». C’est une appartenance fictive à une société basée sur du sable où seul l’argent et /ou son image permettent de se sentir intégré… et d’avoir de soi une image positive puisqu’aujourd’hui, cela ne passe plus par le fait de partager et de vivre des valeurs de base comme l’honneur ou le civisme mais d’avoir du fric et paraître bling bling. Pourtant, lorsque l’on interroge la plupart des gens sur leur voiture, leur désintérêt feint amène la plupart du temps cette réponse délicieuse: « Ma voiture ? Bah… je m’en fiche, tant qu’elle m’emmène d’un point A à un point B ! ». Alors pourquoi t’es-tu endetté avec « La voiture du moment » qui vaut 35.000 euros si c’est tellement peu important ?  

Le foyer n’est manifestement plus une priorité de nos jours... Une fois le CDI signé, l’idée première du jeune actif est de faire un crédit pour une voiture « qui en jette », investir dans un gouffre plutôt que dans la terre ou la pierre. Normal, dans l’imaginaire collectif, la voiture haut de gamme attire les minettes et/ou donne de la validité pour les comportements belliqueux et dédaigneux sur la route (même chez les femmes, c’est dire !). On en est arrivé à une telle focalisation sur la caisse qu’il n’est pas rare de constater que des familles modestes préfèrent injecter leur pognon dans une BMW et rester vivre dans des taudis. La mode du tuning est, à cet effet, saisissante…

voiture keke-img.jpg

"Wesh, j'suis un boss moi!"

Tout le monde sur la route !

Il faut souligner que comme toujours, l’argent achète tout. On peut donc, avec du pognon, recommencer encore et encore à passer le permis. Pas de limites… Titillons les bien-pensants ! Il y a sur les routes des milliers de sous-doués qui ont dû passer 15 fois le permis pour l’obtenir. Ce droit, ils n’auraient jamais dû l’avoir une fois considérée leur inaptitude à la prudence et à la conduite intelligente. On retrouve donc ces incapables sur les routes et ils sont bien la première et principale cause du danger sur celles-ci. Ne manque plus que l’Etat qui en profite pour fustiger une insécurité routière causée par son égalitarisme stupide (conduire est un droit pour tous) et nous faire payer hypocritement le moindre excès de vitesse. Pour couronner le tout, il existe même des voitures sans permis qui permettent aux chauffards et aux alcoolos de continuer à être des dangers publics… Un peu comme ces grabataires qui, avec leur cataracte, ont probablement oublié qu’ils étaient sur la route grâce à Alzheimer.

Les routes sont un peu un miroir de notre société. Les automobilistes agissent globalement comme des moutons, s’entassent, créent des bouchons en ralentissant au moindre spectacle que leur offre le côté de la route, que ce soit pour une voiture arrêtée ou un accident… Ne comptez pas sur eux pour vous aider s’il vous en arrive un ! Ils ralentiront, vous regarderont avec leurs yeux vides mais ne risquent pas de vous prêter assistance. Un peu comme pour ces femmes qui se font agresser devant tout le monde… C’est néanmoins surprenant car le taux d’agressivité moyen est passablement élevé. Commerciaux qui se la pètent, livreurs déchaînés, poufiasses n’en revenant pas d’utiliser la nouvelle Mercedes de monsieur, racailles et kékés se croyant sur une piste de stock-car, hommes frustrés utilisant leur grosse voiture comme prothèse génitale, poids-lourds à qui la route appartient, tout ce monde-là regorge d’égoïsme et de hargne. La route est un exutoire à la frustration et une pièce de théâtre où chacun se pare d’un rôle. Signes grossiers, insultes, menaces du poing… tout cela n’existe qu’à l’abri derrière son pare-brise et pas dans la rue où personne ne bronche sur quoi que ce soit…

voiture agressivité.jpg

Et en dehors de ta caisse, tu l'ouvrirais?

Quelle alternative ?

Pourquoi ne pas prendre les transports en commun ? Les Français qui aimeraient y avoir recours en sont dissuadés tant l’insécurité règne en ces lieux. Il faudrait leur apprendre à se défendre déjà… Quant aux autres, il faudrait tâcher de les soigner de leur individualisme, de leur indifférence et de leur soumission aux canons du monde libéral. Reste le covoiturage et la limitation des trajets inutiles…

Rüdiger et Ann / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Commentaires

" tout cela n’existe qu’à l’abri derrière son pare-brise et pas dans la rue où personne ne bronche sur quoi que ce soit…"

Lumineux.

Que Monsieur Beauf se montre capable, piéton, de la même rage qu'au volant, et les hyènes urbaines quart-mondisées la ramèneront infiniment moins. Une suggestion pour concrétiser une telle transfusion ?

Écrit par : Stag | 19/02/2015

https://www.youtube.com/watch?v=UGZQd_xRcAY

Je suis tombé sur cette chanson alors que je lisait l'article...

Écrit par : Louis | 21/02/2015

mince, désolé pour la faute d'ortographe qui pique aux yeux.

Écrit par : Louis | 21/02/2015

La position assise génère ce genre de comportements.

C'est un peu comme tous ces footeux du dimanche qui engueulent les joueurs et l'arbitre, une bière à la main, en se grattant les profiteroles avec la main libre....

Écrit par : Pierre Lagaillarde & son orchestre | 21/02/2015

Ouais enfin c'est quand même mieux de se faire suçer par une salope à grosses miches au volant de son Audi que par une truie à binocles dans une golf de 1998...

Écrit par : JeanJean | 22/02/2015

Pour compléter cette réflexion sur l'impact de l'automobile pour notre société, on pourra lire cet excellent article de Denis Cheynet paru sur Carfree.
http://carfree.fr/index.php/2005/02/23/automobile-et-dcroissance/

Écrit par : Laurent | 24/02/2015

un aspect très local de ce qu'on appelle le FETICHISME, qui est la forme matérialisée par un objet réceptacle de la VOLONTE DE PUISSANCE (ou douleur existentielle, corporelle, inversée).

Le phénomène s'est déplacé vers les écrans portables mobiles (ordinateurs et téléphones ).

je connais personnellement une fille qui possède ...30 portables...qu'elle n'utilise pas tous mais auxquels elle rend une sorte de culte.

Le culte de la bagnole touche à sa fin : problème de CO2 et taxe carbone sous divers masques la rendent moins sexy...elle est devenue une sorcière après avoir été une...DS (citroën) !

Écrit par : ericbasillais | 24/02/2015

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