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10/02/2015

Entrevue du C.N.C. #15: Francesco, volontaire italien en Ukraine

 Entretien avec Francesco, volontaire italien en Ukraine,

propos recueillis par Julien pour le C.N.C.

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C.N.C. : Bonjour Francesco, quel âge as-tu et que faisais-tu avant de combattre en Ukraine ?

Bonjour, j’ai bientôt 52 ans et j’ai été commercial et administrateur de société dans le secteur industriel de l’automobile.

C.N.C. : Qu'est-ce qu'un Italien, apparemment sans lien avec l'Ukraine et le monde slave, fait en Ukraine ?

Au départ, j’étais en Ukraine pour des raisons professionnelles et j’ai tout lâché en janvier 2014 quand les manifestations du Maidan [place de l’Indépendance à Kyiv] ont débouché sur une véritable Révolution nationale.

C.N.C. : Comment es-tu arrivé en Ukraine ? Comment as-tu vécu la barrière de la langue et de la culture ? Quel fut ton accueil ?

Il est sûr que la différence de langue constitue une forte barrière, mais il y avait quand même pas mal de gens qui maîtrisaient l’anglais et parfois le français. J’ai rapidement rencontré des nationalistes radicaux dont les symboles et les référents idéologiques étaient les miens. Par conséquent, je me suis vite senti chez moi. Certains animaux se flairent et se reconnaissent facilement comme membres d’une même et grande famille.

Quel est le statut de ces unités de volontaires qui portent leurs propres emblèmes personnalisés ? Êtes-vous des soldats comme les autres, soumis au commandement d’un état-major national, ou bien la branche armée de mouvements politiques indépendants ?

Sur place , je réalise que l’on passe de la révolution à la guerre sans aucune transition. Après Odessa [référence aux combats de rue qui ont opposé séparatistes pro-russes et pro-Maidan], quand il a été clair que les séparatistes ne se seraient pas arrêtés à la Crimée mais voulaient poursuivre le dessein d’Alexandre Douguine [théoricien du néo-eurasisme] de construire une Novorossia [« Nouvelle Russie »], j’ai essayé de partir avant avec les volontaires du Praviy Sektor. Dmytro Iaroch [leader du Secteur Droit - Praviy Sektor], bien que nous ayons été très peu d’étrangers à être membres réguliers du PS, a craint que l’on nous prenne pour des mercenaires et a refusé.

Immédiatement après, je suis parti après avec les Hommes noirs d’Andriy Biletskyi, bientôt reconnus par le Ministère de l’Intérieur comme bataillon spécial de police antiterroriste.
Si j’avais été accepté par le PS, je serais à ce jour un irrégulier, car Iaroch refuse toute supervision de la part de l’armée ou du gouvernement, bien que sur le terrain les hommes des DUK (Corps des Volontaires Ukrainiens - membres du PS) soit rattachés à l’armée régulière.

C.N.C. : Selon Vladimir Poutine, l'armée ukrainienne constitue la « Légion étrangère de l'OTAN ». Qu’en penses-tu ?

Non, et il a dit une bêtise encore plus grande : les bataillons des volontaires nationalistes sont la Légion Etrangère de l’Otan. Même les enfants savent que Iaroch et Biletskyi sont pour une Ukraine indépendante, souveraine et culturellement européenne (comme le sont les Russes « de souche », à différencier des autres peuples - notamment du Caucase – parties constituantes de l’empire russe), mais éloignée de l’Union européenne, des Etats-Unis ou de ces chiens de l’OTAN.
On ne chasse pas un prétendu « maître » pour en accueillir un autre chez soi. Russie et Occident ne sont que des puissances capitalistes et libérales, seulement rivales géopolitiquement, qui jouent avec le destin et la vie des Ukrainiens

C.N.C. : Où es-tu stationné en ce moment et quelle est la situation là-bas ?

Je suis retourné chez moi, pour retrouver mon fils de dix ans, après avoir participé à Maidan, soutenu le premier PS (jusqu’à sa constitution en véritable parti politique), puis avoir rejoint le bataillon Azov jusqu’au mois d’août 2014.

Mon cœur est resté avec mes frères d’armes au Donbass : je soutiens le bataillon Azov de toutes mes forces.

* * *

Bonus: Traduction en français de l'article en italien du journal "Il Giornale" dans lequel intervient Francesco:

"Soldat de l'OTAN en Ukraine ? "On leur tirera dessus !"

Un volontaire du bataillon Azov déclare au sujet de l'indépendance des soldats ukrainiens qu'ils ne sont ni pour l'OTAN, ni pour Moscou.

La présence éventuelle de troupes de l'OTAN serait très mal vue par ceux qui combattent en tant que soldats politiques contre les pro-russes. Récemment, le président Vladimir Poutine, utilisant la rhétorique classique de la propagande russe, qualifiait l'armée de Kiev de "légion étrangère de l'OTAN" utilisée par les gouvernements occidentaux pour contenir la Russie.

Il est bien connu qu'en Ukraine se battent de nombreux volontaires venant de toute l'Europe. Une source contactée par nous, Francesco F. un volontaire qui a combattu en Ukraine pour le bataillon AZOV nous a assuré qu'il n'y avait en ce moment aucun soldat de l'OTAN en Ukraine et que l'OTAN comme la Russie était deux empires négatifs.

Francesco F. a déclaré qu'il ne serait pas surpris du tout si les membres du bataillon Azov commençait le cas échéant à tuer des soldats de l'OTAN, "considérés comme un autre contingent d'envahisseurs étrangers".

S'il est exact que des volontaires de Suède, de France, d'Italie, de Croatie et d'Angleterre luttent pour Kyiv, il s'agit d'abord de volontaires et de soldats politiques. Les critères de sélections de ces hommes sont très stricts et avant toutes choses, les volontaires non-Européens ne sont pas acceptés.
Une seule exception est faite pour les membres de la diaspora Ukrainienne vivant hors d'Europe et souhaitant revenir défendre leur pays.

Ceux qui se battent en Ukraine,nous assure Francesco, se battent pour un idéal et ils ont une vision très négative du gouvernement de Kiev et de ses oligarques pro-EU et pro- US, ainsi que de leurs "ministres étrangers".

L'idéologie géopolitique des révolutionnaires nationalistes Ukrainiens comme il nous l'explique n'est pas "de rejoindre l'EU et sa banque centrale qui restreignent la souveraineté nationale, pas plus que d'être asservis à la Russie multiculturelle eurasiste, mais de maintenir un statut de non-aligné, qui privilégie les relations avec les pays d'Europe de l'Est, ainsi que ceux de la Baltique. Les derniers bastions de l'Europe traditionnelle".

Pour finir, Francesco nous a annoncé que maintenant que le bataillon Azov avait intégré la garde nationale pour constituer à terme un régiment, la sélection serait encore plus stricte et que de nouveaux volontaires étrangers.

Traduction: Francesco.

Merci à Pascal Lassalle pour sa relecture précieuse.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Commentaires

Commentaire peut-être non conforme : je ne crois pas à la réalité de la rivalité entre blocs, entre civilisations;

tant que les technologies et au coeur d'elles, la monnaie reste en place, ce sont les mêmes civilisations d'un point de vue "archéologique".

Les guerres font partie de la technique Hégelienne de la dialectique se résolvant au final en stade supérieur.

Les guerres entre France et Allemagne ont abouti à l'UE....

On va vers le N.O.M.

Tant que la banque centrale de Bâle tient toutes les monnaies : il n' y pas de VRAIE GUERRE...désolé de dire ça à des gens qui vivent autre chose sur le terrain.

Écrit par : ericbasillais | 10/02/2015

Je méprise le combat de Francesco, jouer les supplétifs de l'Otan et peut-être bientôt de l'armée US n'est en aucun cas honorable, j'espère juste pour sa conscience que son petit bataillon de pieds nickelés ne s'est pas rendu coupable de trop d'assassinats de russophones...

Écrit par : Armand | 10/02/2015

Toujours aussi tarés les soviétiques à ce que je vois.

Écrit par : alter38 | 10/02/2015

https://www.youtube.com/watch?v=zKvNla8V8I4

J'avoue aussi être un peu "partagé" sur la question, massacrer d'autres peuples est-il une réponse à l'oligarchie totalitaire?

Écrit par : Louis | 14/02/2015

Le courage de notre camarade italien mérite d'être salué à sa juste valeur. Bras tendu vers le soleil invaincu !

Pour le reste...

La blogosphère nationaliste (et/ou anti-Système) regorge de billets contradictoires à propos de l'Ukraine. Quand les uns prennent naïvement position pour la "Grande Russie", les autres s'accrochent désespérément au rêve d'une Ukraine Pravy Sektorienne. Bien sûr, nous préférerions (les uns et les autres) que nationalistes (radicaux) russes et ukrainiens soient maitres de la situation, que le Salazar soviétoïde Vladimir Poutine n'ait pas choisi de singer les judéoyankees au sujet des premiers (en leur interdisant d'exister politiquement), que ces mêmes judéoyankees et leurs affidés svobodiens (entre autres !) ne puissent pas mettre l'Ukraine "libérée" (quelle sinistre farce !) en coupe réglée, notamment en se débarrassant des seuls révolutionnaires en Ukraine, c'est-à-dire les soldats politiques de Pravy Sektor.

Ce n'est pas le cas, hélas.

D'aucuns considèrent désormais les nationalistes radicaux ukrainiens comme des "idiots utiles" (et bien que je n'ai pas cessé de louer leur courage, c'est plutôt mon sentiment), leur pays est en passe de devenir, lui aussi, une colonie euro-étasunienne (une oligarchie en chasse une autre en quelque sorte ! Sauf que la seconde est bien plus puissante et destructrice que la première !), le système répressif et sécuritaire (emprunté aux Occidentaux et dont nos camarades grecs, notamment, sont les victimes) qui s'efforce de museler les nationalistes radicaux dans la "Grande Russie" judéo-poutinienne ne tardera pas à être appliqué, à son tour, à l'Ukraine judéo-svobodienne "libérée".

Bref, ZOG instrumentalise, avec une facilité déconcertante, les "idiots utiles" de la "révolution ukrainienne" et ceux de la "Grande Russie" corrompue. Mais c'est comme dans la vie de tous les jours, malgré leur courage mais à cause de leur absence totale de cynisme, les romantiques se font toujours "baiser la gueule" ! Raison de plus pour faire le choix de la cohérence, celle de la "troisième voie géopolitique".

Écrit par : Aryosophe | 11/02/2015

C'est comme ça que vous voyez les nationalistes ukrainiens morts par milliers pour leur patrie? Vous croyez vraiment qu'ils se laisseront faire voler leur pays par quiconque ?
Si c'est le cas, que faites vous encore à militer ? Car la cause est bien plus en passe d'être gagnée en Ukraine qu'en France.

Écrit par : alter38 | 11/02/2015

je suppose que le terme "troisième voie géopolitique" correspond à la proposition de M. Jure Georges Vujic, dans cet article :
http://www.polemia.com/la-crise-ukrainienne-et-la-troisieme-voie-geopolitique/

Dans cette hypothèse, en reprenant la conclusion de l'article :
"Ainsi la crise ukrainienne peut être l’occasion ou jamais de réfléchir et de peut-être redéfinir les axes géopolitiques d’une Eurasie triarchique reposant sur la triplice géopolitique carolingienne-occidentale/catholique autro-hongroise et centre-européenne/slavo-orthodoxe eurasiatique."

Très intéressant...mérite réflexion...mais...il reste quelques problèmes au moins théoriques :
1/ l'empire carolingien n'est plus unifié religieusement.
2/ l'empire austro-hongrois et également divisé entre une autriche libérale-libertaire dissoute dans le maelstrom mondial et une hongrie identitaire cristallisée.
3/ quid de la FRANCE ?
4/ tout redécoupage géopolitique suppose, au delà des questions militaires et de puissance ou de profondeur de théâtres, la réponse à la question de civilisation posée par le LIBERALISME (au sens largissime, paradigme de l'illimité donc de l'absence de limites, du latin limes : frontière, limite; et qui est en même temps un discours TOTALITAIRE COMPLET de redéfinition anthropologique de l'Humanité).
En l'absence de position spirituelle absolument claire sur la MONNAIE et l'attitude vis à vis de la TECHNOLOGIE et de l'INDIVIDUALISME qui sous-tend l'approche scientifique, vous ne sortez pas du problème général : l'histoire des guerres aboutira, à long terme à l'empire mondial, sioniste ( car le sionisme coincide avec la DISSOLUTION LIBERALE : solve et coagula; novus ordo saeculorum... etc...).

désolé d'être un peu rapide dans ce commentaire

Écrit par : ericbasillais | 11/02/2015

L'Empire carolingien ?.. l'empire austro-hogrois ?.. Quelle rigolade, ces 2 empires sont morts depuis longtemps !

Écrit par : Muhammad | 17/02/2015

J'ai essayé de développer mon commentaire dans cet article un peu plus construit :

http://angoulmois.hautetfort.com/archive/2015/02/11/europe-troisieme-voie-geopolitique-5556570.html

Écrit par : ericbasillais | 11/02/2015

Je vous cite :

"C'est comme ça que vous voyez les nationalistes ukrainiens morts par milliers pour leur patrie? Vous croyez vraiment qu'ils se laisseront faire voler leur pays par quiconque ?
Si c'est le cas, que faites vous encore à militer ? Car la cause est bien plus en passe d'être gagnée en Ukraine qu'en France."

Relisez moi lentement et vous vous apercevrez qu'en nationaliste paneuropéen cohérent mon soutien va naturellement (na-tu-re-lle-ment !) aux nationalistes radicaux de Pravy Sektor. Mon commentaire était certes un peu désabusé mais objectivement, vu de France, il y a matière à l'être. Cela ne signifie pas qu'il faut désormais baisser les bras (je parlais plus haut d'en lever un vers le soleil invaincu, hein, je vous le rappelle !) mais on n'est pas obligé d'être complètement naïf ou d'être dans le déni pour militer. Quant à la "cause", je ne sais quelle est la vôtre, mais la mienne inclut la Russie (débarrassée de Poutine) en marche frontière d'une grande Europe débarrassée quant à elle de l'occupant yankee. Bon, c'est plutôt sommaire mais l'essentiel y est...

Salutations nationalistes paneuropéennes

Écrit par : Aryosophe | 11/02/2015

Moi les nationalistes ukrainiens morts, je les vois morts, tout simplement ! " Baisés" par les nations de l'OTAN et les oligarques qui tiennent les banques ukrainiennes, sans lesquelles les nationalistes ukrainiens n'auraient pas de quoi manger ...

Écrit par : Muhammad | 17/02/2015

Aryosophe, j'ai l'impression que la troisième voie géopolitique dont vous avez parlé plus haut n'est pas celle citée par POLEMIA (trois zones), puisque vous vous déclarez "paneuropéen".

Désolé de mon contresens.

Cependant, jamais l'Histoire de l'Europe n'a montré une telle unification : sauf dans les plans du SIONISME lui-même... un peu partout...

Y-a-t- il une page où la ligne politique est clairement exposée dasn ce blog ?

Écrit par : ericbasillais | 11/02/2015

Désolé pour ma réponse un peu tardive, Eric. La "troisième voie géopolitique" est évoquée, sur le blog, par Arnaud de Robert et Pascal Lassalle (lire notamment l'entretien commenté de Douguine) et ailleurs, dans les nombreux travaux publiés par le G.R.E.C.E. ces trente dernières années.

A ce propos, il faut lire dans la dernière livraison d'Eléments pour la civilisation européenne, le papier de Pierre Bérard au sujet du bourbier ukrainien. Bon, je ne partage guère (et le mot est faible !) le relatif mépris dans lequel l'auteur tient les nationalistes radicaux ukrainiens mais le "romantisme" (bien que je sois sans doute moi même un "romantique" honteux) est généralement un bien mauvais stratège...

Écrit par : Aryosophe | 15/02/2015

Petite précision. "Mon" nationalisme paneuropéen (celui d'Europe Action, du G.R.E.C.E., de Défense de l'Occident, du Nouvel Ordre Européen, de Militant, de François Duprat, etc.) n'est en rien comparable au nationalisme "grand-européen" d'un Thiriart. Notre nationalisme paneuropéen est en effet résolument racialiste/identitaire, ce qui n'est pas le cas celui de Thiriart ou du microscopique PCNE. Bien que Thiriart (et ses héritiers) fut incontestablement antisioniste...

Écrit par : Aryosophe | 15/02/2015

Merci Aryosophe !

J'ai pu consulter le commentaire de Lassale sur l'entretien de Douguine à CNC Lille au sujet de la crise Ukrainienne (2014).

En dehors de l'excellence érudite de son commentaire j'ai pu intuiter la "troisième voie" dont lui (et vous donc) se réclament... et qui semble bien résumée par "la promotion d’une Europe-puissance souchée sur ses patries charnelles". (source Europe maxima : http://www.europemaxima.com/?p=1002).

A défaut de précision absolue et mathématique, cette définition a le mérite de la concision.

Cela ne modifie en rien, bien sûr, mon appréciation en commentaire numéro 1 de cet article. Mais au moins je crois savoir les mots-clés de votre mouvement.

Il y a une tension interne entre le souchage charnel dans la terre des pères et le bloc PUISSANCE (quel que soit son nom, une puissance a des qualités spécifiques de son NIVEAU : le jeu de miroir de M. Lassale entre les blocs puissance eurasien-tellurien et atlantiste-thallassocratique sans oublier le bloc puissance -Sionisme qui se cherche une existence-puissance à travers toutes les guerres mondiales).

Ce n'est pas une critique négative : seulement le constat de la prise en compte ("dialectique" on va dire) des nécessités des dominants et des dominés dans un vaste ensemble-puissance.

Merci encore pour cet éclaircissement.

Écrit par : ericbasillais | 16/02/2015

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