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26/01/2015

Chronique musicale: Grylle « Monstres et merveilles »

Chronique de « Monstres et merveilles » de Grylle

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Projet d’un seul homme, Grylle sort des sentiers battus. Black metal dans la voix et l’intention mais médiéval de par sa musique, cette entité atypique nous livre un premier album surprenant. Ici point de batterie supersonique, de guitares saturées et autres synthétiseurs fantomatiques ; ces derniers laissent place aux tambours, au luth, au Saz et au psaltérion. Mais ne pensez surtout pas que Grylle joue la carte du pagan/folk pouet-pouet ou d’une bande son festive digne de l’Oktoberfest ! L’ambiance est tout autre, tour à tour majestueuse, sombre voir haineuse par moment, aidée par une voix érayée typiquement black metal mais enrichie de déclamations en voix claires.

Musicalement assez proche de Wardruna en moins « shamanique » et même de Peste Noire par certains aspects, l’album transportera l’auditeur dans une époque qui suscite de nombreux fantasmes à savoir le moyen âge et son lot de légendes. Grylle ne fait pas parti de ces groupes qui ont besoin d’un univers fantastique imaginaire mais puise dans nos légendes et notre imaginaire Européen. D’ailleurs le Français n’est pas la seule langue employée sur « Monstres et Merveilles » puisque le premier titre « De Audacibus Germanicus » traitant de la bravoure (« Chuanheiti » en Haut Allemand) comporte une narration dans la langue de Goethe. La musique de Grylle n’est ni minimaliste ni baroque, elle refuse la modernité et incite l’auditeur à faire de même. Les morceaux sont bien construits et nous avons à faire à un compositeur qui maitrise parfaitement son sujet aussi bien musicalement que conceptuellement parlant. Là où certains projets sont de purs clichés, Grylle lui est authentique. Même l’artwork de l’album est en adéquation avec le propos grâce à un packaging comprenant un livret peint à l’or à la main.

En définitive les seuls regrets à l’écoute de ce « Monstres et Merveilles » sont sa durée, un poil trop courte, et le rythme général de l’album qui gagnerait en diversité si certains morceaux étaient dotés de tempos différents, plus rapides par exemple. Mais, pour un premier album, c’est une réussite car Grylle propose à la fois quelque chose de neuf et d’original, tout en étant enraciné dans notre culture et notre passé, soit le meilleur des deux mondes. Convaincant et inspiré, Grylle est un projet à suivre et qui s’adresse aussi bien aux fans de metal, aux amoureux du moyen âge, notamment les adeptes de reconstitutions médiévales et aux curieux.

Grylle, « Monstres et Merveilles » disponible chez Antiq records

Antoine / C.N.C

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