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15/09/2014

Chronique de film: Garde à vue (un film de Claude Miller)

Garde à vue, un film de Claude Miller (France, 1981)

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Une soirée de réveillon, la pluie qui tombe, le bureau austère d'un commissariat de police. Le décor est planté, froid et morne. Il sera celui où se déroulera la quasi-majorité de Garde à vue.

Deux fillettes viennent d'être retrouvées mortes et violées. L'inspecteur Antoine Gallien a convoqué maître Martinaud, notaire, qui a retrouvé le corps de la seconde victime. Le policier souhaite initialement éclaircir certains points de détail mais ses suspicions et les comportements troubles de Martinaud vont vite obliger ce dernier à s'ouvrir et à livrer ses secrets les plus honteux...

C'est ainsi que, dans ce huis-clos infernal, le spectateur plonge dans les rouages d'un basculement de statut: de témoin, comment devenir suspect. Simple en apparence, oui... mais efficace! On ne parle point ici de cinéma hollywoodien entendu mais de ce vieux cinoche français d'une qualité inégalable où le spectateur est tenu en haleine tant par le jeu excellent des acteurs que par la réalisation et les dialogues exquis de Michel Audiard qui est à l'origine de ce long-métrage (même s'il ne l'a pas réalisé lui-même). Pendant une heure trente, nous sommes au cœur d'un véritable duel verbal, rempli de finesse mais également de manipulation entre deux monstres du cinéma français: l'inimitable Lino Ventura (le flic) et le très trouble Michel Serrault (le suspect).

Entre le fonctionnaire recherchant la (sa?) vérité et l'homme dont on ne sait s'il est un manipulateur habile ou un individu effondré, poussé à bout par son histoire personnelle, le spectateur assiste à une joute implacable où se mêlent les thèmes de la manipulation, de la diffamation et de la bassesse humaine. Ce qui est le plus frappant, c'est encore cette image désabusée d'un couple de bourgeoisie provinciale, de ses rêves déchus et du relationnel sordide qui en découle.

De nombreux joyaux du cinéma de chez nous sont trop souvent laissés dans l'ombre au profit de films sans âme tout juste dignes de finir vendus au rabais dans un discount-market...
Ne manquez donc pas de (re)découvrir ce classique indémodable qui se révèle en outre une excellente source de réflexion.

Ann et Rüdiger / C.N.C.

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