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02/05/2014

Méridien Zéro #187: "Chroniques du mondialisme"

Ce vendredi, Méridien Zéro reçoit Pierre Hillard et Michel Blanzat de la revue Balkans Info pour évoquer les origines et manifestations du mondialisme à partir de l'ouvrage de Pierre Hillard paru récemment aux éditions Le retour aux sources, Chroniques du mondialisme.

Emission animée par Gérard Vaudan et Eugène Krampon.

A la technique Gérard Vaudan dont c'est la grande première dans le studio volant.

 

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Commentaires

Je ne rejoins pas vraiment les analyses de PH sur certains points.

Il insiste beaucoup sur "la synagogue" et son opposition avec la pensée catholique traditionnelle. C'est un topos classique des nationalistes contre-révolutionnaires. Pour autant, il ne faudrait pas perdre de vue que la réflexion sur la Communauté est bien antérieure au christianisme et existent chez les Grecs et les Romains alors même qu'ils persécutaient les chrétiens (PH fait allusion aux persécutions). La fête de Hanouka (dont parle PH lorsqu'il montre la proximité du Pape François avec la Communauté) est une fête qui célèbre la victoire des Juifs contre les Grecs. De même dans le christianisme, il y a une opposition entre un christianisme influencé par le platonisme, l'aristotélisme ou le stoïcisme par exemple et un christianisme messianique influencé par le judaïsme. A bien des égards, l'islam est d'ailleurs une évolution de ce courant "judéo-nazaréen" ou "judéo-chrétien" pour reprendre un terme plus polémique. Marc-Aurèle lui-même, grand stoïcien, disait n'avoir jamais rencontré plus méchant que les Juifs alors qu'il se déplaçait au Proche-Orient. Pour beaucoup de Romain (par exemple sous Claude, et même Néron), les "chrétiens" étaient alors des Juifs disciples de Christos. Il faut écarter tout relativisme et tout raccourcis historique sur ce point. La pensée gréco-romaine n'a jamais fait bon ménage avec "la Synagogue". Ce sont d'ailleurs les Romains qui ont détruit le second temple de Jérusalem en 70 (voir arc de triomphe de Titus et Vespasien). Quant aux persécutions, les Romains ne pouvaient tolérer une remise en question des principes de base de leur société (la distinction homme libre/esclave par exemple, ou le culte à l'empereur, clef de voûté de l'unité impériale). Pour les Romains, la question chrétienne a été traitée comme une question de trouble à l'ordre publique, que ce soit la crucifixion de Jésus, jusqu’aux persécutions. Mais il est acquis qu'il y avait des discussions entre chrétiens et philosophes grecs ou romains, surtout en Grèce. On avance même l'hypothèse que Sénèque (ou son entourage) aurait rencontré Paul de tarse. Quant aux Pères de l'Eglise, ils étaient nourris de pensée philosophique grecque. Parmi les philosophes "tardifs", Boèce, alors chrétien, a écrit "Consolation de la philosophie" pendant son incarcération (vers 520, je ne me souviens plus de la date exacte). La pensée chrétienne du Moyen Âge a été nourries par les Arts libéraux, la pensée d'Aristote ou de Platon. La rupture qu'incarne le protestantisme, ce n'est donc pas vraiment par rapport à l'Eglise, mais par son refus des apports philosophiques grecs! La Réforme remet en question la scolastique.

Sur ce point je ne suis pas non plus tout à fait d'accord avec PH. Il critique l’absence de monastères dans le protestantisme. Fort bien. Mais c'est justement un moine augustinien (on connaît la détestation de Saint Augustin pour le monde romain), Martin Luther, qui a initié la réforme protestante. Certaines critiques étaient parfaitement fondées, d'autres étaient totalement tournées contre toute forme d'héritage païen dans le christianisme. C'est donc peut-être au contraire l'esprit des monastères, basé uniquement sur la lecture et la récitation des saintes écritures et sur l'autonomie des communautés qui va constituer le fer de lance du protestantisme contre la tradition antique qui perdurait dans l'Eglise (disputatio, concile, ...). Mais un élément devient ici troublant, et montre que les analyses doivent toujours être nuancées, Martin Luther a aussi écrit un livre qui ferait passer n'importe quel sketch de Dieudonné pour philosémite et qui s'intitule "les Juifs et leurs mensonges". La Réforme protestante s'est également violemment attaquée à la Synagogue en Allemagne, puis elle a été la matrice de l'esprit prussien (les chevaliers teutoniques se sont convertis, par exemple). A bien des égards, ce luthéranisme qui prônait un retour aux sources bibliques a fini par se mêler aux influences les plus européennes qu'il soit (la chevalerie par exemple) et la future Allemagne doit énormément à son émancipation de l’Eglise, que ce soit politiquement, scientifiquement ou philosophiquement (qu'on songe à la quantité de scientifiques ou philosophes allemands qui étaient protestants et ont fait rayonner le génie européen). Ce que PH pointe du doigt, analysé par Max Weber est plutôt issu du calvinisme.

Cela nous conduit aussi à émettre des doutes sur l'hostilité au fédéralisme. Certes il est porté par une vision allemande, c'est évident, mais Maurras lui-même, qu'on ne peut pas soupçonner de germanophilie, était fédéraliste. Et que dire de la Commune de Paris, anti-prussienne et pourtant favorable à une forme de fédéralisme? Et nous pourrions remonter, comme l'a d'ailleurs mentionné PH, aux Provinces de l'Ancien Régime. Malgré sa lutte contre les féodaux, Louis XIV a fait rayonné une France où 85% de la population ne parlait pas le Français. Il y a depuis une confusion de la puissance en France, à considérer que la centralité politique est synonyme de puissance. Alors qu'elle est surtout synonyme de captation et d'appropriation des pouvoirs. Dominique Venner avait avancé par exemple que c'était l'absolutisme royal qui avait favorisé la Révolution. C'est pour cela que le bonapartisme instaura des plébiscites. On ne peut pas gouverner sans le peuple. Et le fédéralisme n'est rien d'autre qu'un mode de gouvernement où chaque échelon gère selon ses compétences et renvoie au dessus ce qui n'est pas dans ses compétences. C'est un principe de subsidiarité bien compris. Alain de Benoist vient de faire une allocution à ce sujet au colloque d'Eléments sur l'Europe. Rien n'est bon ou mauvais par nature, c'est ce que les hommes en font qui compte, des hommes vertueux conduiront une politique vertueuse quelque soit le modèle, mais on ne peut pas non plus faire abstraction du réel, ce qui impose aux hommes vertueux, dans leur sagesse, de composer avec les réalités du temps. Il est possible pour des hommes sages et vertueux de pratiquer un fédéralisme qui soit porteur d'un projet de civilisation, alors que des hommes vils porteront un projet centralisateur qui sera mauvais pour la civilisation. C'est ce que l'on constate avec l'UE. L'UE n'est d'ailleurs pas fédérale au sens où nous l'entendons, son fédéralisme est un renforcement de l'administration à l’échelle régionale. Jacques Ellul avait d'ailleurs écrit, à l'endroit des anarchistes, qu'il valait mieux combattre le renforcement de l'administration et de la bureaucratie que "l'Etat". Nous avons donc face à nous aujourd'hui un "monstre froid" pour reprendre l'expression de Nietzsche qui n'est autre que l'administration et la bureaucratie qui n'a que faire du fédéralisme réel qui serait, au contraire, une appropriation du politique par les peuples et les différentes communautés politiques.

Écrit par : JB | 03/05/2014

Est-ce que ça ne fait pas doublon par rapport au site de méridien zéro ?
Enfin quoi qu'il en soit cette émission était bidon.
Alors que le mondialisme résulte avant tout d'une volonté de détruire l'Europe, de la part de la théocratie américaine, qui au cours du siècle a réussi (grâce à ces ... d'allemands) à mettre le grappin sur nous, l'animateur de cette émission nous parle des "bogomiles", "nestoriens" etc. C'est consternant.
En résumé : ce fut une tentative de nous vendre la vessie catholique pour une lanterne anti-mondialiste.
Il faudra s'y reprendre quelque fois, avec un gel de qualité, avant de nous glisser une quenelle pareille.

Écrit par : Oscar | 09/05/2014

Vous trouverez un certains nombres d'objections de ma part en effet sur le blog de MZ.

Je ne suis pas convaincu non plus, j'ai relaté ce que je considère comme des erreurs et des raccourcis historiques.

J'aborde l'histoire de façon très différente (beaucoup plus scientifiquement: fait => analyse) et d'un point de vue politique, PH défini un projet à peu près opposé au mien, une France monarchiste, catholique anti-moderne, là où nous privilégions une alter-europe fédérale archéofuturiste.

Écrit par : JB | 09/05/2014

Je partage vos intentions.
Mais il y a une question additionnelle : celle de la sincérité, qui est trop rarement considérée. Ces gens qui veulent nous amener vers du Moyen-Âge, non
seulement ils font double emploi envers le Système qui est de toute façon en train de nous tirer dans cette
direction, mais aussi et surtout, ils ne peuvent être que ravis de nuire à nos projets.
Je déplore que des gens comme ceux du MAS s'amusent à ce jeu.

Écrit par : Oscar | 09/05/2014

MZ a toujours ouvert ses ondes à des sensibilités différentes de la notre. C'est un choix que de permettre l'expression des idées et le débat. Il est conforme à la pensée et à la tradition européenne.

Je pense que les gens sont suffisamment structurés intellectuellement pour faire la part des choses.

Écrit par : JB | 10/05/2014

Me concernant, je suis assez structuré pour faire un doigt d'honneur à tous ceux qui veulent que nous restions engoncés dans l'ornière du relativisme, qui n'a rien du tout à voir avec la libre pensée digne de ce nom.
Quant à la tradition, ça n'est pas pour moi.
Ce qui a échoué échouera. Il faut du neuf.

Écrit par : Oscar | 10/05/2014

C'est pour cela que sur le CNC il y a une ligne directrice.

Écrit par : JB | 10/05/2014

Ligne directrice ...
Comment faites-vous face au relativisme ?
Ce que vous avez écrit : "MZ a toujours ouvert ses ondes à des sensibilités différentes de la notre. C'est un choix que de permettre l'expression des idées et le débat. Il est conforme à la pensée et à la tradition européenne." est un concentré de relativisme.
J'appelle relativisme la tendance obscurantiste en créer un contexte où les libres-penseurs apparaissent comme des espèces de hurluberlus doctrinaires tandis qu'eux, avec leur ramassis de conneries et leurs religions de dingues totalement givrés, semblent "raisonnables", "tolérants" etc.
Vos propos "raisonnables" sont allés exactement dans ce sens là.

Écrit par : Oscar | 11/05/2014

Non, car il y a une différence de fond entre la radio qui est un média qui a pour principe le débat et le dialogue et un blog qui repose sur l'écrit et qui est donc un média directif.

Par ailleurs vous critiquez le relativisme, c'est bien, mais comment définissez vous la vérité?

Écrit par : JB | 11/05/2014

Comment définir la vérité ? C'est de la recherche de la vérité qu'on parle lorsqu'il s'agit du relativisme, qui bloque cette recherche tout en feignant de la mener.
Cette recherche est relativement facile à définir : elle doit être sincère, tout d'abord. On reconnaît cela à la démarche suivie.
Karl Popper, rationalisme critique : ma référence.
Il disait notamment qu'il est impossible de prouver que quelque chose est vrai, mais bien, de prouver que quelque chose est faux, et il citait deux valeurs clé d'une personne qui recherche la vérité : hardiesse et rigueur.
La dénonciation des mensonges est le paradoxal moteur de la recherche de la vérité.
http://www.nujna.com/politique/idees/premisses.php
Et la référence des autres, en face ... c'est quoi ?
Un livre poussiéreux écrit par un club d'étudiants juifs, il y a deux mille ans, au nom d'un prophète dont on ne sait même pas s'il a existé (aucun historien de son temps n'en a parlé). Ils font pitié. Qu'ils s'en aillent prier dans leurs monastères et foutent la paix aux militants européens.

Écrit par : Oscar | 12/05/2014

C'est bien pour déterminer le vrai du faux qu'il faut dialoguer. Rhétorique, dialectique, logique...

Écrit par : JB | 12/05/2014

N'apercevez-vous aucune possible perte de temps, à discuter des nestoriens et des bogomiles lorsque le sujet présenté est la mondialisation ?

Écrit par : Oscar | 12/05/2014

Le sujet n'était pas la mondialisation, mais le mondialisme. Et en particulier ses racines.

Pour le reste, je crois avoir déjà dit être en désaccord avec PH.

Écrit par : JB | 12/05/2014

Je ne sais pas si on a besoin d'une réflexion subtile et élaborée pour comprendre la démarche mondialiste du christianisme. Style "porte enfoncée" on ne fait pas mieux. Quelle belle recherche de midi à quatorze heures. Comme si le christianisme pouvait avoir quelque chose à voir (du moins, dans des esprits cohérents) avec une démarche identitaire.
"Devant Dieu les humains sont égaux" : ça tient en six mots.

Écrit par : Oscar | 13/05/2014

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