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23/02/2014

Chronique musicale: Mare « Throne of the Tirteenth Witch / Spheres Like Death »

Mare « Throne of the Tirteenth Witch / Spheres Like Death » (Terratur possessions, 2013)

http://www.metal-archives.com/images/3/6/7/2/367258.jpg?2949

Alors que depuis quelques années la scène norvégienne, hormis ses quelques cultes sortis des années 90, suscitait mon désintérêt en tant que simple auditeur, celle-ci semble enfin retrouver un souffle de créativité et d'intensité. Située aujourd'hui beaucoup plus sur Trondheim que sur Oslo, la fine fleure de l'art noir Norvégien se veut désormais un ensemble de groupes dévoués à l'occulte et aux sonorités aussi lourdes que lugubres, pas mal empruntées au doom d'ailleurs. De cette nouvelle scène de l'ancienne Nidaros, Mare semble être devenu chef de file.

Comme bien souvent au sein de ce milieu, les productions assez limités des œuvres des groupes rendent bien souvent l'acquisition difficile. C'est donc dans un soucis de disponibilité que Terratur Possession nous sort, en 2013, une compilation des deux derniers EP, « Throne of the Tirteenth Witch » (2007) et « Spheres Like Death » (2010) épuisés depuis.

Musicalement, Mare est une entité produisant un black metal à l'aspect rituel sur-développé qui se manifeste dès les premières notes d'un « Nidrosian Moon Sabbath » et de ses blasts infernaux. En commençant par ce titre, le groupe impose son style : une ambiance lugubre soutenue par des rythmes tantôt agressifs, tantôt beaucoup plus mid-tempo mais toujours emplis de ténèbres insondables. C'est d'ailleurs dans ces rythmes plus lents que va se développer magnifiquement ce côté entêtant de la musique des norvégiens. Ajouté à cela, un vieux clavier tout aussi distributeur de notes fantomatiques, rappelant par moment ces sonorités de série Z qu'on pouvait retrouver dans certains albums de Beherit et l'ambiance touche à son comble (« Offerlam »). D'ailleurs il faut vraiment souligner l'excellence des passages ambiants aussi bien dans leur réalisation que dans leur disposition au sein de la succession des titres du CD.

Ce qui est surprenant avec ce disque d'ailleurs, c'est sa vision d'ensemble. Alors que pour beaucoup d'albums, piocher un titre au hasard au détour d'une écoute ponctuelle ne pose pas de soucis réels, il en va différemment pour ces deux EP. En effet, alors que chaque chanson possède son âme propre, il faut reconnaître que l'ensemble de la galette semble être la métaphore sonore d'une sorte de procession noire, d'une suite d'incantations folles déclamées par un Azazil halluciné derrière son micro. Il n'est pas difficile d'imaginer les braseros et autres encensoirs autour du chef d'un culte occulte. C'est d'ailleurs l'âme même de la musique de Mare que d'aucuns qualifierait d' « Orthodoxe ».


La production pas assez minimaliste pour en faire un énième ersatz de répondeur mais pas clairement nette pour en faire une  nouvelle galette aseptisée, permet véritablement de plonger dans ce maelström de riffs hypnotiques.

Mare est typiquement le genre de groupe immersif, doté d'une aura telle qu'il est difficile de ne pas arriver à un constat de dualité à l'issue de son écoute, soit on rentre dans la danse occulte, soit on reste totalement hermétique à cette musique. Pour les fanatiques des grecs d'Acherontas, ce disque est immanquable.

T. Spellbound

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