Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/11/2013

Identitaires et dissidents : deux démarches différentes mais pas incompatibles

 Identitaires et dissidents : deux démarches différentes mais pas incompatibles

discours pericles.PNG

I) La démarche identitaire

La démarche identitaire, antérieure au mouvement du même nom, est une démarche polymorphe qui vise à défendre l’identité européenne. Cette vision identitaire doit beaucoup au GRECE, le Groupement de Recherche et d’Etude pour la Civilisation Européenne. On peut y inclure un certain nombre de personnalités comme Alain De Benoist, Pierre Vial, Guillaume Faye, Dominique Venner, Jean Mabire ou Jean-Yves Le Gallou. Si chacun a eu un parcours différent, revient chez les tenants de la pensée identitaire un élément central selon lequel l’Europe serait menacée par l’immigration de masse, mais également par l’américanisation.

La mouvance identitaire a cherché à apporter une réponse à un monde globalisé marqué par une hyper-puissance : les Etats-Unis. Convaincue que l’échelon national est dépassé et qu’il faut organiser la riposte à l’échelle continentale, cette mouvance a cherché à se démarquer du nationalisme « classique » lié à la France et incarné par des mouvements comme le FN, l’Œuvre Française ou l’Action Française qui ont tous un héritage propre. Les identitaires sont ainsi favorables au régionalisme. La région est perçue comme l’échelon autour duquel peut s’organiser une riposte culturelle populaire à la culture mondialisée de masse. Citons par exemple la défense des « terroirs » face à la malbouffe des fast-foods. Autour de cet attachement aux régions, nous retrouvons la vieille thématique de « l’Europe aux 100 drapeaux » que seul le mouvement Terre & Peuple a réellement assumée jusqu’à présent.

Une partie importante de la pensée identitaire pioche dans la tradition politique allemande : révolution conservatrice, courant völkisch, impérialisme à l’échelle européenne. Cela conduit à un débat, voire à des crispations, avec le nationalisme français classique. D’autant que les mouvements identitaires même si cela a évolué, sont pour la plupart de sensibilité « païenne », là où les mouvements nationalistes français sont plutôt catholiques.

II) La démarche dissidente

La démarche dissidente, différente elle aussi du mouvement du même nom, est une démarche beaucoup plus récente qui s’oppose à une conception néo-conservatrice du monde c’est à dire libérale et sioniste. Elle refuse la vision d‘un monde animée par un choc entre un occident libéral et démocratique et un monde arabo-musulman rétrograde et non-démocratique. Cette vision s’est peu à peu élargie à une critique de la mondialisation libérale dans son ensemble qui cherche à imposer partout le règne du marché et cherche pour cela à détruire les Etats-nations.

Outre La Dissidence, qui en porte le nom, des mouvements comme Egalite & Réconciliation ou les personnalités autour de Scriptoblog (comme Michel Drac) en sont des figures importantes. Derrière l’idée de dissidence se niche en effet l’idée selon laquelle il faudrait rompre avec le système ce qui a conduit par exemple au concept de Base Autonome Durable, qui peut rappeler la ZAD (zone à défendre) ou la ZAT (Zone autonome temporaire) des anarchistes.

Les dissidents ont souvent une culture marquée à gauche, c’est-à-dire anti-capitaliste, peu sensible à la question ethnique (réconciliation, assimilation) fortement pro-palestinienne (jusqu’à soutenir le Hamas pour certains). La revue Rébellion, quoi que antérieure à cette mouvance, est assez proche de la ligne dissidente en défendant une ligne patriotique, radicalement anti-capitaliste et tiers-mondiste.

Deux personnalités incarnent l’idée de la dissidence, Alain Soral, qu’on ne présente plus, et le non moins célèbre humoriste Dieudonné dont le signe de la quenelle est repris par toute personne souhaitant manifester son rejet du système actuel. Ainsi voit-on des militaires faire des quenelles, autant que des maghrébins en djellabas, des étudiants portant le sweat de la Manif Pour Tous, des manifestants coiffés du bonnet rouge ou un célèbre musicien de Black Metal, Varg Vikernes.

III) La conciliation entre démarche identitaire et démarche dissidente

L’exposé de ces deux démarches pourrait immédiatement faire sauter aux yeux des différences inconciliables.

D’un côté un fort attachement à la question ethnique, moins présente dans le second cas. Cela se traduit, si on suit la logique de ses deux démarches, par la défense de trois échelons différents. Les identitaires sont souvent attachés à la région et à l’Europe, alors que les dissidents sont souvent attachés à la France et fortement hostiles à tout projet européen.

Dans la démarche identitaire, certains n’hésitent pas à être favorables au libéralisme économique (comme Guillaume Faye ou certains membres du Club de l’Horloge), alors que les dissidents sont tous critiques voire fortement opposés au capitalisme.

Pourtant, les deux démarches peuvent trouver des points d’accord.

Elles dressent à l’origine un constat similaire : nous vivons dans un monde globalisé sous la domination des Etats-Unis. C’est au niveau de la perception des conséquences que se jouent souvent les divergences et donc des solutions à apporter.

Les identitaires partent d’une vision intéressante, la globalisation menace l’âme européenne, et c’est un fait indéniable que l’âme européenne, bien analysée pour une large part par Dominique Venner, est aujourd’hui en voie de disparition. Il est plus long de faire disparaître un peuple ethniquement que de lui voler son âme. La question n’est donc pas de « défendre la race blanche » pour reprendre cette horrible expression états-unienne, mais de défendre l’européanité de l’Europe. Sang, âme et esprit doivent être européens.

Là où ils commettent probablement un pêché, par pur intellectualisme bien souvent, c’est de reléguer l’échelon national au rang de vieillerie poussiéreuse. Bien au contraire, plus que jamais, face aux menaces du capitalisme, l’Etat-nation apparaît pour beaucoup de Français comme l’échelon fédérateur. Le mythe national, l’attachement aux trois couleurs du drapeau national, la résistance aux impérialismes, voila autant d’éléments fédérateurs pour la population, là où l’identité européenne ne parle à –presque- personne, où l’Europe est souvent confondue avec le machin bruxellois et où les cultures régionales sont pratiquement inexistantes à quelques exceptions près (Pays Basque, Bretagne, Corse, …).

Il paraît de surcroît évident que l’UE a fait des Etats-nations un échelon à abattre pour des raisons économiques (libre-échange), politiques (favoriser l’harmonisation du continent), philosophiques (garantir la paix sur le continent en partant du postulat que le nationalisme, c’est la guerre) et toutes les mouvances euro-régionalistes ne servent absolument pas de rempart aux offensives du système comme nous avons pu le voir avec les difficultés de la Lega Nord en Italie ou des différentes officines flamandes. Bien au contraire, nous voyons que les mouvements les plus persécutés d’Europe sont clairement nationalistes (Aube Dorée en Grèce, Jobbik en Hongrie) et que le Front National, qui jouit d’une relative tranquillité par rapport aux deux autres formations car il a donné des gages de respectabilité (pour reprendre un terme médiatique), fait malgré tout frémir l’oligarchie. L’échelon national doit donc clairement être l’échelon du combat politique. Dans un deuxième temps viendra l’époque où les mouvements accorderont leurs violons pour un front commun.

Pour combattre le système, il paraît donc de plus en plus clair qu’il faut favoriser une alternative politique qui agit dans le cadre national. Un mouvement d’hommes et d’idées à la fois attaché à la France, mais à l’européanité de la France avant tout, un mouvement qui conçoit la France comme un pays à l’avant-garde de la sortie du capitalisme, c’est-à-dire capable de contrôler les banques et la finance, attaché au localisme (économique et culturel) autant qu’à la justice sociale (entre citoyens d’une même nation) et comme un pays allant dans le sens de la multipolarité et du droit des peuples à se gouverner eux-mêmes. C’est au fond la position "nationale-révolutionnaire" depuis 40 ans.

Un dissident qui comprendrait le rôle fondamental de l’ethnicité et un identitaire qui comprendrait l’importance de mener un combat anti-capitaliste à l’échelle nationale pourraient donc naturellement se retrouver unis. C’est bien ici notre intention de faire converger deux formes d’opposition à la mondialisation vers un objectif commun.

Le Cercle Non Conforme

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Commentaires

Un homme qui fait bien la jonction des deux tendances, qui est un penseur identitaire et également un dissident: Laurent Ozon.

Écrit par : KM | 02/01/2014

Laurent Ozon a en effet une démarche très intéressante.

Écrit par : Gardien du phare | 03/01/2014

Les commentaires sont fermés.