Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/07/2013

Repenser la prison

Repenser la prison

A l'occasion de « l'affaire Nicolas », les droitards découvrent avec horreur et affliction que les geôles françaises peuvent être insalubres et crasseuses. Shocking !

Des conditions de détention dont, bien sûr, ils se contrefoutaient il y à peine quelques mois, quand elles ne concernaient que des racailles, des malades, des « hooligans » et des écrivains révisionnistes...

Au contraire, ils n'étaient pas les derniers à se plaire à affirmer que les prisons ne « devaient pas être des colonies de vacances » et se scandaliser que quelques « fumeux gauchistes » se préoccupent du « bien-être » des prisonniers, ces hommes extraits du monde et qui n'existent plus pour personne.

« Oui, mais la différence c'est que Nicolas ne mérite pas son incarcération alors que les autres détenus, eux, la méritent ! » rétorquera-t-on sans doute. Certes, l'affirmation n'est évidemment pas fausse mais largement subjective et un peu rapide.

Tout d'abord, combien de détenus se trouvent – ou se sont trouvés-, pour une raison ou une autre, dans le même type de situation que Nicolas ? Et même en ne considérant que « ceux qui le méritent » (notion qui elle-même, sans tomber dans le relativisme ni le laxisme, devrait être méditée...), le fait de les laisser croupir dans des prisons indignes et surpeuplées est-il une solution non seulement « humaine » mais ne serait-ce que simplement efficace ? Ajouter la promiscuité, l'humiliation, l'inactivité et la violence à la privation de liberté permet-il d'envisager la détention comme autre chose qu'une gigantesque usine à récidive, ce qu'elle est aujourd'hui ? L'échec total du système carcéral français qui ne protège plus, ne dissuade plus et réinsère encore moins devrait nous pousser à nous pencher sur la question. Réinsertion, formation, éducation, peines alternatives, ne sont en effet pas des gros mots réservés à de niais utopistes à dreadlocks, mais des armes qui, intelligemment articulées avec la répression et des peines véritablement exemplaires, peuvent éviter à la France une dérive à l'américaine.

A moins de considérer que quiconque a commis un crime ou un délit est une personne irrécupérable pour la société qu'il convient donc de simplement « éradiquer » du paysage social, il apparaît urgent d'envisager une réforme ambitieuse et profonde du système judiciaro-carcéral. Si les solutions ne sont ni simples ni évidentes, ce sujet mérite en tout cas plus d'attention et de réflexion que l'habituel discours simpliste que lui accorde « la droite », dans l'acceptation la plus large du terme. Un programme politique digne de ce nom devrait s'y atteler.

Source: A moy que chault!

Les commentaires sont fermés.