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25/04/2013

Chronique de film: Guerrière, un film de David Wnendt (Allemagne, 2013)

Chronique de film:

Guerrière, un film de David Wnendt (Allemagne, 2013)

guerriere affiche.jpgD’emblée, j’ai envie de donner un nom à tous ces films soi-disant sérieux sur l’extrême-droite et qui, en réalité, ne parlent toujours que de skinheads bêtes et méchants (et contents avec ça…) : la skinexploitation. Même si la skinexploitation ne compte pas énormément de films, c’est un genre qui continue de vivre et qui fait parler de lui de temps en temps. Nous avons déjà parlé du médiocre Romper Stomper ici et voici quelques mots sur la dernière perle en date du genre précité : Guerrière, un film allemand.

La skinexploitation sort des films qui sont toujours construits sur le même schéma : au départ, on a une bande de vilains skinheads à qui il va arriver des problèmes sérieux de par leurs conneries violentes. Ces conneries entrainent le doute chez un ou plusieurs d’entre eux qui vont vouloir se détacher de tout cela. Mais, comme vous le savez, on ne sort pas facilement du milieu skinhead qui est pire que la mafia ou les cartels mexicains…

Vous avez ci-dessus le déroulement de Guerrière qui nous sert la même soupe que les autres hormis le fait que les personnages mis le plus en valeur dans le film sont des femmes. Celles-ci réclamaient la parité dans la skinexploitation depuis longtemps, le réalisateur David Wnendt les a entendues et a réalisé sur elles un travail « sérieux », attention, le film a donc une valeur documentaire certaine ! Attendez de voir.

Marina est une jeune fille allemande, une « bird » qui fait partie d’une bande désorganisée de skinheads. Ceux-ci sont évidemment de gros crétins alcooliques (voire drogués pour certains) se comportant comme les pires des asociaux : ils humilient, tabassent, insultent tous les immigrés qu’ils voient et lèvent le bras en toute occasion : aussi bien dans les trains qu’ils attaquent (oui, en Allemagne, les « attaques de diligences » ne sont pas le fait de la racaille allogène mais des skinheads, je l’ai appris moi aussi grâce à Guerrière) que lorsqu’ils sortent en voiture, en profitant également pour hurler « Heil Hitler » dans les rues… Tous sont tatoués de swastikas et de SS arborés fièrement, ils suintent de haine et d’alcool et se partagent à eux tous un QI de 80. Voilà nos protagonistes, vous vous en seriez doutés j’imagine… Le film est allemand, tourné en Allemagne et ferait suite à des enquêtes du réalisateur dans les milieux d’extrême-droite… Ah bon ? Connaissant la répression à laquelle font face nos camarades d’outre-Rhin, je suis un peu étonné de tout ce que je vois dans Guerrière : certes, le milieu skinhead a partout ses cas pathologiques mais voir ces sapins de Noël hurler et tendre le bras en pleine rue dans une voiture arborée d’autocollants explicites ou sortir une arme de point devant des masses de témoins me laisse assez songeur sur le sérieux revendiqué du film. Ca pouvait passer avec American History X qui se déroulait aux Etats-Unis mais là…

Le film fait sa promotion sur l’idée qu’on peut voir (enfin !) ce milieu très particulier sous les yeux des femmes. C’est bien prétentieux. Marina, mis à part son sexe, remplit le cahier des charges de l’acteur principal de skinexploitation : elle est violente, extrémiste (elle refuse de servir en caisse des immigrés pakistanais) et doit une partie de ses opinions nauséabondes à son antisémite de grand-père qui, on l’apprendra, était dans sa vie familiale une réelle ordure (j’en étais sûr !). Heureusement, elle va prendre conscience peu à peu de la dangerosité de ce milieu et des types qu’elle fréquente (en premier lieu son petit ami, l’un des pires qui passe d’ailleurs par la case prison pour les violences réalisées dans le train). Cette prise de conscience se fait de deux façons, ou, plus précisément via deux personnes. La première est la jeune Svenja, 15 ans. Adolescente normale ayant quelques disputes avec ses parents, elle va rentrer un peu par hasard dans le groupe de Marina et va vite devenir une adepte aveugle et fanatique des « idées » politiques de ses nouveaux compères où elle trouvera une sorte de nouvelle famille. La seconde personne est l’un des immigrés pakistanais que Marina avait refusé de servir. Après une série de tribulations  (cette dernière ira jusqu’à le renverser volontairement en voiture) elle va petit à petit vouloir l’aider. Peu à peu, elle se met en péril face à son groupe et loge même le dit pakistanais qu’elle veut aider à retrouver sa famille en Suède. C’est cette relation très politiquement correcte (l’aide aux sans-papiers !) complètement improbable et rendue très maladroitement par le scénario qui va faire peu à peu changer notre guerrière…

Je ne vous dévoile pas la fin, je vous laisse l’imaginer. Tout ce qu’il en est, c’est qu’on a l’impression d’avoir bien perdu son temps avec Guerrière (mais ne le savait-on pas dès le départ ?) et qu’on savait bien que les idées politiquement incorrectes n’apportaient que tristesse, désolation et no future… surtout aux femmes !

Rüdiger

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