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31/12/2012

Petit éloge du long terme par Jacques Georges

 

Petit éloge du long terme

À long terme, nous serons tous morts. Même les civilisations sont mortelles. Le Reich de mille ans a duré douze ans. Le long terme serait-il une illusion ? Non : le long terme, les longues perspectives, ces notions perdues de vue depuis longtemps en démocratie de marché, sont nécessaires aux sociétés comme aux individus pour être bien dans leur peau, voilà le propos de ce petit article sur un grand sujet.

La Chine, le sens du temps long

220px_Chinese_style_minaret_of_the_Great_Mosque_7.jpgPrenons la Chine. Voilà un pays qui depuis trente ans n’arrête pas de commencer par le commencement : construire pierre à pierre les conditions du développement (maîtrise démographique, priorité aux infrastructures de base et à l’éducation scolaire, technique et civique des citoyens, conception et mise en place d’un système bancaire et financier tourné vers le soutien à la production et l’entreprise, protectionnisme intelligent, maîtrise des parités de change, ordre dans la rue et dans les têtes), pour produire modestement et à bas coûts des articles essentiellement exportés, puis monter progressivement en gamme et en technologie, pour se retrouver, un beau matin, premier producteur industriel et deuxième P.I.B. de la planète. Le tout en ne distribuant en bienfaits salariaux et sociaux, voire en investissements « de confort » de type logement, que ce qui est possible, voire seulement nécessaire. Avec toujours en ligne de mire l’épargne, la compétitivité, le long terme, la réserve sous le pied, et, plus que tout, la préservation de son identité, de sa force, de sa fierté nationale. Une vraie Prusse orientale. Pardon pour ce jeu de mots, qui d’ailleurs va très loin.

L’Europe ? L’idiot du village global

Prenons maintenant l’Occident en général, l’Europe en particulier. Un socialiste intelligent a dit qu’elle était l’idiot du village global, ce qui résume bien les choses. Son plus beau fleuron, la Grèce, ne fait que magnifier les exemples espagnol, portugais, italien, français, et, il faut bien le dire, en grande partie aussi bruxellois : optimisme marchand, mondialisation heureuse, ouverture à tout va, liberté de circulation des marchandises, des services et des hommes, substitution de population et libanisation joyeuses, rationalisation marchande extrême de la fonction agricole, abandon implicite de l’industrie au profit d’un tas appelé « services », joie du baccalauréat pour tous, protection du consommateur, développement de la publicité et du crédit à la consommation, distributions massives de pains et de jeux, relances keynésiennes perpétuelles, endettement privé et public poussé à l’absurde, promesses électorales qui n’engagent que ceux qui les prennent au sérieux, yeux perpétuellement rivés sur les sondages. Le résultat, totalement prévisible, est là, sous nos yeux. Au bout du compte, la chère France, pour prendre son glorieux exemple, en est, à fin octobre 2012, à se poser avec angoisse la question existentielle de savoir si le taux de croissance du P.I.B. en 2012 sera de 0,8 ou de 0,3, ce qui change tout.

La misère intellectuelle et morale de l’Europe

On nous dira : et l’Allemagne, la Finlande, l’Autriche, et quelques autres ? Certes, ils sont un peu chinois de comportement ! Leur comportement garde un zeste de sérieux, de sens du long terme et de séquence logique des priorités qui font chaud au cœur à quelques-uns, dont, on l’a deviné, le rédacteur de ce petit billet. Que dit Angela ? Que rien ne sert de consommer, il faut produire à point; que quelqu’un doit bien finir par payer les dettes; que la malfaisance du capitalisme, ou du marché, ou des banques, ou de tous les boucs émissaires du monde, n’explique pas tout; que le vernis sur les ongles vient après une bonne douche, et autres commandements dictatoriaux du même acabit. Intolérable, clament en chœur les cigales indignées : les Allemands doivent coopérer en lâchant les vannes, en consommant davantage, en faisant un minimum d’inflation, bref, en s’alignant enfin sur les cancres majoritaires ! À défaut, l’Allemagne paiera, ce qui n’est que justice ! Sur ce point, extrêmes droites européennes, qui depuis peu méritent effectivement ce nom, et extrêmes gauches, toujours égales à elles-mêmes, sont d’accord. La misère intellectuelle et morale de l’Europe, en ce début de siècle, est immense.

Soyons un instant sérieux, car le sujet l’est extrêmement. Le sens du long terme a quelque chose à voir avec l’état, disons la santé, des peuples. C’est une affaire ancienne, délicate, complexe. Sparte contre Athènes, la Prusse contre l’Autriche, la cigale contre la fourmi, le modèle rhénan versus le modèle anglo-saxon, la primauté de l’économique sur le social, c’était déjà un peu ça. La gauche s’identifie assez naturellement avec ce qu’il y a de pire à cet égard, quoique avec des nuances, voire des exceptions (on cite à tort ou à raison Mendès-France, Delors ou Schröder comme contre-exemples). La droite, par nature portée aux horizons longs, mais ayant besoin d’être élue, et n’étant souvent pas de droite, a rivalisé souvent avec succès en démagogie avec les meilleurs démagogues de l’équipe adverse. Le ludion Sarkozy, sympathique et actif par ailleurs, comme son excellent et populaire prédécesseur, illustrent bien cette dérive. Sans parler des collègues grec ou italien.

Pour une trithérapie des nations européennes

Comment commencer à s’en sortir ? À notre avis, par une trithérapie mêlant :

1 – acheminement ordonné vers un protectionnisme continental identitaire intelligent de type Paris – Berlin – Moscou – Vladivostok,

2 – inversion vigoureuse mais juste et astucieuse des flux migratoires, et, last but not least,

3 – réforme intellectuelle et morale : réhabilitation de l’identité des Européens, du sens collectif, du long terme et de l’effort, ré-examen profond et/ou remisage de l’idéologie des « droidloms » aux orties, réexamen honnête de l’histoire du XXe siècle défigurée dans les années 1960 sur les fondements datés de Nuremberg et Bandoeng. Joli programme ! Avec un peu de chance, en cent ou deux cents ans à peine, c’est plié !

Jacques Georges

 • D’abord mis en ligne sur Polémia, le 13 novembre 2012 puis sur Europe Maxima le 30 décembre.

30/12/2012

Méridien Zéro #125: "La der de l'année"

Ce dimanche, la fine fleur des animateurs MZ vous convie à une émission post-apocalyptique.

Pas du plus grand sérieux, bien lourde, cette traditionnelle émission de fin d'année nous permettra de conclure 2012 en beauté. Le surcroit d'animateurs présents par rapport au nombre de micros disponible fait qu'il y aura probablement des différences de niveau sonore d'une intervention à l'autre. Nous vous prions de nous excuser par avance de cet éventuel désagrément.

A la technique : Lord Igor

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DIFFUSION DE L'EMISSION LE DIMANCHE 30 DECEMBRE


          

29/12/2012

Entretien avec Etienne Chouard : le pouvoir antisocial de l'argent

Entretien avec Etienne Chouard : le pouvoir antisocial de l'argent

Etienne Chouard nous montre comment le mécanisme de l'élection politique est intimement lié au pouvoir de l'argent.
Une explication qui met en lien la création monétaire et la concentration des richesses avec la nécessité d'écrire nous-même notre constitution pour se protéger des abus de pouvoir des plus riches.

Source : http://www.avantgardeeconomique.fr
Page Facebook : http://www.facebook.com/Avantgardeeconomique

28/12/2012

Confident of victory - A never ending fight

Confident of victory - A never ending fight - Opos Records

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26/12/2012

La sécession en Catalogne ou les maux du nationalisme chauvin par Javier Portella

La sécession en Catalogne ou les maux du nationalisme chauvin

La Catalogne, la Flandre, l’Italie du Nord, l’Ecosse sont tentées par le séparatisme. Correspondant de Polémia à Madrid, Javier R. Portella s’interroge à propos de la Catalogne : au moment où les peuples européens sont victimes d’une substitution de population, l’animadversion à l’égard du voisin le plus proche est-elle la priorité ?

Polémia. ___________________________________________________________


Catalogne_carte_3.gifJ’écris ces lignes le soir même du dimanche 25 novembre, jour des élections en Catalogne qui étaient censées produire un raz-de-marée sécessionniste en faveur de l’indépendance vis-à-vis de l’Espagne. Le raz-de-marée ne s’est pourtant pas produit, les électeurs s’étant bornés à préférer « l’original », Esquerra Republicana, le parti le plus radicalement sécessionniste, qui est passé de 10 à 21 sièges, à « la copie », le CiU, parti qui avait convoqué les élections, qui est tombé de 62 à 50 sièges. Bref, un simple transfert de voix au sein des sécessionnistes qui, ensemble, représentent toujours 64% des électeurs, face à 36% pour les forces non séparatistes.

Le désastre du nationalisme chauvin

Mais oublions la petite cuisine électorale. Essayons de cerner les questions qui vraiment importent. Que se passe-t-il, que se joue-t-il en Catalogne (et il faudrait ajouter : et dans le Pays basque) ? La question est d’autant plus importante que la mouvance identitaire (du moins en France), portée sans doute par le rejet on ne peut plus légitime du jacobinisme, fait preuve souvent d’une grande incompréhension du phénomène national en Espagne, en même temps qu’elle manifeste des sympathies à l’égard de forces dont la victoire nous mènerait tout simplement à la catastrophe : au désastre du nationalisme chauvin que l’Europe a déjà suffisamment souffert jadis dans ses chairs.

Ne nous trompons pas. L’enjeu, aujourd’hui en Catalogne (il faudrait préciser : en Catalogne espagnole, car il y a aussi une Catalogne française), ce n’est nullement la défense d’un petit peuple à la langue, à la culture, à l’identité et aux droits politiques brimés par l’oppression d’un autre peuple ou d’un quelconque pouvoir central. Si brimades il y a eu, elles ont plus que disparu depuis plus de trente ans, l’Espagne s’étant constituée en fait dans une sorte d’Etat fédéral dont les parties constitutives, appelées « Communautés autonomes », jouissent même de plus de droits que bien des Etats fédéraux.

Le catalan, l’anglais et l’espagnol

Soyons clairs. Si une langue, une culture, une histoire est aujourd’hui brimée et vilipendée en Catalogne, cette langue, cette culture, cette histoire n’est nullement celle de la Catalogne : c’est celle de l’Espagne, dont la langue – un exemple parmi mille – tient dans l’enseignement une place plus réduite que celle accordée à l’anglais. La fin du discours que pour clôturer la campagne électorale Artur Mas, président de la Catalogne, a prononcé en… anglais en constitue d’ailleurs la preuve éclatante et symbolique. Puisque le catalan est une langue minoritaire, était-il signifié, et puisqu’il nous faut bien une langue universelle dans ce monde heureusement globalisé que nous aimons tellement… alors, que cette langue soit donc l’anglais plutôt que l’espagnol que nous exécrons mais dont nous ne savons pas quoi faire pour nous en passer !

La négation d’un passé millénaire

C’est là toute la question. Lorsque la haine nationale, ou, si l’on préfère un mot moins fort, lorsque l’animadversion chauvine déverse son fiel dans le cœur d’un peuple (comme elle le déversa jadis dans le cœur, par exemple, des Français et des Allemands), toutes les autres questions deviennent parfaitement secondaires. Posons celle qui est sans doute la plus importante : Faut-il en finir avec « l’Etat-nation » pour créer, au sein de l’Europe, un autre modèle d’organisation politique de nos peuples ? Sans doute. C’est même tout à fait légitime de le revendiquer ou, tout au moins, de poser la question. Or, toute revendication devient illégitime, toute question devient là-dessus nulle et non avenue dès lors que le mouvement premier qui porte un tel élan consiste dans la négation de l’Autre : dans la négation, en l’occurrence, d’un passé millénaire où la langue, les institutions, la culture, l’être même de la Catalogne ont été indissociables – avec autant de particularités que l’on voudra – de la langue, des institutions, de la culture, de l’être même de l’Espagne.

La vraie question de l’identité collective de nos peuples

Il faut, certes, poser et défendre, face à l’individualisme qui nous accable, la question de l’identité collective de nos peuples. C’est là, il faut bien le reconnaître (*), le grand (et seul) mérite des mouvements nationalistes catalan et basque (tout le problème est qu’ils prétendent que leur identité est une, alors qu’elle est double !). Le phénomène est d’autant plus paradoxal que, face à ce grand élan identitaire, il s’étale, dans le reste de l’Espagne, une sorte de néant d’identité où l’individualisme le plus forcené, ayant écarté toute mémoire, tout enracinement, toute tradition, a gagné la partie.

Il faut poser, disais-je, la question de l’identité collective de nos peuples. Mais il est absurde (outre ce qui vient d’être dit) de poser une telle question dans les termes de ces nationalistes catalans (et basques) qui, tout en ayant constamment le mot « identité » à la bouche, s’empressent d’accueillir, les bras grands ouverts, les masses extra-européennes dont l’immigration de peuplement met en danger notre identité à nous tous, à commencer par la leur.

Javier R. Portella
25/11/2012

(*) Je l’ai explicitement reconnu et développé, par exemple, dans mon livre España no es una cáscara [L’Espagne n’est pas une coquille], Áltera, Barcelone, 2000.

Source: Polémia

24/12/2012

Chronique d'album - Ribelli d'Indastria - Diario di guerra

 

Ribelli d’Indastria – Diario di Guerra

diario-di-guerra.jpgRibelli d’Indastria, originaire de Turin, sort en 2011 avec Diario di Guerra son premier CD après nous avoir donné une idée de son style propre avec le split Italians do it Better. Les morceaux d’Italians do it Better nous délivraient une musique avec un son et un rythme assez lourds qui tranche avec le hardcore en vogue en Italie.

Avec Diario di Guerra, Ribelli d’Indastria se place dans la continuité mais la musique a gagné en dynamisme et en agressivité.

Après une intro déjantée et un excellent premier morceau, « Genesi », sans aucun compromis politiquement correct, les Turinois ravissent nos oreilles avec « Produci Consuma Crepa » qui est une critique de la société de production/consommation. Un morceau qui commence par un rythme lent et lourd avant de déployer un hardcore très rapide dont vous pouvez juger par vous-même :


 Fratricidio Monetario est plus court et plus lent, à l’exception des dernières trente secondes qui délivrent entre autre le message suivant « Banca, Banca, sei il primo nemico, affami il tuo popolo senza dignita » que nous pouvons traduire par « Banque, banque, tu es le premier ennemi, tu affames ton peuple sans dignité ».  Il s’agit d’une bonne suite au morceau précédent sur la consommation. Après la consommation et les banques, « Ameri Cani » s’attaque à l’oncle Sam. Le morceau est un jeu de mot en italien, Ameri Cani signifie Ameri Chiens en traduction littérale et Americani signifie Américains. Le refrain traduit bien toute l’hypocrisie de ce pays : « Héroïques, pacifistes, démocratiques, Americains ». On y retrouve une critique de l’OTAN, des collusions avec la mafia, des guerres au nom du libre commerce, de l’omniprésence de la langue anglaise, … assurément un morceau très fort dans le contexte italien, quand on sait combien l’Italie souffre depuis 1945 des réseaux d’influence pro-américains.

Ipocrisia, dont le thème peut être relié au morceau précédent, est un morceau efficace, à la fois lourd et dynamique. Il prépare très bien « L’Unica Belleza, il vostro Terrore », deuxième partie du morceau « L’Unica Bellezza » de Italians do it Better . Cette deuxième partie est en particulier une ode à la jeunesse avec le refrain « Giovinezza al potere », « La jeunesse au pouvoir », auquel nous souscrivons totalement. Pour moi, un autre morceau phare de l’album est « Quis contra Nos ? », « Qui sera contre nous ? ». Le refrain « Si Spiritus pro Nobis, Quis contra nos ? » fait référence au préambule de la constitution de Fiume du 27 août 1920.

L’album se termine avec des morceaux ayant une teinte plus grave, « Diario di Guerra », « Jour de Guerre », qui donne son nom à l’album est assez poétique et nous rappelle le caractère romantique des italiens. Le refrain signifie par exemple « Cette fleur née d’une tempête, cette fleur dangereuse, a été semée par un étranger, cette fleur était le fil barbelé ». Elle nous paraît rendre hommage, à l’instar de Corrida 1945 qui suit, aux victimes des Alliés. A ce titre, Corrida 1945 compare les traqués de la fin de la guerre avec le taureau dans l’arène. Dédiée aux héros, elle est très pesante mais n’est pas une chanson de défaite, car comme le rappelle le refrain « Siamo ancora qui », « Nous sommes encore là ». 

L’album dispose d’un bonus track, à peu près aussi déjanté que l’intro, qui conclut l’ensemble sur un ton dynamique et envoûtant.

Ribelli d’Indastria s’affirme comme un groupe intéressant car il développe une musique qui mélange le hardcore avec des riffs plus lourds ou plus lent, permettant d’identifier immédiatement le groupe. La voix, gutturale et le graphisme de l’album, associant des couleurs sombres avec le rouge sang renforcent l’identité du groupe.

Jean

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