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13/09/2012

Police Python 357 d’Alain Corneau (France, 1977)

 Police Python 357 d’Alain Corneau (France, 1977)

police python.JPGLe cinéma policier français a toujours été, globalement, un cinéma de qualité. Dans les années 1970, de nombreux films peuvent en témoigner -même si on les a un peu oubliés aujourd’hui- ainsi ce Police Python 357 qui reste un grand classique de cette période.

Polar très noir, Police Python 357, nous plonge dans une histoire policière trouble menée par Yves Montand, François Périer et Simone Signoret.

L’ Inspecteur Ferrot (Yves Montand) est un homme solitaire qui ne vit que pour son travail. Il tombe amoureux d’une jeune photographe, Sylvia, qui, en devenant sa maîtresse, apporte enfin une rupture dans sa vie monotone. Ferrot ignore pourtant que cette dernière est déjà l’amante du divisionnaire Ganet (l’excellent François Périer), son supérieur hiérarchique, depuis des années. Lorsque Ganet apprend que Silvia souhaite le quitter pour un autre homme, ils se disputent et il la tue. L’enquête est confiée à l’inspecteur Ferrot, très troublé par la mort de Sylvia sur laquelle il ne peut rien dire car il comprend vite que tous les indices l’accusent lui et pas un autre…

Fort d’un scénario très bien ficelé dès le début du film, Police Python 357, est remarquable avant tout pour ses acteurs qui campent fort bien leurs personnages. Yves Montand, en premier lieu, loup solitaire passionné par les armes (d’où le titre du film) dont la morne existence n’est illuminée que par sa rencontre avec Sylvia et qui, après la mort de celle-ci, devient comme un fauve traqué dont l’existence se ne résume plus qu’à chercher à prouver son innocence. Cette tâche le déshumanise au fur et à mesure, celui-ci allant jusqu’à se mutiler et à rentrer à la fin du film dans un mutisme de plus en plus prégnant. François Périer, qui joue le rôle du divisionnaire Ganet et sa femme, Simone Signoret, sont excellents en couple bourgeois aux relations ambigües et malsaines. Cette dernière est handicapée et connaît l’infidélité de son mari, infidélité qui la hante même si elle l’accepte. Face à la nouvelle du meurtre de Sylvia, elle fera tout pour amener son mari à dissimuler son crime afin d’éviter le scandale qui ne manquerait pas d’exploser autour de ce couple notable et respecté…

Le film, tourné à Orléans, baigne dans une atmosphère assez sombre et désabusée. Le bonheur ne semble qu’être éphémère voire impossible. Les relations humaines paraissent difficiles, entachées qu’elles sont par la trahison et le mensonge. Police Python est un authentique film noir, bien mené, qui possède d’énormes qualités en plus d’avoir le charme des films français de cette époque. Malgré son final surprenant (apportant cependant un certain regard sur le héros du film) mais qui reste trop trouble, Police Python 357 est un vrai classique du film policier français. Il n’a pas vieilli et mérite vivement d’être redécouvert. Le réalisateur, Alain Corneau, allait d’ailleurs, dans les années qui allaient suivre, tourner d’autres films noirs de très bonne facture : la Menace (1977), Série noire (1979) et Le choix des armes (1981).

Rüdiger

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Commentaires

Salut, le film de 1981 c'est "le choix des armes", pas la loi des armes.
Corneau était un grand cinéaste et un fin mélomane, les BO de ces films sont superbes.

Écrit par : FDT | 14/09/2012

Effectivement... merci de réparer cette coquille!

Écrit par : Rüdiger | 15/09/2012

ne pas oublier son remarquable remake du deuxième souffle de melville (dont il était le digne héritier), avec auteuil. Michel Marmin l'a défini comme un chef-d'oeuvre du maniérisme à la française.

Écrit par : aramis | 20/09/2012

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