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26/08/2012

Chronique de film : Kids Return de Takeshi Kitano (Japon, 1996)

Chronique de film :

Kids Return de Takeshi Kitano (Japon, 1996)

KidsReturnJapanese.jpgTakeshi Kitano est un réalisateur japonais assez connu pour ses films de yakusas dans lesquels il joue la plupart du temps : Violent Cop (1989), Sonatine (1993), Hana-Bi (1997) ou encore le récent Outrage (2011). Films violents et pessimistes, ils ont fait la renommée du japonais qui a pourtant, dans ses réalisations, traité d’autres sujets.

Dans Kids Return, datant de 1996, Kitano prend comme sujet la jeunesse japonaise. Le film se concentre autour de deux lycéens, Shinji et Masaru. Ceux-ci sèchent les cours, font des bêtises et ne semblent avoir aucun but dans la vie hormis glander. Shinji, assez paisible, est pourtant bien différent de Masaru. Ce dernier se la joue « petite frappe », rackette d’autres lycéens mais finit fatalement par trouver plus fort que lui. Il se met donc à la boxe et abandonne totalement le lycée. Shinji finit lui aussi par rentrer dans le club de boxe du quartier mené par des entraîneurs exigeants.

Masaru, qui fait de la boxe de manière impulsive, est irrespectueux de la discipline et des autres. Il quittera rapidement l’entraînement après avoir perdu un match contre son ami, Shinji, qu’il voyait comme un faible. Fasciné par les yakusas de son quartier, il devient l’un des leurs. Shinji, pendant ce temps, persévère dans la boxe et devient, à force de travail, de discipline et de respect pour ses entraîneurs, un excellent boxeur. Il enchaîne les victoires lors des compétitions, à la différence de ses camarades qui, eux, ne respectent pas les impératifs du sport. Shinji est devenu une étoile montante de la boxe mais se laisse peu à peu entraîner par la facilité et par de mauvaises fréquentations ; il perd la discipline nécessaire au maintien de son niveau. Il est vaincu lors d’un combat très important et abandonne la boxe. Masaru, de son côté, est devenu une figure respectée chez les yakusas. Malheureusement pour lui, son irrespect de la hiérarchie et des anciens pousse son clan à l’exclure et à le punir en lui infligeant une sacrée correction…

Si le film suit avant tout les deux personnages cités plus haut, il s’attache à d’autres exemples qui permettent à Kitano de donner de la jeunesse japonaise une image très pessimiste. Ces jeunes sont perdus, n’ont pas de but dans la vie ou, s’ils en trouvent un, sont incapables de faire les efforts suffisants pour le suivre. Le message est le suivant : la vie est dure et on n’obtient rien sans rien. Persévérer malgré les difficultés est toujours récompensé mais encore faut-il avoir la volonté nécessaire pour cela ; décider par soi-même et ne pas se laisser entraîner vers le bas. Cette jeunesse japonaise a perdu la rigueur traditionnelle : elle vit à la légère, est faible, ne persévère pas devant les épreuves et ne respecte pas les anciens. Elle dépérit et est donc vouée à l’échec si elle ne se prend pas en main… N’y-a-t-il donc pas des ressemblances avec celle d’Europe ?

Film très différent des autres œuvres de Kitano, Kids Return est effectivement moins aguicheur au premier abord car il est plus simple et plus intimiste. Il est toutefois une œuvre intéressante qui donne à réfléchir. Le film est de plus pourvu d’une musique superbe de Joe Hisaichi.

Rüdiger

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