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12/12/2013

Chronique cinéma: « The Killer », un film de John Woo (Hong Kong, 1989).

« The Killer », un film de John Woo (Hong Kong, 1989).

thekiller-affretro2.JPGSi John Woo m’intéresse, c’est avant tout pour ses films faits à Hong Kong et non pas pour les blockbusters américains qu’il a tournés plus tard.

En 1989, il tourne ce qui est selon moi son plus beau film, « The Killer ». Le scénario est simple : un tueur professionnel, lors d’un contrat, aveugle accidentellement une jeune chanteuse. Poussé par le remords, il la prend en charge, ce qui devient de plus en plus difficile puisqu’il a à ses trousses la police et l’un de ses anciens commanditaires.

Ce film est surtout connu, comme les autres de Woo (« Le syndicat du crime » ou surtout « A toute épreuve ») pour être un film d’action « révolutionnaire » et très violent. C’est vrai, ça tire de partout, il y a énormément de morts mais jamais, ça ne ressemble pas aux films d’action américains, si médiocres en général. Le rythme des fusillades est ardu mais on s’ennuie jamais car tous ces combats d’armes à feu sont superbement filmés et très esthétiques. Esthétique, le film l’est indéniablement et plusieurs scènes sont vraiment superbes, telles celles qui se déroulent dans l’église toute éclairée de centaines de bougies.

Un film d’action, oui. Et certainement l’un des tous meilleurs du genre. Mais pas seulement. Ce qui donne sa force à « The Killer », ce sont les thèmes qui sont abordés lors des temps morts et en premier lieu ceux de l’amitié et de la trahison. Jeff (l’excellent Chow-Yun Fat), tueur très inspiré du personnage d’Alain Delon dans le Samouraï de Merville (il porte d’ailleurs le même nom), place l’amitié au plus haut point, ce qui lui apportera, au fur et à mesure du film, de fortes déconvenues mais aussi un courage accru face aux épreuves. L’amitié est ici sublimée, et, au CNC, cela ne peut que nous plaire… On trouvera plusieurs scènes sur ce thème ; c’est assez poignant par moments voire même naïf mais si vous connaissez les autres films de Woo, en particulier « Le syndicat du crime» (1986) ou « Une balle dans la tête » (1990), cela ne vous étonnera guère. D’autres thèmes annexes, l’amour, le remords, la persévérance sont également traités de manière annexe dans ce polar violent qui ne semble, au final, que servir d’enveloppe aux sentiments chers à John Woo et qu’il développe au travers de ses personnages dans ses films de la période hongkongaise. the-killer.JPG

The Killer est un film atypique et que pour ma part je trouve excellent tant il ne ressemble à aucun autre. Et puis, c’est du cinéma hongkongais, qui bien que très professionnel, fleure bon encore l’artisanat du cinéma d’antan. C’est loin, très loin, du cinéma hollywoodien et tant mieux. On notera tout de même que le cinéma de John Woo, très inspiré par le cinéma policier français traditionnel, est certainement plus accessible que bien d’autres films asiatiques. Si vous ne connaissez pas ce cinéma, c’est une excellente entrée en la matière.

Rüdiger

Commentaires

mercio de m envoyer vos actus merci

Écrit par : bertrand | 16/12/2013

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