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05/02/2016

Chronique de livre : Michel Pastoureau "Le roi tué par un cochon. Une mort infâme aux origines des emblèmes de la France ?"

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Michel Pastoureau

Le roi tué par un cochon ; Une mort infâme aux origines des emblèmes de la France ?

(Seuil, 2015)

Le succès qu’obtiennent les parutions de Michel Pastoureau est amplement mérité. Ses thèmes d’étude sont originaux et permettent de combler nombre de lacunes d’une historiographie qui a longtemps fait l’impasse sur une grande part du symbolisme moyenâgeux. Lire Pastoureau, c’est comme entrer dans une bibliothèque remplie de secrets. On en apprend à toutes les pages tant son érudition est impressionnante et, surtout !, bien employée. Ses livres sont d’une rigueur toute universitaire en étant d’une grande clarté car écrits d’une plume des plus agréables. S’il est l’un des médiévistes les plus en vue aujourd’hui, on ne peut que s’en féliciter. Au C.N.C., nous avons toujours été très friands de ses travaux et cette chronique viendra s’ajouter à celles de son maître-ouvrage L’Ours, histoire d’un roi déchu ainsi qu’à l’étude d’une couleur qui nous est chère : Noir, histoire d’une couleur.

Dernier ouvrage de l’auteur, Le roi tué par un cochon intrigue dès que l’on a lu son titre. Sous-titré Une mort infâme aux origines des emblèmes de la France ?, le lecteur se voit plongé dans une sorte d’inconnu : aucun de nos rois n’est pourtant mort à cause d’un cochon… Eh bien si ! Et toute la présente étude s’articule autour de cet événement longtemps oublié : son déroulement, ses conséquences ainsi que la décortication de tout ce qui y touche de près ou de loin.

Le 13 octobre 1131 meurt à Paris le jeune Philippe, fils aîné du roi Louis VI le Gros. Agé de 15 ans, le garçon décède des suites d’une chute de cheval causée en pleine rue par un cochon qui s’est jeté dans les pattes du destrier royal. Royal oui… car Philippe est déjà roi lui aussi depuis 1129. Associé au pouvoir de son père selon l’usage des premiers Capétiens, il est une sorte de second roi. Cette mort horrible et tragique pour une dynastie capétienne encore contestée est, selon Michel Pastoureau, un événement fondateur de l’histoire de France.

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Le décès de Philippe apparaît aux contemporains comme bien plus qu’un simple accident. C’est une mort infâme, ignoble, honteuse écrivent les chroniqueurs. Pourquoi ? Parce qu’elle a été causée par un cochon, considéré au Moyen Âge comme une bête impure, vile, symbole de saleté, de gloutonnerie et de péché en général. Le cochon est un animal qui figure en bonne place dans le bestiaire de Satan. En témoigne bien cette désignation : « porcus diabolicus ». Michel Pastoureau consacre évidemment un gros chapitre à cet animal devenu impur par héritage biblique et explore sa place dans la société et les mentalités médiévales ainsi que le rejet qui est le sien dans les religions monothéistes. La mort de Philippe étant causée par un animal diabolique, elle pose un énorme problème à la dynastie capétienne : elle la souille. Cette mort infâme (étymologiquement, qui nuit à la fama, c’est-à-dire au renom ou à l’honneur d’une personne ou d’un groupe de personnes) salit les Capétiens dans leur ensemble, eux et leur légitimité…

Louis VI et ses conseillers (Suger, Saint Bernard) agissent sans tarder pour laver cette mort qui pourrait être considérée comme un acte divin… Dieu punirait-il par-là les Capétiens ? Ceux-ci ont-ils trop péché ? Il est vrai qu’ils ont souvent eu maille à partie avec l’Eglise et la papauté (plusieurs ont d’ailleurs été excommuniés)… Nous sommes à une époque où le pouvoir de l’Eglise se renforce considérablement et réussit à imposer ses systèmes de valeurs qui rentrent bien souvent en conflit avec les usages antérieurs. Pastoureau, comme toujours, explore ces bouleversements et il est passionnant de constater jusqu’à quel point ils furent profonds, que ce soit de manière directe ou symbolique (la partie consacrée à la corpulence des rois est à cet égard fort révélatrice ; c’est aussi à ce moment que l’ours est détrôné de sa place de roi des animaux…).

Devant se racheter et se rapprocher de Dieu pour effacer la souillure qui les tache, Louis VI et son successeur (son fils, Louis VII) utiliseront tous les moyens possibles pour retrouver les grâces divines et renforcer la légitimité de leur pouvoir. Selon l’hypothèse de l’auteur, c’est ce qui aurait amené la dynastie capétienne à l’adoption de deux symboles fondamentaux comme emblèmes royaux : le lis marial et le bleu céleste. Pastoureau revient en détail sur l’histoire symbolique de ces deux emblèmes qui ont la particularité de symboliser la pureté et de se rattacher à la Vierge. Sous le patronage de la mère du Christ, la monarchie française pouvait se différencier des autres et, surtout, se considérer désormais comme la fille aînée de l’Eglise, montrer sa pureté et effacer à jamais la souillure apportée par la mort de Philippe…

L’hypothèse est séduisante car sérieusement documentée. On saura surtout gré à l’auteur d’avoir sorti une nouvelle fois un ouvrage passionnant (dont je n’ai fait qu’effleurer la richesse) qui contribue une fois encore à mieux comprendre notre passé et les mentalités anciennes.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

04/02/2016

Pavillon Noir. Chronique du 3 février 2016 : "A quoi ça sert ?"

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03/02/2016

Chronique musicale: Absurd "Live and raw in the North"

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Absurd, Live and raw in the North

(Darker than Black / Nebelfee Klangwerke, 2015)

Si un nouvel album a été annoncé depuis des mois, l’actualité récente d’Absurd s’est résumée à dépoussiérer des raretés ; raretés que j’avais mises à l’honneur en ces pages (le EP Größer als der Tod et le live en prison d’In Ketten). C’est maintenant à un court enregistrement live avec le plus récent line-up d’Absurd auquel ont droit les amateurs du légendaire groupe allemand. Pourquoi pas me direz-vous. Cela rappellera aux plus nostalgiques une époque où cela était plutôt répandu (le EP Maiden Japan d’Iron Maiden étant le plus connu du genre) et permettra en outre une écoute plus facile car le Black Metal en live, ce n’est pas toujours le top et certains albums du style sont bien indigestes…


Je me dis toutefois qu’un album live entier aurait pu être envisagé car ceux qui ont vu Absurd en concert à cette période (il y a une dizaine d’années grosso-modo) pourront se rappeler à quel point les Allemands assuraient sur scène. Ils s’étaient d’ailleurs produit à deux reprises près de chez nous, en Flandres (en 2004 à Waregem et en 2008 près d’Audenarde). Deux excellents concerts. Début 2008, c’est l’apogée du groupe qui s’embarque avec les grecs de Der Stürmer pour une mini-tournée en Finlande. Cet événement fit du bruit tant dans le milieu NSBM qu’en Finlande où médias et antifas menèrent-en vain-une campagne hystérique à l’encontre des deux concerts programmés. Ce fut le Carelian Pagan Madness tour (clin d’œil à la démo qui « lança » réellement Absurd en 1995 : Thuringian Pagan Madness). Cette mini-tournée sera l’occasion pour Der Stürmer de sortir un album live quelques mois plus tard. Certains titres d’Absurd ayant été également enregistrés (« unintentionally » disent-ils) lors du concert de Tampere, nous y avons droit aujourd’hui.

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La bonne idée de ce 45 tours est de présenter des titres qu’aucun autre enregistrement live du groupe ne proposait. C’est le cas par exemple de « Wolfsblut », tiré de l’album Blutgericht ou encore de cette chanson qui reste pour moi l’une des meilleures d’Absurd : « Colours of Autumn » (originellement sur le split avec Pantheon). Le son est bon, la prestation aussi. Pourquoi s’en priver ? D’autant que cet EP est limité à 1000 copies et qu’il est annoncé qu’aucune réédition ne sera faite à l’avenir.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

31/01/2016

Qu'est-ce que l'Art ? par Charles Robin

Les significations données à l'art sont nombreuses et ont considérablement varié selon les lieux et les époques. De l'art comme recherche du beau à l'art comme voie d'accès au divin, en passant par l'art comme imitation de la nature ou, plus récemment, comme démarche de provocation et de transgression, les définitions de ce concept paraissent surtout dépendre de nos conceptions individuelles et de notre sensibilité.

Loin de prétendre à une élucidation de cette question, ce film se propose d'explorer les différentes définitions attribuées à l'art, tout en mettant en relief leurs limites ou, au contraire, leur pertinence, laissant à chacun la possibilité de se positionner librement sur le sujet. Notre objectif est d'abord d'offrir au spectateur des éléments de réflexion et de comparaison, qui lui permettront de se forger un jugement plus éclairé sur ce vaste continent de la culture humaine.


Le site de Charles Robin : http://www.charles-robin.com/

30/01/2016

7 films à voir ou à revoir sur la Société argentine

L'Argentine... La Patagonie, Terre de Feu, Ushuaia... Des images de terres mystérieuses défient immédiatement l'imaginaire. Mais que savons-nous en réalité de l'Argentine ? Que saurions-nous plutôt sans l'apport de Saint-Loup et de Jean Raspail, à qui il nous faudra éternellement savoir gré d'avoir initié le lecteur européen à cette glorieuse Nation, tout au moins, sa partie la plus méridionale ? Le pays est également familier de Corto Maltese. Voyez qu'on y est en agréable compagnie ! L'Argentine est ainsi ce pays conique long de 3.700 km depuis les plaines sèches du Gran Chaco au Nord jusqu'aux steppes de landes désertiques du pays patagon, si bien chantées par l'un des plus grands écrivains-guerriers européens et le plus grand écrivain français encore vivant. Pays sulfureux à l'Histoire chaotique qui voit se succéder onze militaires sur les seize Présidents qui gouvernèrent depuis Buenos Aires de 1930 à 1983. Pays frère de l'Europe à en juger par l'expérience péroniste dont le régime nationaliste établit une synthèse originale unissant les forces vives de la Nation par une salvatrice redistribution des richesses nationales, fédérant ainsi une classe ouvrière hostile au communisme. La bourgeoise, toujours prompte à trahir, œuvrait de noirs desseins pour provoquer la chute de Juan Domingo Perón. La mort prématurée d'Evita, en 1952, est le coup de grâce. Eva Perón ne sera plus là pour galvaniser le peuple par son verbe et sa beauté ; elle qui ne craignait pas d'assurer que "La violence aux mains du peuple n'est pas la violence, mais la justice." Les militaires rodent bientôt autour de la présidence. Trois ans plus tard, un coup d'Etat chasse Perón du pouvoir. La main américaine n'est pas très loin. Les juntes réactionnaires mettent le pays en coupe réglée et accentuent la répression. Nombreux sont les morts ou les desaparecidos dont on ne retrouvera jamais la trace. La lente dépression économique accompagne une longue période d'instabilité politique. L'Argentine boit le calice jusqu'à la lie lorsqu'elle est plongée dans un conflit contre la Grande-Bretagne en vue de rasseoir sa souveraineté sur les Îles Malouines. Guerre mal préparée dont le Premier Ministre anglais James Callaghan sort bien évidemment vainqueur. Mais puisqu'il n'y a pas de petite revanche, c'est sur une pelouse mexicaine que Diego Armando Maradona humilie la Perfide Albion, en éliminant l'Angleterre en quart de finale de la Coupe du Monde, grâce à deux buts dont l'un marqué de la main. La Main de Dieu a frappé ! L'Argentine vengée ! Si la victoire footballistique de 1986 aura masqué la défaite militaire de 1982, l'Argentine dérive néanmoins progressivement vers une crise économique et financière sans précédent avant de s'effondrer totalement en 2001. Nouvelle page sombre pour des peuples qui ne craignent pas la révolte devant l'injustice, que ce soient les autochtones ou les descendants des Conquistadors. L'Argentine, pays de grande culture, dont le cinéma et les lettres ont bien du mal à pénétrer l'univers français, à l'exception notable de Jorge Luis Borges, pour qui ne fait pas la démarche de s'y intéresser. Aussi, le cinéma argentin est-il quasi-inconnu en France, si ce n'est quelques films bénéficiant d'une faible distribution. Il mérite pourtant d'être vu. Commençons par le lire...

 

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EL AMOR ES UNA MUJER GORDA

Film argentino-néerlandais d'Alejandro Agresti (1987)

A Buenos Aires, José, la trentaine, est un journaliste enclin au stress qui a sombré dans la mélancolie. Désespérément, il tente de trouver sa place dans la société argentine post-dictatoriale. En vain ! Ses articles sont jugés trop critiques et en opposition avec la ligne éditorial du quotidien dans lequel il publie. Chargé de rédiger un papier sur le tournage d'un documentaire sur la pauvreté dans le pays, José comprend que l'équipe de tournage américaine maquille la réalité afin qu'elle paraisse plus dramatique. Le journaliste motive son refus. Son patron motive son licenciement. Embrassant lui-même la précarité, José est contraint de déménager de pension à plusieurs reprises. Il erre en ville en proie à de nombreuses interrogations. En réalité, c'est l'amour que José cherche ; plus particulièrement celui de Claudia, avec qui il a eu une aventure et dont il n'a plus aucune nouvelle depuis leur séparation à la sortie d'un concert de rock...

Si la jeunesse n'adhérait pas au régime des juntes, l'écroulement du pouvoir militaire laissa la jeunesse argentine dans un grand désarroi. Dans ce film désenchanté, Agresti montre avec brio le désespoir de cette jeunesse. Le réalisateur livre un film pessimiste dont le discours intransigeant et sceptique montre les blessures irréversibles de l'héritage du régime autoritaire et les craintes de l'avènement d'une nouvelle société néo-libérale qui ne nourrit guère plus d'espoirs. Le choix du noir et blanc renforce la désespérance de l'œuvre tandis que les cadrages et la mise en scène schizophrénique, alternant plongées et contre-plongées de la caméra, invitent le spectateur à mieux perdre ses repères visuels et s'immerger plus dans cette période de tensions. Emigré aux Pays-Bas à 26 ans, Agresti en profite pour glisser quelques envolées sur le rôle sociopolitique du Septième art qui paraîtront parfois absconses. Inédit en France, le titre peut se traduire par L'Amour est une grosse femme.

 

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LA CIENAGA

Film argentino-hispano-français de Lucrecia Martel (2001)

La Ciénaga est une petite ville du Nord Ouest de l'Argentine, à proximité de laquelle se situe la Mandragora, une propriété rurale entourée de fétides et dangereux marécages. C'est l'été sur l'hémisphère Sud en ce mois de février. Dans la maison décrépite, Mecha, la cinquantaine, y passe ses vacances avec ses quatre enfants et son mari aussi infidèle qu'inexistant. Les vacances dans la maison sont moroses, à l'image du dehors. L'eau de la piscine est pestilentielle et une vache ne cesse d'agoniser, engluée qu'elle est dans le marécage. Pour tromper l'ennui, Mecha s'alcoolise de vin plus que de raison. La boisson, la chaleur suffocante et moite accompagnée de pluies torrentielles provoquent l'accident. Mecha se blesse gravement en chutant sur le béton de la terrasse tandis qu'elle ramasse des verres vides dont des tessons pénètrent sa poitrine et sa gorge. L'accident, au sein d'une famille qui ne communique plus, recueille l'indifférence de tous. Tali, cousine de Mecha, arrive au chevet de la blessée, accompagnée elle-même de ses quatre enfants...

La Ciénaga est traduisible par marécage. L'image colle parfaitement à cette vie de famille bourgeoise déclassée, embourbée dans le néant délétère du suprême ennui ; l'alcool tenant lieu d'évasion. Une famille dont les liens partent à vau-l'eau ; métaphore de l'Argentine de l'après-crise économique de 2001. Une Nation argentine à genoux et semblant incapable de se relever. Etouffante, oppressante, à l'image du climat tropical et des faune et flore en putréfaction, l'atmosphère du film de Martel procure un profond malaise. Malaise sublimé par ces deux fratries de cousins, livrés à eux-mêmes, qui développent des penchants incestueux. La force de l'œuvre est de les suggérer plus que les offrir au regard, renforçant ainsi la tension. Le temps semble suspendu dans cette œuvre brute concernant laquelle on a rarement rendu l'ennui aussi captivant. Un film splendide que tout le monde n'aimera pas car peu accessible aux profanes du cinéma d'art et essai.

 

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EL CINCO

Titre original : El 5 de Talleres

Film argentin-uruguayo-néerlando-germano-français d'Adrián Biniez

Patón Bonniassolle a 35 ans. Selon, lui, le bon âge pour mettre un terme à sa carrière de libéro et capitaine du club de football de Talleres de Escalada, modeste club professionnel évoluant en Division C. Et ce, à plus forte raison après que le bouillant joueur ait écopé d'un carton rouge accompagné d'une sanction de huit matchs de suspension, à quelques journées de la fin du championnat. Son épouse, Ale, est emplie d'enthousiasme à l'idée qu'il raccroche les crampons. Beaucoup moins le père qui vit la carrière du fiston par procuration. L'entraîneur également qui voit en Patón l'âme de son équipe. Capitaine dévoué et respecté, le numéro 5 tente de planifier sa nouvelle vie. C'est l'inconnu qui le terrorise après une vie vouée au ballon rond, celle d'un bon joueur d'un petit club qui termine sa carrière sans argent et dont la gloire de ne dépasse guère les frontières des tribunes des ultras. La reconversion s'avère plus difficile à assumer que prévu...

C'est réussi ! Biniez livre un regard tendre et drôle sur la vie d'un footballeur qui pense l'après-pelouse. Joueur désabusé mais honnête, Patón est à des années lumières des cancres des championnats européens. L'incertitude de la reconversion poursuit ce libéro attachant et lui fait toujours repousser l'inéluctable. Le réalisateur présente, avec une exquise délicatesse, les doutes existentiels de ce sportif qui a sacrifié ses études pour sa passion. Aussi, apprenons-nous qu'un footballeur a des doutes existentiels et c'est déjà pas mal ! Les difficultés de tourner la page et de se reconstruire ont inévitablement des conséquences sur ce couple fou amoureux dont la vie à deux oscille entre fougue passionnée et disputes orageuses. Le 5 n'est pas qu'un film sur le football. Loin de là. Julieta Zylberberg est sexy en diable ! Curiosité : la France compte parmi les pays producteurs du film sans que celui-ci ne semble sortir dans les salles hexagonales. Les secrets du cinéma sont parfois aussi impénétrables que les voies du Seigneur....

 

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L'HISTOIRE OFFICIELLE

Titre original : La Historia oficial

Film argentin de Luis Puenzo (1984)

Buenos Aires en mars 1983, dans les derniers mois de la junte militaire agonisante du Général Videla. La contestation publique est de plus en plus manifeste après la Guerre des Malouines qui vient de consacrer la victoire britannique. Alicia, la quarantaine est professeur d'Histoire dans un lycée. Ses cours sont récusés par ses élèves qui critiquent l'enseignement officiel de l'Histoire contemporaine. Alicia mène néanmoins une vie heureuse et bourgeoise auprès de son mari Roberto, gros industriel proche du pouvoir et qui use parfois de l'illégalité dans son domaine professionnel. A cause de sa stérilité, Alicia a adopté Gaby, adorable fillette de cinq ans. Tout va donc pour le mieux pour elle jusqu'à ce que sa meilleure amie d'enfance, rentrant d'un long exil, vienne lui rendre visite. Car Alicia entend, par la bouche de son amie ce qu'elle ne voulait pas voir ni entendre. La prison, la torture, les viols... Et surtout, les adoptions illégales pratiquées contre la volonté des mères emprisonnées. Le témoignage bouleverse l'existence d'Alicia. Elle n'a plus qu'un but désormais : mener l'enquête pour connaître la vérité sur l'origine de sa fille et retrouver ses géniteurs...

Réalisé à chaud moins d'une année après la chute de la dernière junte militaire, l'œuvre de Puenzo est la première à traiter du sujet des desaparecidos ; ces 30.000 personnes arrêtées et portées disparues sous le régime des juntes successives. Dès 1977, les Mères et grands-mères de la Place de Mai fondent une organisation dont le but est de retrouver les bébés des femmes disparues qui se virent confiés à des familles argentines proches du pouvoir et de remettre les enfants aux familles légitimes. Ce sujet central est effleuré à travers l'histoire de la mère et le récit qui lui est donné par son amie. Puenzo dresse un beau portrait de femme dont les certitudes sont progressivement ébranlées. La prise de conscience d'Alicia, compromise avec le régime militaire, par le biais de son mari, fait suite à des réactions affectives plus qu'à une véritable réflexion sur la nature de la junte. Film sans gros défaut bien qu'il joue peut-être trop sur le pathos et dont la réalisation pourra paraître trop académique et manichéenne.

 

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ILUMINADOS POR EL FUEGO

Film argentin de Tristán Bauer (2005)

En 2002, la Guerre des Malouines est terminée depuis vingt ans. Aujourd'hui la quarantaine, Esteban Leguizamón est un ancien conscrit qui a connu la guerre à 18 ans. Il a depuis fondé une famille et travaille comme journaliste à la télévision. Le lointain souvenir des combats se rappelle à lui lorsque le téléphone lui annonce que son ancien camarade de régiment, Alberto Vargas, est dans un état comatique après qu'il ait tenté de se suicider à l'aide d'une forte absorption de drogue et d'alcool. Leguizamón visite son ami à l'hôpital. Les souvenirs des combats lorsqu'il était plongé dans des conditions extrêmes, supportant le froid et la faim, ne manquent de raviver sa mémoire. Rencontrant la mère de Vargas au chevet de l'alité, l'ancien combattant se rend compte qui si, lui, a pu occulter ces souvenirs, son camarade n'était jamais parvenu à quitter les Malouines et n'avait connu que la dépression à la suite de sa démobilisation...

La Guerre des Malouines constitue une cicatrice de l'Histoire argentine dont la plaie est toujours à vif. Buenos Aires a toujours revendiqué ses droits sur ces archipels concernant lesquels les Nations Unies ne sont pas encore parvenues à déterminer la souveraineté entre les belligérants. Historiquement argentines mais sous domination britannique depuis la première moitié du 19ème siècle, les troupes argentines débarquent en avril 1982. Le conflit consacre la victoire de la Couronne trois mois plus tard et causa la mort de 874 soldats dont 649 de nationalité argentine. Le conflit est d'autant moins bien perçu par la jeunesse argentine que cette guerre apparut perdue d'avance et comme un baroud d'honneur de la junte militaire agonisante. Le film fait s'alterner agréablement flashbacks de scènes de combat, excellemment restituées d'ailleurs, et scènes contemporaines sur le devenir du héros deux décennies plus tard. Malheureusement inédit en France.

 

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LA MAISON DE L'ANGE

Titre original : La Casa del angel

Film argentin de Leopoldo Torre Nilsson (1957)

La capitale argentine dans les années 1920. Troisième et cadette d'une famille aristocrate, Ana est une adolescente de quatorze ans, élevée dans la plus stricte éducation catholique par une mère puritaine. Ana étouffe autant que ses frustrations grandissent. Soumise à un enfermement voulu par sa mère, l'éducation de l'adolescente est confiée à une institutrice dont le soin est de contrôler la jeune fille afin qu'elle conserve une pudeur la plus stricte. Le père, lui, est très régulièrement absent. Cadre d'un parti politique, il est acoquiné avec le jeune député Pablo Aguirre qui tente d'étouffer un scandale financier dans lequel le père d'Ana pourrait être impliqué lorsqu'il était ministre. Souvent présent dans la demeure bourgeoise, le charismatique député Aguirre sème le trouble dans l'esprit de la jeune fille. Bénéficiant d'un blanc-seing de confiance au sein de toute la famille, Aguirre parvient à violer la jeune fille sans soulever aucune suspicion...

Le film fit connaître Nilsson au monde entier. Et on le comprend ! Le réalisateur campe à la perfection le personnage d'Ana en jeune fille naïve et déjà désabusée du conformisme bourgeois. Ana suffoque entre le carcan d'une mère bigote qui incarcère la jeune fille dans une prison dorée à l'intérieur de laquelle les statues nues sont voilées et toute nudité proscrite, même lorsqu'il s'agit de prendre le bain, et de l'autre côté, un père lointain et corrompu. La pénétration de l'adolescente dans l'âge adulte se fait ainsi par le truchement d'un député corrompu et corrupteur qui vainc facilement une trop grande candeur héritée de l'éducation maternelle et rigoriste de la religion. L'emploi du noir et blanc est, en outre, remarquable et la réalisation très esthétisante dans ses cadrages. La jeune Elsa Daniel est parfaite dans sa prestation d'adolescente. A voir !

 

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UN LIEU DANS LE MONDE

Titre original : Un Lugar en el mundo

Film argentin d'Adolfo Aristarain (1992)

Jeune homme un peu paumé, Ernesto a vingt ans lorsqu'il vient passer une journée sur les lieux de son enfance à Valle Bermejo, petit village perdu dans les montagnes argentines. Reviennent les souvenirs heureux de son enfance. Ernesto se souvient surtout de Luciana, son premier amour, fille du contremaître Andrada, plus gros propriétaire terrien du coin. Engagés activement dans le péronisme, les parents de l'adolescent avaient mené la lutte contre Andrada en prenant fait et cause pour la coopérative administrée par les bergers de la vallée. Le renversement de Perón avait obligé les parents du jeune garçon à s'exiler en Espagne pendant huit années. Ernesto était né en Espagne durant cet exil. Revenus en Argentine, Ana, la mère médecin, et Mario, le père instituteur, avaient souhaité refonder la coopérative d'éleveurs constituée uniquement des petits producteurs. Au cours de cette journée mémorielle, Ernest rencontre Hans, ingénieur géologue à la recherche de pétrole. Homme sage, Hans enseigne à Ernesto que, lui aussi, trouvera un jour son lieu dans le monde. Le jeune homme réalise à quel point le militantisme parental a influé sur sa vie...

Aristarain interroge les notions d'existence et de liberté en confrontant les souvenirs et les aspirations du protagoniste. Le film, dont la structure est un long flashback évoque le passage de l'adolescence à l'âge adulte d'un homme qui effectue un retour aux sources de son enfance pour trouver les réponses à ses questions sur le sens de sa vie et son futur de la plus longue mémoire. C'est dans cette vallée perdue qu'il relie son présent à son enfance et son devenir. Ernesto comprend désormais les raisons pour lesquelles il a toujours admiré ses parents malgré l'échec de leur lutte et la contrainte d'un exil de plusieurs années. Son enfance aura finalement été heureuse bien qu'il n'ait pas encore trouvé sa place dans la société. Le réalisateur filme avec douceur l'âpreté de la lutte et la sensibilité des relations humaines, les doutes, l'échec de l'idéal, les tensions familiales engendrées par la lutte aussi. Agréable !

Virgile / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

28/01/2016

Le porno: une arme du libéralisme

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Sujet tentaculaire, aux ramifications multiples et parfois même insidieuses, on pourrait écrire un livre sur la question de la pornographie tant celle-ci est complexe. Les quelques considérations qui suivent ne prétendent donc pas tout balayer de manière exhaustive.

Oui, du porno, tout le monde en a vu, de près ou de loin. Il est partout autour de nous. Il est même une composante essentielle de l’ersatz de « culture » imposé par le monde moderne, ce qui explique sa diffusion massive et son influence sur nombre de nos contemporains. Fruit du nihilisme, de la décadence et de l’hédonisme ambiant, son omniprésence n’est pas étonnante lorsqu’on considère l’état de décrépitude de la société actuelle – état largement recherché par l’oligarchie et le Système. Le porno est l’un des produits principaux de ce que nous avons appelé ailleurs (ici)  la « perfusion des plaisirs » proposée par le Système à toute une population en perdition et lobotomisée. Il faut bien réaliser que c’est une arme de l’idéologie libérale qui implique inévitablement de repousser encore et toujours les limites de ce que la société accepte et trouve "normal" en utilisant les instincts les plus bas de l'individu.

Attention, on entend déjà certains hurler au puritanisme… Il n’est pas ici question d’attaquer le sexe en général qui est bien évidemment essentiel au bien-être de tout individu adulte ni de montrer du doigt certaines pratiques (débridées selon certains) qui peuvent faire partie intégrante de la sexualité de n’importe quel couple sain (un homme et une femme et rien d’autre !). Par ailleurs, on distinguera bien sûr le porno de l’érotisme qui se veut, quant à lui, suggestif voire artistique… si toutefois il ne sombre pas dans la vulgarité.

 1. Encore une arme du système !

Le porno, c’est un instrument redoutable pour saper le peu de morale qui subsiste encore à notre époque afin de changer les mœurs en profondeur. Et ce, de par sa visibilité toujours accrue.

Le porno connait un réel essor dans les années 70 où l’on en entend certes parler, mais il reste cantonné aux cinémas pour adultes de certains quartiers. Son influence est alors très limitée. Sa démocratisation viendra en même temps qu’il entrera dans les foyers par la télévision (le fameux boulard mensuel sur cANAL +) sans parler du marché de la vidéo au sein même de la grande distribution alors fraîchement décomplexée. Internet, sa médiatisation constante ainsi que son apologie (autrefois, rarement assumée et aujourd’hui, criée sans gêne aucune) accompagnent un mouvement de fond sociétal fait de sexualisation à outrance et de perte des valeurs. Bien étrangement, l’industrie du porno (en France comme ailleurs) est rarement entre les mains de purs autochtones mais remplit plutôt les poches d’une certaine communauté-qui-n’existe-pas. L’industrie pornographique officielle aurait rapporté en 2006, 57 milliards de dollars (sans compter les recettes souterraines). Marc Dorcel, de son vrai nom Marcel Herskovits, ponte du porno chez nous, n’est bizarrement pas un Gaulois pur souche et sa société a engrangé 15 millions d’euros de bénéfices en 2009… Et c’est pareil dans le monde entier.

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Marcel Herskovits, honnête entrepreneur gaulois et de respectables travailleuses

D’ailleurs, nous noterons (et c’est encore des coïncidences bien sûr !) que la chirurgie esthétique, outrageusement utilisée chez les poupées gonflables (version caucasienne essentiellement), est majoritairement dans les mains de la même communauté…  Au passage, on observe que le porno est l’un des fers de lance de l’apologie du métissage via la promotion incessante du sexe interracial, de l’homosexualité (avant tout via le lesbianisme fort commun dans le moindre film standard) et de bien d’autres déviances (allant même jusqu’à tendre vers la pédophilie ou la scatophilie) qui remplissent le triple rôle de :

1) marchandiser davantage l’Homme (ce qui le rabaisse inévitablement et le rapproche du néant)

2) saper la morale et les mœurs (tout en habituant le chaland à un rapport dominant/dominé… où ce dernier n’est forcément pas de la première catégorie…)

3) rapporter des tonnes de fric (le libéralisme sociétal menant au libéralisme économique)

La pornocratisation continue de la société a changé l’Homme d’aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, si bien que les dernières personnes possédant encore une réluctance à ce niveau sont immédiatement considérées comme austères, rétrogrades ou ringardes. Force est de constater qu’encore une fois, le défenseur de la décence et du respect de soi est dénigré comme le sont les racistes fantasmés ou tous ceux qui expriment une forme de pensée dissidente…

Suivent quelques réalités édifiantes :

• En premier lieu, le porno exploite la misère sexuelle de notre époque (qu’il a contribué évidemment à générer). La frustration est amenée chez les consommateurs par le visionnage continuel d’actrices censées représenter leurs fantasmes et à la dimension quasi mythique et inaccessible. On oublie quand même premièrement que ces filles ne sont pas des déesses mais, à la base, des personnes basiques, souvent rendues désirables par des tonnes de maquillage et un usage boulimique de la chirurgie esthétique. Voyez un peu comment on peut transformer certains tromblons en actrices au fort « sex-appeal » :

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De sacrées déesses, n'est-ce pas?

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En grande majorité, ces filles adulées par le mâle Lambda de notre époque ne sont donc que des fakes, des filles en plastique, dépourvues d’âme et d’amour propre. De pauvres poupées à trous victimes de leur goût immodéré pour l’argent, le sexe et la notoriété… de purs produits du libéralisme ! Regardez au passage l’ « immense » Sacha Grey, encensée comme jamais par les inRocks qui ne trouvent pas de superlatifs suffisants à la grandeur de cette « révolutionnaire du X » qui commença sa carrière à à peine 18 ans dans une « scène de meute » et qui a brillé dans ses performances interraciales… Et certains viennent nous dire qu’elle est non-conforme alors qu'elle n'est que le rejeton de cette époque malade !!

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 Elle vous fait rêver?

Toujours est-il que cette frustration joue un rôle fort sur les attentes et désirs du pornophile compulsif qui veut faire comme dans les films et qui devient de plus en plus pervers et déviant jusqu’à ne plus être en mesure d’avoir une sexualité normale. A force de se masturber sur des gang-bang, des partouzes et autres baises de groupe, il en vient à ne plus se satisfaire de sa compagne qui, décidément, n’aime pas se faire enculer et n’est pas partisante de l’échangisme ou du film amateur…  Ce qui l’amène tôt ou tard à la promesse d’une vie (et pas seulement sexuelle) dissolue, peuplée de filles faciles et de dégénérescences diverses. On peut ajouter que la suite logique ci-après se vérifie toujours plus : hypersexualisation de la société → frustration → porno → frustration…

 • L’impact du porno sur la société et sur la sexualité en vogue est donc énorme. La plupart des jeunes ont vu du porno avant même leur première relation intime. Même si cela ne se ressentira pas toujours immédiatement dans leurs actes, leur attitude consciente ou non trahit un débridage intense de leur vision du sexe, et ce, chez les filles comme chez les garçons. Après avoir visionné des dizaines de scènes avec partouzes, éjac’ faciales et doubles pénétrations, le tout assaisonné de moults simulations de plaisir, on a nécessairement une autre approche des relations sexuelles que celles de grand-père et grand-mère à leur époque… On assiste en outre, en plus d’une perversité exponentielle et normalisée, à une mode de « l’exploration sexuelle » où il s’agit de tout essayer : multiplication des partenaires, triolisme, échangisme, exhibitionnisme/voyeurisme, homosexualité et sexe interracial voire intergénérationnel.

Par ailleurs, l’omniprésence du porno transpire même à travers les méthodes de séduction où l’on ne met plus en avant ses valeurs mais son potentiel sexuel, que cela soit par les paroles, l’attitude ou l’habillement. Pour se faire remarquer dans la société « in » il convient d’ailleurs d’avoir à son actif un tableau de chasse impressionnant de par le nombre d’expériences et de leur diversité (Voyez ce reportage sur Chloé, 18 ans et déjà 55 amants: http://www.youtube.com/watch?v=8GfIjFnIZNU)

 2. Le porno partout, pour tous !

 L’exemple vient d’en haut ! Plus personne ne se cache. Eh oui ! Mêmes nos ministres ne dissimulent pas qu’ils vont se palucher, eux aussi, sur YouPorn ! Laurent Wauquiez est comme vous et il le clame haut et fort ! Le fait que dans toute société saine, l’exemple vient d’en haut ne lui a bien sûr jamais effleuré l’esprit. Un peu plus bas, on a tous ceux qui se baladent avec des tee-shirts à l'effigie de boîtes de production de films de boules... La classe les mecs!!

Aujourd’hui, tout le monde en vient à vouloir faire son porno maison… d’où le succès des « sex-tapes » et autres merdes labellisées « amateur » qui peuplent des milliers de sites internet. Se montrer dans ses ébats privés devient une jouissance en elle-même et la moindre petite poufiasse qui s’astique devant sa webcam se persuade être « la reine du foutre » et jouit en comptabilisant le nombre de crevards venus se tirer sur la nouille en la matant. Imaginer que ces filles (d’ailleurs de plus en plus jeunes) pourraient devenir un jour, après avoir comptabilisé un kilométrage improbable de longueurs, des mères fait froid dans le dos et laisse présager du pire concernant les générations à venir… surtout quand on réalise que le porno actuel se complaît à transgresser toutes les normes dans le pur esprit libéral de l’absence de frontière : pratiques bestiales (fist-fucking…), relations jeunes/vieux etc. Prenez garde à vos relations ! A tous les coups, son précédent « plan cul » avait été dégoté en gériatrie ou à la SPA !

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Normal!

Dans certaines chaumières, nul besoin de se filmer ! Le porno frappe à votre porte grâce à une animatrice (bossant précédemment pour Tupperware) qui fera glousser vous et vos copines avec son large panel de sex-toys à essayer sur place. Canard vibrant avec lequel le bambin pourra aussi jouer, anneau pénien pour un mari/amant à la demi-molle ou encore stimulateur clitoridien pour jouir même au bureau ! Pour toute commande, le sac-à-dos à l’effigie du célèbre lapin trop mimi de Playboy vous sera offert. Malin pour emporter le goûter de la petite dernière à l’école… qui saura à coup sûr vous réclamer le parfum teenage de la même marque en vente dans tous les supermarchés ! Comme quoi, il n’y a plus de discrimination à ce niveau ! Ouf ! Toute la famille –et pas seulement papa !- a une gamme de produits permettant un conditionnement conscient ou non au porno…

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Et quand bien même ! Malgré tous les soins qu’une famille attentive… oups, rétrograde pourrait prodiguer pour éloigner et protéger sa progéniture de toute atteinte de cette dégénérescence, le porno la rattrapera quand même vu qu’il s’expose de plus en plus au grand jour. Nous, quand on va au tabac du coin, on peut apprécier la couverture du dernier Hot Vidéo en grandeur nature et à hauteur des yeux de nos enfants s’il vous plaît ! Oui, juste à côté des autres panneaux publicitaires pour le Figaro ou Télé 7 jours… En même temps, c’est plus simple que de lever les yeux vers les étagères du haut proposant tout le panel des gros nichons et des fantasmes gays (avec DVD !!). Chemin faisant, il suffit d’attendre le bus pour découvrir, sous l’arrêt, une pub’ pour on ne sait quelle crème, représentant une femme à la bouche entr’ouverte et les yeux mi-clos qui a plus l’air d’attendre son éjac’ faciale que son soin du jour… Insidieux mais généralisé. On rentre ensuite à la maison, on allume la télé et on peut profiter de seins, de fesses et d’une demi-chatte pour venter les mérites du moindre savon intime. Cette nudité de publicité devenue constante qui, au-delà de l’esthétique initiale (artistique) se veut provoc’, aguicheuse voire vulgaire et tout cela « l’air de rien » comme on dit.

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Un argument de bon goût!

On découvrira également par le biais de toutes sortes de diffuseurs de la pensée moderne nombre d’anciens reconvertis de l’industrie du sexe. L’incroyable Rocco Siffredi est à l’occasion mannequin pour des vêtements (la classe !) ou défenseur de la cause animale, Clara Morgan est reine de beauté glamour sur calendrier pour routiers et a animé plusieurs émissions à la con, la radasse Brigitte Lahaie (fierté de Tourcoing, encore une fois vive le Nord !!) quant à elle glousse encore à la radio ! Bref, le porno peut devenir la voie royale qui mène à la notoriété, c’est l’une des meilleures cartes de visite pour entrer dans le show business, quand ce n’est pas la prostitution qui en ouvre les portes (voir Zahia et ce que nous en avions dit ici). D’ailleurs, vous aurez remarqué à quel point un bon nombre de médias sont obsédés par le porno : Canal+, Libération, les inRocks etc. Que des titres réputés pour leur défense des valeurs qui nous sont chères !! Le chemin inverse existe aussi, voyez Miley Cyrus qui jouait il y a encore peu de temps le rôle bien innocent de Hanna Montana dans un sitcom Disney (société pas claire non plus, hein ?) et qui, aujourd’hui, est toujours adulée par nos enfants mais cette fois, sur scène, à poil, où elle simule des actes sexuels avec des peluches géantes ! Vive les enfants… qui sont simplement perçus comme les consommateurs de demain. Et aujourd’hui, on ne consomme pas que des biens matériels inutiles, on consomme également du porno et plein d’autres choses qui servent aux maîtres du monde à nous déposséder de nos âmes, nous asservir, nous aliéner un peu plus chaque jour et finalement à nous détruire. Car un peuple qui ne pense plus qu’au sexe est un peuple mou qui ne pense plus à résister et à se battre pour sa destinée.

Rüdiger et Ann / C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

(Article publié à l'origine en 2014 sous un nom différent)

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