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25/05/2016

Chronique de livre: Georges Feltin-Tracol « Eléments pour une pensée extrême »

 

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Georges Feltin-Tracol, Eléments pour une pensée extrême

(Editions du Lore, 2016)

Nos lecteurs connaissent bien Georges Feltin-Tracol pour ses différents ouvrages mais aussi pour les conférences qu'il est venu faire pour le Cercle Non Conforme à deux reprises. Très actif dans la presse de nos idées (Réfléchir & Agir) et sur internet (en particulier via son site Europe Maxima), l'auteur est un acteur infatigable de notre cause et cet ouvrage, son dernier en date, méritait que l'on s'y arrête. Nous avions d'ailleurs fait une entrevue de Georges Feltin-Tracol il y a quelques semaines à l'occasion de la parution d'Eléments pour une pensée extrême.

A l'image de précédents livres (Réflexions à l'Est ; L'Esprit européen entre mémoires locales et volonté continentale...), cette nouvelle parution est un recueil d'articles (ou chroniques) écrits ces dernières années et déjà publiés dans diverses revues ou sites internet. La soixantaine d'articles ici réunis sont introduits par un propos inédit donnant le « ton » de l'ouvrage : le combat des idées, le combat tout court devrais-je dire. « Une révolution se fait avec des idées extrêmes ou radicales ! » clame le fondateur d' Europe Maxima que l'on ne pourra que suivre dans son raisonnement visant à fournir des cartouches intellectuelles solides, cartouches qui manquent souvent cruellement à ceux qui s'opposent au Système. Soulignant l'échec que fût la MPT (bien trop docile), Feltin-Tracol estime que seule une résistance acharnée peut mener à de réels résultats (il donne ainsi l'exemple des ZAD, des taxis lors de l'affaire Uber et des Bonnets Rouges). En conséquence, la radicalité est une obligation pour le militant et « passe d'abord par un réarmement physique, intellectuel et éthique ». Face à un avenir qui sera « rude, difficile, éprouvant » et qui verra se multiplier les crises, « il faut des pensées radicales ». L'objectif est clair: « éradiquer l'origine, la base, les racines des maux actuels » et faire de « l'avenir de la substance ethnique européenne » notre priorité absolue !

Le vivifiant programme décrit plus haut se décline ici sur plus de 400 pages. Les nombreux articles ont, fort heureusement, été classés en 8 grands thèmes. Si la situation politique et sociale de notre pays occupe une bonne partie de l'ouvrage (deux grandes parties : « La tyrannie républicaine » et « Eclatements de l'Hexagone »), la guerre culturelle et médiatique ainsi que la situation européenne sont copieusement mises à l'honneur elles aussi. Par ailleurs, une partie nommée Figures revient sur plusieurs grands noms qui ont inspiré l'auteur (Saint-Loup, Maurice Bardèche, Dominique Venner, Jacques Marlaud, Maurice Rollet).

La variété des sujets traités au sein de l'ouvrage est évidemment si importante qu'il serait laborieux d'en faire une liste ici. Nombre de tares du monde actuel y sont dénoncées (l'imposture multiculturaliste; la marchandisation et l'uniformisation de l'être; l'égalitarisme forcené; les sociétés décadentes telles la Suède ou la France; le pouvoir des oligarchies...) et une chose est sûre: le sacro-saint droit-de-l'-hommisme est bafoué à chaque page! Feltin-Tracol, fort d'une culture incroyable, ne se limite aucunement à la seule dénonciation et fait, tout au long de son ouvrage, nombre de propositions qui, pour certaines, risquent de ne pas laisser le lecteur indifférent! Qu'il affirme le légitime droit aux armes ou qu'il propose « dans une perspective postmoderne et néo-faustienne, le recours à la PMA (qui) pourrait relancer la natalité européenne en permettant aux couples autochtones infertiles d'avoir des enfants », l'auteur propose bien une pensée réellement radicale! Qui n'hésite pas d'ailleurs à explorer des terres que nos milieux abordent peu ou mal (des ZAD aux écrits du Comité Invisible), ce qui est fort positif.

En cette époque où rien ne va plus mais où tout peut (et doit) être reconstruit, Eléments pour une pensée extrême est un plaidoyer de premier ordre pour repenser notre Europe à l'opposé du « monothéisme du marché et de la consommation » que nous subissons aujourd'hui et qui ne tend qu'à une seule chose: nous anéantir.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

24/05/2016

Exposition: "La mode au Moyen Âge" (Paris, à partir du 11.05)

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L’aristocratie de la fin du Moyen Âge est l’instigatrice d’un renouvellement et d’une diversité des vêtements et des accessoires. Ce sont là les prémices des phénomènes de mode tels que nous les connaissons aujourd’hui. L’exposition rend compte, du bout des poulaines à la pointe du chaperon, de l’évolution de la silhouette à cette époque.

Adresse de l’exposition : Tour Jean sans Peur. 20, rue Étienne Marcel. 75002 Paris

23/05/2016

Regard sur l'Actu #27: La passion du migrant

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Regard sur l'Actu #27: La passion du migrant

Le Système ira jusqu'au bout pour nous imposer ses « migrants ». Constatant que les peuples européens sont de plus en plus réticents à accueillir des millions de faux-réfugiés venant profiter, piller et affaiblir à dessein notre continent, il met toutes ses forces en action depuis des mois pour contrer la réaction populaire et cette passion hystérique l'amène à affirmer les sottises les plus éhontées. Place à quelques bobards récents sur ces chers "citoyens du monde" que l'oligarchie mondialiste utilise contre l'Europe et les Européens.

Les Français aiment les migrants!

Le Système perd tellement les pédales qu'il commet des erreurs de plus en plus grossières, à l'image de ce sondage d'Amnesty International (ONG recevant des millions de dollars de la part de George Soros, signe de confiance !) qui décrit les Français comme « plutôt accueillants » envers les envahisseurs. Pensez... nos compatriotes seraient 82% à être favorables à l'accueil des migrants. Quel score soviétique ! Le même que Chirac en 2002 ! Tous les faits, tous les autres sondages (voir ici) ont beau prouver le contraire, peu importe ! Jean-François Dubost, responsable du programme protection des populations pour Amnesty France, ose même venir affirmer que les Français ont pu constater qu'ils "n'avaient pas été envahis par des hordes de barbares, mais qu'au contraire les choses se passaient plutôt bien" dans les endroits ou des réfugiés ont été installés légalement. A Calais par exemple ?

Les migrants : un moteur économique puissant!

Vous ne vous en doutiez sans doute pas : les « réfugiés » sont des créateurs de richesse et ils rapportent bien plus qu'ils ne coûtent nous annonce Ouest-France (qui ne sera pas le premier journal à reprendre cette ridicule propagande libérale visant à nous endormir grâce à l'argument "pognon"! En France, on sait que le budget 2015 lié à l'immigration illégale a dépassé celui de la santé (1,38 milliards d'euros contre 1,25 milliards). Mais les retombées économiques arrivent, pas d'inquiétude !

L'Allemagne, où « réfugiés » est devenu le mot de l'année, s'apprête justement à débourser 94 milliards d'euros d'ici 2020. Ayant reçu plus d'un million de clandestins en 2015, le pays de Goethe devrait en accueillir encore 2 millions dans les prochaines années (d'après le ministère fédéral des finances). Même si les 94 milliards seront pompés aux contribuables allemands, ceux-ci ne pourront que se réjouir d'aider à la sacro-sainte croissance économique de leur pays  car « investir un euro dans l’accueil des réfugiés en rapportera presque deux, dans les cinq ans. » Les clandestins comme solution à la crise en quelque sorte... Il fallait oser! Cette idée magique, on la retrouve dans le rapport Refugees Work de la fondation Tent et du think-thank Open (ce dernier est évidemment l’œuvre d'un mondialiste acharné prônant le métissage et le libéralisme intégral : Philippe Legrain). Basé sur les chiffres de l’Institut monétaire international (IMF) et la pensée vaudou, le rapport est sans surprise. En effet :

« L’investissement public dans l’accueil des réfugiés stimulera immédiatement la demande économique. Quand les réfugiés travaillent, qu’ils exercent un métier, peu importe le niveau de compétence, ils payent des taxes, consomment et investissent. C’est un surplus pour l’économie. » nous explique-t-on.

Voici les préconisations du rapport :

« Les gouvernements devraient en priorité intégrer les réfugiés et les demandeurs d’asile sur le marché du travail. En France, les procédures de demandes d’asile prennent du temps, parfois des années. Pendant ce temps, les demandeurs d’asile sont exclus de l’emploi. De même, très souvent, les gouvernements ne reconnaissent pas les diplômes des pays d’origine et ne proposent pas suffisamment de formations linguistiques. Enfin, les réfugiés sont réinstallés dans des lieux où les logements sont abordables mais où l’emploi est rare. Toutes ces choses doivent être changées. »

C'est bien pour cela qu' « il est important d’avoir un marché du travail ouvert (NDR: L'éternelle obsession libérale de l'ouverture et de la suppression de toute barrière, de toute limite), et des investissements publics pour améliorer les compétences professionnelles et linguistiques des demandeurs d’asile. » Quant à l'Union Européenne, elle « doit maintenant se concentrer sur les mesures à prendre pour permettre aux réfugiés de contribuer économiquement à leur nouvelle société. » Sans doute n'en fait-elle pas encore assez...

Connaissant -de une- la passion des clandestins pour le travail (l'Allemagne va cependant leur créer exclusivement 100.000 emplois d'utilité publique pour mieux les "intégrer") et -de deux- le taux de chômage dans l'Union Européenne (autour de 10%), on peut légitimement émettre certaines réserves... En tout cas, nous n'en avons aucune concernant la stimulation de la consommation ! Les supermarchés en savent quelque chose et, dans notre pays qui se serait pris de passion pour les « migrants », on trouve de remarquables initiatives à l'image de celle de la commune de Grande-Synthe qui « va mettre en place une navette à destination des usagers du camp de migrants de la Linière pour les amener en toute sécurité jusqu’à Auchan. »

Une passion partagée ?

Nous connaissons tous la réponse à cette question. Les Français sont majoritairement opposés à l'immigration sauvage et ne font plus confiance aux médias et au gouvernement qu'ils savent être des menteurs et des manipulateurs. « 67% des Français interrogés pensent que le gouvernement et les médias fournissent des informations mensongères sur les crimes commis par les migrants » nous dit un sondage qui semble bien plus digne de confiance que celui d'Amnesty International. Car déjà bien plus conforme à ce que l'on entend auprès des gens dits « normaux » car, hormis les abrutis, les gauchistes et les catholiques tendance Vatican 2, personne n'en veut.

Nous l'avons déjà dit, notre pays est divisé en deux parties quasi-irréconciliables. Et la question des migrants en est la preuve. L'éternelle différence entre pays légal et pays réel. Que le Système en soit amené à avaliser des procédés de propagande aussi minables que ceux présentés plus haut montre certes sa détermination à détruire l'Europe (ce qui est le but des Etats-Unis et de leur mentor Soros affirme fort justement le gouvernement de Viktor Orbàn) mais témoigne surtout de son inquiétude quant à l'état actuel des choses et à un divorce qu'il sait inéluctable avec les populations européennes. D'où ses mensonges répétés et sa répression implacable envers ses vrais ennemis (des pays « frondeurs » d'Europe de l'est à Boris Le Lay).

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Photo: Ouest-France

22/05/2016

Chronique de comics : Fight Club 2

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 Fight Club 2 : une suite surprenante pour l’œuvre culte !

Bonne nouvelle pour les uns, scandale pour les autres : Fight Club est de retour ! Sur un scénario de Chuck Palahniuk, auteur du roman original Fight Club, Tyler Durden et consorts reviennent dans un Comics sobrement intitulé Fight Club 2, les dessins sont signés Cameron Stewart.

Contexte

Si, comme moi, vous connaissez l’adaptation cinématographique sortie en 1999 par cœur mais n’avez pas lu l’œuvre originale, sachez qu’il y a quelques différences notoires entre les deux versions.

La fin du film change radicalement de celle du roman. Dans le long métrage de David Fincher, le personnage aux troubles de la personnalité (qui s’appelle Jack et est interprété par Edward Norton) tue son alter-égo psychopate Tyler Durden (joué par Brad Pitt) en se mettant une balle dans la tête, qui supprime son double et lui redonne la maîtrise des événements. Il assiste cependant à la réalisation du plan de Tyler Durden et regarde depuis le dernier étage d’un gratte-ciel l’effondrement des bâtiments symbolisant le pouvoir économique du pays, main dans la main avec son amante Marla. On imagine alors que le « projet chaos » est un succès et que le monde a basculé. Dans le roman, le héros est anonyme. Après s'être tiré une balle dans la tête, il se retrouve dans ce qu'il croit être le paradis, mais semble être en hôpital psychiatrique...

C’est donc la fin du roman qu’il faut considérer avant d’entamer la lecture de Fight Club 2.

L'histoire (sans spoiler)

On retrouve le narrateur (qui se fait désormais appeler Sebastian) dix ans après les faits relatés dans Fight Club. Il est marié à Marla, a un fils, une vie rangée et monotone qu’il supporte en ingurgitant divers antidépresseurs et médicaments. Lassée par la situation, Marla trafique les gélules de son mari. Lorsqu’il s’endort ou que les effets de ses médicaments s’estompent, Tyler Durden réapparaît, « baise Marla », et poursuit son objectif de toujours : l’instauration du chaos, mais cette fois à l’échelle mondiale. L’homme n’a pas chômé depuis dix ans, et est à l’origine de divers conflits, massacres et catastrophes à travers le globe.

Son fils suit son chemin, prépare des explosifs et semble parfois possédé. Kidnappé dans une obscure histoire d'incendie, l'enfant est au cœur de révélations choquantes faites par Tyler à Sebastian.

Après le kidnapping, Sebastian et Marla vont tout faire pour retrouver leur fils et se débarrasser de Tyler, avec l'aide de compagnons de route particuliers...

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Critique (avec spoilers)

Comme on pouvait l’attendre, Chuck Palahniuk insère de nombreuses références à l’histoire originale dans cette suite. On retrouve des lieux et des personnages secondaires bien connus. Les fight clubs clandestins font également leur retour, avec des bagarres plus violentes que jamais. Quelques éléments sont maladroitement introduits, sortant d'on ne sait où, et l'alliance de Sebastian et Marla avec une armée d'enfants malades ne (me) convainc pas.

Les enjeux ne sont plus les mêmes que dans le premier opus : Tyler Durden n’est plus l’échappatoire de Sebastian permettant à ce dernier d’accomplir tous ces fantasmes et ses désirs. Il s’en prend désormais au monde entier et cherche ni plus ni moins à l’anéantir pour rebâtir un monde nouveau où il pourra dominer en compagnie des hommes qu’il a façonné. Les critiques du monde moderne, de la marchandisation et de la mondialisation, si elles sont encore présentes, le sont de manières plus diffuses voire anecdotiques et parleront moins à notre génération en manque de repères que le premier Fight Club (certains diront sans doute « le vrai Fight Club»).

 

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L’intrigue autour du fils de Sebastian et les révélations faites par Tyler sur sa présence de longue date dans la famille sont à mon sens les principales réussites de cette suite, elles donnent de la profondeur à l'histoire et un réel intérêt à ce Fight Club 2.

C’est toutefois à la conclusion du Comics que l’auteur prend une direction aussi originale qu’inattendue, qui devrait faire débat. Il s’incorpore à l’histoire en brisant le quatrième mur, mais ce n’est pas comme on le voit habituellement le personnage de fiction qui met un pied dans la réalité, mais un personnage réel (l’auteur en personne) qui rejoint la fiction.

Il se met donc en scène en train d’imaginer le destin de ses personnages, et cherche un moyen d’éliminer Tyler Durden et la menace qu’il représente. Il trouve une solution, et va plus loin encore en incluant les lecteurs, qu’il présente comme déçus par cette conclusion et l’incitent à la modifier. Il ose également la provocation et l’autodérision, en montrant les fans de Fight Club comme des fans du film et non de son roman.

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 Chuck Palahniuk vous réserve des surprises

La scène finale, que je me garderai de raconter pour les futurs lecteurs éventuels, achève en apothéose cette conclusion délirante.

Comme vous l’aurez compris, Fight Club 2 surprend, ne tombe pas dans la facilité, et finalement, ne se prend pas au sérieux.

Je le vois comme un accompagnement du premier livre (ou du film) plus que comme une véritable suite, il n'est pas indispensable mais ne me semble pas être une insulte au Fight Club que nous connaissions, même s'il aura sans doute son lot de détracteurs.

Infos pratiques: Fight Club 2, 264 pages, édité en français par les éditions Super 8. vendu 25 euros en librairie.

Marceau /C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

21/05/2016

Dominique Venner : PRESENT !

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Le 21 mai 2013, Dominique Venner choisissait une mort sacrificielle pour réveiller les consciences endormies. Les petits ruisseaux qui sont sortis de terre s'écoulent et deviennent peu à peu des rivières. Nous sommes un certain nombre à poursuivre ou à accomplir notre mue depuis cette événement qui nous a placé face à nous même. Notre rapport au monde, à la vie, aux autres, à l'histoire mais aussi à notre territoire ne peut qu'être bouleversé par un geste d'une telle force. La mort de Dominique Venner était un souffle qui avait pour objet d'influer chez nous une force vitale.

Trois ans après, souhaitons que ce samedi 21 mai permette à de nombreux camarades de réfléchir sur eux-mêmes en tant que personnes et sur eux-mêmes en tant que militants. Sortez marcher en forêt, écrivez vos réflexions dans votre carnet, relisez Dominique Venner ou l'empereur-philosophe Marc-Aurèle. Le premier combat est contre nous même.

« Il faut choisir, se reposer ou être libre. » Thucydide

7 films à voir ou à revoir sur les Sociétés du Maghreb

La présence de fortes communautés musulmanes en Europe ne manque pas de causer nombre de problèmes identitaires, n'en déplaise aux immigrationnistes les plus fanatiquement niais. Les rapports de force entre les communautés autochtones et des minorités numériquement de plus en plus nombreuses diluent chaque jour un peu plus le substrat ethnique européen. Passons sur les faits d'actualité induits par une jeunesse issue de l'immigration, complètement acculturée par une idéologie républicaine et droit-de-l'hommiste qui empêche paradoxalement à cette immigration tout sentiment d'appartenance construit. Le propos ne vise pas à sombrer dans la culture de l'excuse et dédouaner, loin de là !, la majorité grandissante de cette minorité immigrée mais gageons que nul individu déterminé par sa terre ne souhaiterait connaître tel phénomène d'acculturation identitaire. Les fléaux liés à l'immigration modifient considérablement la vision du monde arabe outre-méditerranéen, intégralement rejetée en bloc. Est-il pourtant autorisé au voyageur curieux l'envie de découvrir des terres dont l'Histoire est indiscutablement liée à l'Europe depuis la conquête romaine entreprise à partir du 2ème siècle avant Jésus-Christ ? Un ami, courageusement vagabond solitaire en Algérie et au Maroc, n'avait pas manqué de vanter son exquise découverte de la société arabe. Son immense frustration avait été l'imperméabilité de celle-ci à tout étranger. Si les touristes se contentent du spectacle du souk de Marrakech, il n'est guère permis au voyageur non musulman d'en découvrir beaucoup plus. Le constat était néanmoins sans appel quant aux différences comportementales entre des populations d'un même sang selon qu'elles vivent de part et d'autre de la Méditerranée. Quel fut l'âge d'or des sociétés maghrébines ? En totale opposition avec une historiographie officielle et revancharde, soucieuse d'une culpabilisation à outrance de l'œuvre coloniale, les guerres d'indépendance marquèrent moins une césure dans la persistance des schémas patriarcaux des sociétés du Maghreb que la progressive radicalisation d'un Islam de plus en plus assujetti au wahhabisme, importateur d'une plus grande barbarie et intrinsèquement étranger aux terres qui s'étendent de la Mauritanie à la Lybie. Les pays arabes, l'Occident, et plus particulièrement la France, ont loupé leur acquisition d'indépendance, pour les uns, et leur décolonisation pour les autres. Les premiers par un sentiment revanchard stérile qui ne manqua pas de rapidement plomber le développement économique des pays, les seconds par la transformation de leur victoire militaire en défaite politique, amenant un désengagement hautain. Ceux qui n'eurent pas le temps de faire monter leur valise sur le bateau n'ont pas oublié le cercueil qu'on leur préparait. Plus que tout autre, Alain de Benoist, dans son ouvrage demeuré incompris parce que majoritairement mal lu, voire pas lu du tout, Europe, Tiers monde, même combat, avait compris la convergence d'intérêts qui devait unir ex-puissances coloniales et pays émergents afin de développer un nouveau pôle géostratégique face aux ennemis des blocs de l'Est et de l'Ouest. Loin de cela, l'Europe a préféré parachever le boulot exigé depuis Washington. Moins de quatre années après l'avoir invité à planter sa tente bédouine au camping de l'Elysée, Nicolas Sarkozy-Brutus poignarde depuis les airs Mouammar Kadhafi-César. Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy poursuivent leur sinistre besogne de commerciaux d'un chaos qui continue de se propager dans toute l'Afrique du Nord tandis que les rives de l'ancienne Mare nostrum semblent de plus en plus irréconciliables. Ceux qui n'ont pas encore sombré dans une arabophobie la plus primaire trouveront, à raison, en le cinéma arabe un intérêt légitime... Les pays du Maghreb ne manquent pas d'une production de qualité en effet. La présente chronique évacuera la problématique de l'Islamisme pour s'attacher à la description des sociétés marocaine, algérienne et tunisienne.

 

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A PEINE J'OUVRE LES YEUX

Film franco-tunisien de Leyla Bouzid (2015)

Tunis, l'été 2010, quelques mois avant le Printemps tunisien qui consacrera la destitution de Zine el-Abidine Ben Ali. Farah est âgée de 18 ans et vient de décrocher son baccalauréat. Au sein d'une famille "libérale", Farah fréquente la jeunesse branchée de la capitale. Brillante lycéenne, sa famille imagine la jolie jeune fille future médecin. Farah a en réalité d'autres préoccupations. La lycéenne est la chanteuse d'un groupe de rock engagé contre le pouvoir de Ben Ali. La jeune femme découvre la fête nocturne, l'alcool et l'amour avec Bohrène, le guitariste et parolier du groupe, en même temps que la contestation politique. Sa mère Hayet sait que cet engagement ne sera pas sans conséquences. Tandis que la formation de rock enchaîne les concerts et fait se trémousser les jeunes tunisiens, les conservateurs et les services secrets ne tardent pas à avoir à l'œil Farah et ses amis...

Fille de Nouri Bouzid, figure du cinéma tunisien, Leyla livre un premier long-métrage intéressant sur le tumulte prérévolutionnaire tunisien et sa société culturelle souterraine. La jeune insoumise Farah campe le fil rouge de cette jeunesse rebelle et éprise de liberté. Loin d'être une égérie de la révolution, la jeune héroïne est une jeune adulte parmi tant d'autres de sa génération. Malheureusement, la réalisatrice peine à prendre de la hauteur par rapport à son sujet. La nature dictatoriale du régime de Ben Ali, sans cesse dénoncée, n'est quasiment pas figurée à l'écran. Tout au plus sent-on le poids d'une mince surveillance sur la carrière scénique du groupe musical. Totalement invisible est la montée irrépressible de l'islamisme. Un film assez peu manichéen qui pêche par son côté trop intimiste. La réalisation est, en revanche, servie par une brillante bande originale. Un premier film encourageant.

 

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ALI ZAOUA, PRINCE DE LA RUE

Film franco-marocain de Nabil Ayouch (2010)

Ali est un enfant des rues de Casablanca qui a fui le domicile après avoir cru que sa famille voulait le vendre. Avec ses amis Kwita, Omar et Boubker, Ali habite le port depuis que sa bande a quitté celle de Dib, adolescent muet et cruel qui exerçait une emprise brutale. Si le quotidien des enfants est difficile, ils sont liés par une indéfectible amitié. Partir est le rêve qui hante je jeune garçon. Ali veut devenir marin et faire le tour du monde à la recherche de l'île aux deux Soleils. La dure réalité des enfants errants reprend vite le dessus. Au cours d'une rixe entre la bande de Dib et la sienne, Ali meurt accidentellement après avoir reçu une pierre sur la tête. Ses jeunes amis entreprennent de l'enterrer comme un prince. Il convient désormais de trouver l'argent nécessaire, des vêtements propres mais surtout, prévenir la famille de l'enfant au destin brisé...

A l'exception de Saïd Taghmaoui qui interprète le rôle de Dib, tous les enfants acteurs et figurants du film sont de véritables enfants des rues casablancaises, ce qui renforce évidemment la force du film. Ce ne sont que des enfants. Pourtant, leur visage exprime déjà la rudesse d'une existence vagabonde. Livrés à eux-mêmes dans une société marocaine qui ne s'intéresse guère à leur sort, l'exercice de la solidarité constitue la seule issue afin que ces enfants demeurent des êtres sensibles malgré le danger qu'ils revendiquent comme un mode de vie. Ces enfants jouent à des jeux dangereux, volent, sniffent de la colle et se comportent comme de débrouillardes teignes au cœur pourtant fragile. Ayouch livre un film d'une grande violence qui ne manque pas de poésie et évite l'écueil de sombrer dans le misérabilisme et la morale. Parfois trop prévisible, le film n'en est pas moins plaisant.

 

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BARAKAT !

Film franco-algérien de Djamila Sahraoui (2006)

La guerre civile déchire l'Algérie dans les années 1990, cible de nombreux attentats islamistes. La trentaine, Amel est médecin urgentiste et rentre d'une garde à l'hôpital lorsqu'elle constate la disparition de Mourad, son mari journaliste. Les autorités ne semblent gère marquer d'empressement à débuter les recherches. Amel n'a d'autre possibilité que se débrouiller pour retrouver son époux. Elle est accompagnée de sa collègue Khadija, infirmière soixantenaire au fort tempérament qui, dans sa jeunesse, a participé avec détermination à la guerre d'indépendance. L'expérience en matière de guérilla sera bien utile à Amel pour retrouver Mourad. Les deux femmes sont contraintes de pénétrer les maquis islamistes, certaines que le journaliste n'est pas loin. Elles sont bientôt prisonnières des terroristes...

Deux femmes vont apprendre à se connaître et s'entraider dans le tumulte algérien qui secoue le pays trois décennies après l'acquisition de l'indépendance. Venue du documentaire, Sahraoui livre un premier long-métrage intimiste sur une femme à la recherche de son époux qui va se plonger dans l'horreur des maquis islamistes et rencontrer d'autres destins brisés par le terrorisme que la réalisatrice condamne sans concession. Les héroïnes entendent demeurer libres et exercer leur souveraineté sur elles-mêmes dans la rue ou au café. Le glissement des mentalités algériennes vers le rigorisme religieux est assez bien représenté. La mise en scène est parfois maladroite mais le film ne manque pas d'une belle émotion malgré de trop nombreuses emphases. Un plaisant film sobre. A voir !

 

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L'ENFANT ENDORMI

Film franco-belgo-marocain de Yasmine Kassari (2005)

Un petit village de l'Atlas marocain célèbre les noces de Zeinab. L'ambiance n'est pourtant pas à la fête. Zeinab sait que son époux quittera clandestinement, dès le lendemain, le Maroc en direction de l'Espagne, en compagnie d'autres hommes des environs. Ceux-ci estiment qu'ils n'ont rien à attendre de ces territoires déserts du Nord-Est marocain. Quelques semaines plus tard, Zeinab devine qu'elle est enceinte. Sous la pression de sa belle-mère, la jeune femme fait endormir son fœtus, selon une vieille tradition de magie blanche, jusqu'à ce que son mari revienne. La vieille légende arabe indique que cette sorcellerie permet de retarder la naissance de plusieurs mois, voire même plusieurs années. Encore faut-il que le mari rentre un jour...

De nouveau, un premier long-métrage signé par la jeune réalisatrice Kassani. Le mythe de l'enfant endormi est une légende solidement ancrée dans la mentalité collective marocaine. La législation islamique nationale accepte même cette pratique magique et admet cette gestation contraire à la médecine moderne pour une durée ne pouvant dépasser une année. L'objectif est double : éviter la non-filiation d'un enfant dont le père serait absent ; de même et plus hypocritement, éviter la peine de mort pour une épouse enceinte dont le mari serait parti depuis plus de neuf mois. On peut douter que cette magie juridique soit perçue du meilleur œil par un Islam plus rigoriste... Mais revenons au film afin d'indiquer qu'il est un plaisant conte sociale empreint d'une belle sobriété et remarquablement interprété par un duo d'actrices campant des femmes esseulées et frustrées, organisant leurs journées monotones dans de magnifiques paysages. C'est une réussite !

 

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HALFAOUINE, L'ENFANT DES TERRASSES

Titre original : Asfour Stah

Film tunisien de Ferid Boughedir (1990)

A Halfaouine, quartier pauvre de Tunis, le jeune Noura, âgé de bientôt douze ans, explore toutes les facettes de son quartier dans lequel la séparation entre les sexes est de mise. La découverte du monde patriarcal s'exerce dans la rue tandis que son jeune âge et son état imberbe l'autorisent encore à accompagner sa mère au hammam. Mais la puberté approche et Noura commence à appréhender différemment la nudité des femmes qui l'entourent dans la chaude moiteur des bains. Mounir et Moncef, ses deux plus proches amis, plus âgés et avec lesquels Noura fait gentiment les quatre cents coups, sont tout heureux de bénéficier de ses précisions descriptives de l'anatomie féminine. Un regard trop appuyé et les femmes du hammam comprennent qu'il est temps d'en expulser Noura devenu un adolescent...

Joyeuse chronique sociale d'un quartier populaire de Tunis illustrant avec talent la complexité des rapports entre les sexes dans les sociétés musulmanes, à l'aide d'une large galerie de personnages traditionnels et pittoresques. Boughedir livre une tendre évocation de l'enfance d'un garçon discret et sensible qui craint d'autant plus les incertitudes du passage à l'âge adolescent qu'il fait encore, pour peu de temps, figure de héros, petit prince d'un royaume sensuel. Comme pour Cendrillon, minuit sonne inexorablement. L'hypocrisie du monde phallocrate musulman en matière de sexualité est moquée sans outrances ni clichés. Le réalisateur, dont il s'agit de la première fiction, en profite également pour dénoncer l'autoritarisme du régime tunisien par le prisme d'un dissident emprisonné, autre initiateur du jeune héros. Un beau film tout en nuances ! Et courageux !

 

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LA SOURCE DES FEMMES

Film franco-belgo-italo-marocain de Radu Mihaileanu (2011)

De nos jours, dans un petit village du monde arabe. Sous un soleil de plomb, les femmes vont inlassablement chercher de l'eau à la source en haut de la montagne. Leila vient de se marier avec Sami l'instituteur et assiste à la chute d'une femme enceinte qui fait une fausse couche sur le trajet du retour. Les femmes ne supportent plus ces trajets harassants, seaux à l'épaule, tandis que leurs maris demeurent au village. Leila tente de convaincre les femmes du village de faire la grève du sexe tant que les hommes ne graviront pas à leur tour la montagne. Cela ne se fait pas sans mal. Leila manque de l'autorité acquise à celles nées au village et les femmes exécutent cette tâche ingrate depuis la nuit des temps. Sami apporte son soutien à son épouse, bientôt suivie par Vieux Fusil, une ancienne du village. La guerre des sexes divise désormais les lieux...

Mihaileanu s'inspire d'une histoire vraie qui s'était déroulée en Turquie dix années avant l'éclosion de son projet cinématographique tourné au Maroc. Plus qu'une présentation d'une révolte féministe, le réalisateur ne manque d'inclure nombre de thèmes qui autorisent un regard sérieux sur la société arabe : les mariages forcés, la soumission des femmes aux hommes interdisant l'idée du viol, la montée du fondamentalisme islamiste, le problème de l'approvisionnement en eau, mais également la corruption généralisée et les changements sociaux provoqués par le tourisme européen. Cela rend le film d'autant plus intéressant bien que Mihaileanu peine à apporter quelque profondeur à l'ensemble des thèmes qu'il entend embrasser en se rangeant résolument du côté des révoltées. A trop vouloir bien faire... Le film demeure néanmoins intéressant à visionner.

 

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VIVA LALDJERIE !

Film franco-algérien de Nadir Moknèche (2004)

Alger pendant l'hiver 2003. Dans un hôtel du centre-ville, trois femmes sont contraintes de se réfugier dans une modeste chambre sous la pression de la montée de l'islamisme. La maman, Papicha, est une ancienne danseuse orientale qui rêve d'un prochain retour triomphal au cabaret. Sa fille, Goucem, photographe de 27 ans, est émancipée et a une relation avec un homme marié qui ne cesse de reporter sa promesse de bientôt divorcer. Son amie, Fifi, est une prostituée. Les trois femmes de mauvaises mœurs tentent de vivre normalement malgré le danger qui guette au dehors. Faisant fi d'un climat de plus en lourd, Goucem prend plaisir à sortir en boîte de nuit. La jeune femme insouciante vole le revolver du souteneur de son amie Fifi. Ce dernier, bien évidemment, suspecte sa "protégée" et lui demande des comptes. L'entrevue tourne mal. La prostituée est tuée...

Un trio d'actrices remarquable tient à bout de bras un film intéressant dans sa chronique sociale de la vie algéroise mais qui manque singulièrement de souffle et de surprise. A l'aide de belles images de la capitale algérienne, Moknèche dresse un agréable portrait de sa ville, de ses ruelles, de la mer qui la borde et de ses habitants. Alger, ville qui se souhaite libre et libérée mais ville inlassablement promise à la répression et corruption politiques et à l'émergence du fondamentalisme, qui hante la capitale tel un fantôme. Des cartes postales algéroises qui contrastent avec l'amertume d'une population qui ne parvient à façonner son pays et à trouver une véritable identité. Si le scénario est plombé par quelques incohérences, il a le mérite de lever le voile, sans mauvais jeu de mot, sur un certain nombre de tabous au sein de la société arabe.

Virgile / C.N.C.

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